La Chine promet 63 milliards d’investissements en Afrique : Quelle chance pour la Guinée ?

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Lors du dernier Forum de Coopération entre la Chine et l’Afrique pour le développement (FOCAD), la Chine a promis d’investir 63 millions de dollars US en Afrique. Cinq milliards dans un premier temps, qui pourrait être injecté dans le continent entre 2016 et 2018. Ensuite, 35 milliards. Enfin, vingt milliards.

Question : comment l’Afrique en général et la Guinée en particulier, pourrait-elle accéder à cette manne financière pour pouvoir amorcer son décollage économique ? La Guinée, ayant d’ailleurs été le premier pays au Sud du Sahara, à établir sa relation diplomatique avec la Chine en 1959, après l’Égypte.

C’est, en substance, la question, qui était à l’ordre du jour à l’hôtel Xijiao dans le district de Baidian à Beijing entre des experts Chinois et la presse africaine.

Durant trois jours successifs, Li Anshan, chef du centre de la recherche africaine de l’Université de Beijing, a développé « le rôle des médias dans les relations sino-africaines et le régime politique de la Chine ». Quant à Liu Ying, directrice du Département de la Division Afrique du ministère des Affaires étrangères Chinois, elle a exposé sur les relations diplomatiques Sino-africaines, alors que Li Jun, professeur à l’Université normale de Beijing, s’est consacré à la « situation et aux traditions culturelles en Chine ».

Tout d’abord, dans son exposé, le professeur Li Anshan, a insisté sur les faits marquants de l’historique des liens sino-africains, qui, à ses yeux, se résument en quatre points. Il s’agit du développement rapide des liens sino- africains, de la fourniture de nouveaux choix de la Chine pour l’Afrique, des infrastructures chinoises en Afrique et du regard « positif » africain de la Chine.

Poursuivant son argumentation, Li Anshan a expliqué aux médias africains pourquoi les relations entre la Chine et l’Afrique se sont développées assez rapidement. Pour lui, ces relations sont dues aux expériences historiques similaires, au respect mutuel, aux avantages et au développement communs.

Mais, a-t-il déploré, la Chine souffre aujourd’hui du lynchage médiatique, du manque de connaissance du monde de la Chine et de la mauvaise publicité faite par les médias de l’Occident et parfois des occidentaux eux-mêmes, dit-il.

« La Chine et l’Afrique ont le même dilemme », a-t-il expliqué, ajoutant aussi que les médias de la Chine et de l’Afrique, devraient, selon ses termes, œuvrer pour créer une compréhension mutuelle, et donner une image positive.

Comme le précédent, Liu Ying du ministère des Affaires étrangères Chinois a également rappelé les liens séculaires Sino-Africains, qui pourraient remonter depuis l’ancienne route de la Soie. Ensuite, elle a fait cas de l’entrée de la Chine à l’ONU en 1971 grâce aux 26 voix africaines sur les 76 exprimées.
Dans la foulée, la diplomate chinoise a également expliqué qu’à ce jour, l’Empire du milieu a aidé à construire en Afrique 6 201,5 Km de chemins de fer, 5 283,1 Km de routes, 15 aéroports, 20 ponts, 14 ports et 75 centrales électriques.

Et ce n’est pas tout. En 2017 également, la Chine a été la deuxième destination des étudiants africains. Des chiffres qui dépassent largement ceux des USA et de la Grande Bretagne. Au Forum de Johannesburg, la Chine a, par exemple, promis de former 200 000 étudiants dans tous les domaines.

Pour le cas particulier de la Guinée, la Chine a construit le barrage de Kinko, le Palais du Peuple, la RTG- Koloma et le barrage hydro-électrique de Kaléta pour ne citer que ceux-là. Et lors de l’épidémie d’Ebola, toutes les entreprises étrangères avaient déserté le pays sauf celles chinoises, a-t-elle précisé.

C’est pourquoi, dit-elle, l’Afrique devrait travailler main dans la main avec la Chine, ajoutant de passage que le nouveau concept de la coopération sino- africaine repose sur cinq piliers : développement partagé, développement intensif, développement vert, développement sûr et enfin développement ouvert.

Pour montrer le regain d’intérêt de la Chine envers l’Afrique, Mme Liu Ying a rappelé la première tournée du président de la République Populaire de Chine en Afrique, en mars 2017, la première depuis sa prise de fonction. Au cours de ce voyage, le Camarade Xi Jinping a prôné un esprit de fraternité, de sincérité et de développement socio- économique « indépendant et durable ».

Pour lier l’acte à la parole, la diplomate chinoise a annoncé les 63 milliards de dollars annoncés par la Chine, promis lors du dernier Forum de Coopération entre la Chine et l’Afrique pour le développement, en faveur du continent.

Avec ce montant, la Chine et l’Afrique pourraient créer le miracle, dit-elle, et ce, en dépit de certains problèmes constatés en Afrique liés à la stabilité politique, à la sécurité, au kidnapping, au terrorisme, au piratage et aux épidémies.

Dans cette dynamique, la Chine a choisi quatre pays pilotes en Afrique. L’Éthiopie, le Kenya, le Congo et la Tanzanie, a laissé entendre la diplomate chinoise. Le choix de ces pays est dû à leur position géostratégique, à leur ressource naturelle et humaine, à leur stabilité politique et à leur partenariat, dit-elle.

« Même si la Chine n’oubliera jamais ses amis africains mais la chance d’obtenir ces fonds, ce sont les pays bien préparés », a-t-elle indiqué en substance.

Invité le deuxième jour, Li Jun, professeur de l’Université normale de Beijing, a longuement exposé sur la « situation et les traditions culturelles en Chine ».

Pour lui, l’Afrique est une terre inconnue du chinois. « Il nous manque une connaissance mutuelle entre la Chine et l’Afrique. Pour renverser la tendance, il faut relancer le tourisme en Afrique. Le tourisme peut jouer un rôle crucial. On entend beaucoup parler de l’Afrique à travers la presse occidentale », affirme-t-il.