Kouroussa : Les conséquences du dérèglement climatique sur les cultures vivrières

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De fortes pluies en un seul mois, une saison sèche prolongée sur plusieurs mois et le manque de matériel agricole sont entre autres les causes de la crise des produits vivriers que connait actuellement la région de Kouroussa. Le piment, le gombo, la tomate, l’oignon, l’aubergine, l’ail, le choux, la salade ont presque disparu sur les tables au marché. Et cela perdure depuis quelques mois. Ainsi, s’approvisionner en légumineuses aujourd’hui sur les marchés est devenu un parcours de combattants pour les ménagères.

Pour en savoir plus sur cette crise, la rédaction locale de votre quotidien électronique  Guinéenews© s’est intéressée aux activités de certains paysans qu’elle a rencontrés sur leurs plantations.

Rencontré dans son jardin au bord du fleuve Niger, Kansereba Condé, jardinier depuis une dizaine d’années, accuse le manque de pluie. « C’est le manque de pluie à temps qui nous embête. Nous traversons une période difficile. Nous sommes face à un changement climatique. Les premières pluies qui étaient tombées ont inondé les plantations et détruit nos plantes. Pire, on a été freiné…Il fallait attendre la fin de la pluie. Et quand la période de fortes pluies  est passée, le soleil s’est pointé pour ne plus tomber. C’était la canicule. Donc bonjoue aux dégâts ! Un autre problème qui nous assaille, est celui lié au manque de matériels agricoles pour la récolte. Nos produits ne sont pas vite récoltés, ils sont exposés aux animaux car aucune disposition n’est prise pour empêcher les bêtes sauvages de s’en approvisionner… », relate-t-il.

Madame Keita, présidente d’un groupement de femmes jardinières n’a pas manqué d’égrener le chapelet de problèmes auxquels elles sont confrontées. « Nous les femmes, avons de sérieux problèmes dans nos activités agricoles. On n’a pas de matériels pour travailler ces champs. Cette année, l’introduction des légumes dans le jardinage a coïncidé avec la sécheresse dans la région. Du coup, c’est le panier de la ménagère qui s’est vidé. Tout se fait rare sur le marché. Ce qui oblige certaines femmes à se déplacer jusqu’à Kankan pour faire des achats. Il y a aussi le problème d’eau ! Si nous parlons de l’agriculture, il faut parler du problème d’eau. Nous ne travaillons pas dans les bas-fonds ! Il faut un puits pour l’arrosage des jardins communautaires ainsi que des grillages pour la clôture afin de protéger nos champs agricoles contre les animaux sauvages », a-t-elle déclaré.

Quant à cet ancien fonctionnaire du ministère de l’agriculture, il a affirmé que « le potentiel hydrographique est abondant. Mais malheureusement, le comportement des hommes a bouleversé l’ordre préétabli. Ainsi, l’agriculture qui doit être le pilier de l’économie de notre pays, est aujourd’hui confrontée à des difficultés d’ordre climatique. Dans la localité, la coupe abusive de bois aux abords du fleuve Niger provoque la sécheresse. Les producteurs ont de sérieux problèmes dans leurs activités agricoles. Ils n’ont pas les moyens ni de matériels pour travailler. Toujours des fausses promesses de la part de certains bailleurs ou des partenaires. C’est pourquoi chaque fois qu’il y a manque de produits vivriers sur le marché, nos femmes vont pour des achats au marché de Kankan….. », a-t-il déploré.

Toutes nos tentatives pour joindre le directeur préfectoral de l’agriculture de Kouroussa afin de connaître les dispositions prises pour accompagner ces jardiniers sont restées vaines.