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Kankan: l’ancien Premier ministre Kabinè Komara à coeur ouvert (Entretien)

Natif du Nabaya, Kabiné Komara est un ex banquier et consultant international. Il a été Premier ministre de la transition en Guinée, de 2008 à 2010 sous le régime militaire du CNDD qui avait à sa tête le capitaine Moussa Dadis Camara.

En séjour dans sa ville natale du Nabaya, depuis quelques séjours, ce diplomate, réputé très intègre et compétent, nous a reçu dans sa résidence privée qui se trouve au quartier Energie, dans la commune urbaine de Kankan. Il s’exprime dans cet entretien accordé à notre rédaction locale, sur l’actualité sociopolitique en Guinée et dans la sous-région. Lisez !

Guineenews : Bonjour Monsieur Komara. Après un bon moment d’absence, vous êtes de retour en Guinée et  précisément dans le Nabaya ! Que nous vaut donc l’honneur de cette visite au bercail ?

Kabinè Komara : Oui je viens de temps en temps à Kankan. Mais cette fois-ci, c’est dans un cadre particulier, à savoir répondre à un appel du Sotikèmo (Patriarche) de Kankan adressé aux Érudits, Religieux, Notables, Universitaires et Personnes ressources de Guinée pour communier en faveur de la Paix et de l’Unité Nationale, le tout couronné par l’inauguration d’un imposant monument dénommé « Monument de la Paix et de l’Unité Nationale « ,  érigé sous l’égide du Soti par les jeunes de l’association des jeunes et Femmes de Guinée pour la Paix et le Développement. Les travaux de construction de ce monument avaient débuté  depuis près de deux ans, et l’événement dont il s’agit était prévu de longue date,  n’eussent été  certains impondérables qui ont amené le Sotikèmo et les jeunes à le différer pour éviter toute récupération politique.

J’ai été d’autant plus  intéressé à répondre à cet appel que durant mon séjour en Arabie Saoudite en janvier 2020, j’avais lu sur les réseaux sociaux que des violences intercommunautaires avaient éclaté à Kankan dans ma ville natale lors des joutes électorales. J’étais meurtri de constater que le vivre ensemble était mis en mal, pas seulement à Kankan réputée naguère ville de d’hospitalité, mais aussi dans d’autres endroits de notre pays. Je m’étais à  cette époque investi pour que de tels actes  soient flétris et que des appels à l’apaisement soient lancés afin de dompter le démon de l’autodestruction

J’avais par la suite encouragé l’organisation d’une cérémonie de consolidation de la paix, avec l’espoir d’y prendre part  si le Tout puissant me maintenait en bonne santé. Dieu merci, me voici donc à Kankan, avec d’illustres invités venus de toutes les régions du pays pour partager cet idéal de Paix et d’unité. Je dois reconnaître que j’ai remarqué beaucoup d’apaisement dans la cité. Ceci ne veut pas dire que le démon de la division est entièrement dompté. Il faut en effet tout mettre en œuvre pour  que les futures joutes politiques ne ne provoquent pas des troubles réveillent encore les morts, qu’on ne détruise le  » vivre ensemble  » si cher à tous. Je sais que partout en Guinée, les populations souhaitent cette même cohésion que tout un chacun devra refléter dans son comportement.  D’ailleurs dans son discours de circonstance prononcé lors de la cérémonie d’inauguration du monument, le jeune Mamoudou Tounkara responsable de l’ong  » Association des Jeunes et Femmes de Guinée pour la Paix et le Développement » qui a conçu et réalisé ce monument a edifié la population sur le caractère hautement symbolique de l’ouvrage.  L’assistance a  été émerveillée d’apprendre que le monument a été  conçu , réalisé et financé sans aucune contribution de l’État, sous l’égide du Patriarche.  Il s’élève majestueusement sur une hauteur de 13 mètres au rond point Marien Ngouabi, un point central de la ville.  Il comprend 7 étages, représentant chacun un symbole fort. Le premier est constitué de 8 escaliers représentant les 8 régions administratives du pays. Le deuxième niveau est une jarre,  symbole de fraîcheur et d ‘accueil. Un plateau posé sur cette jarre est le troisième niveau , lieu de rassemblement de tous les guinéens sans exclusive. Sur ce plateau se trouvent 4 calebasses remplies de noix de colas, symbole de réconciliation et de fraternité . Ceci constitue le 4ème niveau.  Du plateau s’élèvent 4 bras identiques ( cinquième niveau ) soutenant précieusement la carte de la Guinée notre patrimoine commun, sixième niveau.  Sur ce sixième niveau se dresse une colombe blanche, symbole universel de la Paix .

 Les membres de l’association des jeunes et Femmes pour la Paix et le Développement ont déclaré leur ambition de poursuivre leur œuvre au niveau des autres régions administratives du pays pour que partout en Guinée ces monuments rappellent aux populations et particulièrement à la jeunesse l’idéal de Paix et d’unité pour bâtir une forte et prospère nation.

Guineenews : Comment appréciez vous, le niveau de développement actuel de cette région dont vous êtes originaire?

 Kabiné Komara : Je trouve aujourd’hui que la ville de Kankan est devenue assez dynamique. La ville grouille de mondes . J’ai noté que les travaux sur certaines voies  routières menant à la région ont commencé. Ainsi, l’accès à la ville est de moins en moins épuisant. Ceci engendrera très rapidement un accroissement du trafic et des échanges. Bientôt  Kankan sera une ville de négoce plus et plus attractive et plus dynamique. Pour mieux bénéficier de ces futurs atouts, il faut que la ville se prépare à ces futurs défis. En effet, quand une grande agglomération ne pense pas à l’avenir, elle deviendra très vite  congestionnée et saturée et l’économie urbaine perdra de sa vitalité et de son dynamisme. Si les autorités ne prévoient pas sur le plan logistique, des routes, des places de marché, des réseaux d’eau, d’assainissement, des zones industrielles, des nouveaux services sociaux et culturels, etc.. La ville se retrouvera assez facilement dans une pagaille indescriptible comme on le voit actuellement à Conakry. Il est donc important que Kankan, et toutes les autres grandes villes de la Guinée, pensent à leur avenir en anticipant sur l’accroissement de la population, la parution de nouvelles activités, par la formation adéquate des jeunes aux  métiers de demain qui seront  demandés par les investisseurs . Les activités minières qui sont aux alentours, alimentent Kankan et réagissent sur Kankan à divers titres.  Par exemple , il faudra se battre pour ne pas que les mœurs ne soient dépravées davantage. En effet, de tels risques accompagnent tout  développement minier, et dans tous les pays. Dès que les revenus s’accroissent,  il y a une grande propension à  l’accroissement des vices et des actes répréhensibles. C’est une autre inquiétude qui m’anime sérieusement. C’est en cela aussi que l’éducation est très importante.

Guineenews : Okay, pour aborder le volet politique de notre entretien, comme vous le savez depuis le 05 septembre dernier, la Guinée écrit une nouvelle page de son histoire. Nous sommes dans une nouvelle phase de transition avec un militaire au pouvoir. Des actes ont été posés et d’autres sont en cours. Comment appréciez-vous, le niveau d’évolution des choses dans notre pays, depuis la chute d’Alpha Condé ?

 Kabinè Komara :  Comme tout le monde, j’ai assisté à ce changement radical intervenu dans notre pays . Depuis,  beaucoup de choses se sont passées.  D’abord des prisonniers politiques ont été libérés et la volonté de moraliser la vie publique est palpable avec des décisions allant dans le sens des audits et de la lutte contre ceux qui détournent ou qui ont détourné. Il y a aussi une volonté d’accélérer un certain nombre de chantiers qui ont un impact direct sur la vie des populations, tels que les infrastructures routières. Avant, il fallait faire 5 heures entre Kindia et Conakry. Aujourd’hui vous le faites en 2 heures. Beaucoup de routes sont en chantier etc. Mais au-delà de tout ceci,  je note des débats plus ou moins animés sur  la Transition, particulièrement sa durée . Sur ce sujet, mon expérience m’amène à dire qu’aucune transition n’est identique à une autre. La durée à fixer pour une transition est  fonction des réalités de départ des objectifs  des différentes étapes nécessaires à franchir.  Si vous prenez le cas du Burkina aujourd’hui, c’est la question sécuritaire qui est prioritaire. Parce qu’un pays dont le tiers est aux mains des djihadistes, il y a 2 300 écoles fermées, 1. 500.000 personnes déplacées, 500 enseignants au chômage. Je pense qu’on ne peut pas y parler d’organisation des élections sans que des progrès patents  dans le domaine du rétablissement de la sécurité.

La situation guinéenne quant à elle est largement consécutive aux soubresauts consécutifs à la volonté forcenée du Président déchu de s’octroyer un troisième mandat. Les nouvelles autorités ont aussi renouvelé le personnel judiciaire et créé des instructions inédites pour juger les coupables de dilapidation de deniers publics. A ce sujet, nous devons tous procéder à un minimum de prise de conscience par rapport à la nécessité d’éviter  ce qui s’est déjà passé dans le passé pour ne pas discréditer le processus.  Que la justice soit objective et la même pour tout le monde et partout et surtout s’abstenir de toute chasse aux sorcières.  Ceci  demande la vigilance de tous les guinéens pour continuer opportunément à éclairer les décideurs afin qu’ils restent sur le chemin qu’ils ont annoncé, à savoir faire de la justice la boussole de toutes ses actions.

Guineenews : Alors que pensez vous donc du maintien des sanctions de la communauté internationale notamment celles de la CEDEAO qui continue de peser contre les putschistes guinéens ?

Kabiné Komara : Je rappelle que depuis les indépendances, il y a eu à peu près 94 coups d’Etat  en Afrique dont 49 dans la zone CEDEAO. Donc en Afrique de l’ouest, nous sommes les champions des coups d’Etat. Il en a eu 6 au Burkina Faso, 3 en Guinée, et au Mali il faut en compter à peu près 4 ou 5, beaucoup plus au Nigeria et en Guinée Bissau. Bref quasiment tous les pays de l’Afrique de l’ouest en ont été victimes à l’exception du Sénégal. Tous ces coups d’Etat ont été motivés par l’injustice et l’exclusion. A un moment donné, ceux qui détiennent le pouvoir, veulent exclure les autres. Mais en plus de ça, il y a des particularités. Le cas du Mali a aussi pour catalyseur la mauvaise gestion, les détournements et le tripatouillage électoral. Durant les élections législatives, le parti au pouvoir voulait absolument garder la grande majorité alors que tout le monde savait qu’il y avait tripatouillage.

Vous savez que j’ai eu aussi le privilège de superviser au compte de la CEDEAO, les dernières élections au Burkina. Cela n’a pas été sans condition de ma part. En effet, avant d’y aller, j’ai exigé d’abord avoir la preuve irréfutable que toutes les parties en compétition soient d’accord sur le fichier électoral, la commission électorale, et sur la non prise en compte de certaines localités à cause des activités terroristes. Je ne voulais pas associer mon nom à des élections injustes et ou truquées. C’est seulement après avoir obtenu ces preuves  et d’autres preuves de participation inclusive sur base de dialogues interactifs que je me suis rendu au Burkina a la tête d’une centaine. Les élections se sont finalement bien déroulées.

Mais en dehors de ce qui  s’est  passé, c’est que le Burkina pris en tenaille entre le Mali et le Niger et même la Libye, se trouvait dans la tourmente des attaques terroristes de plus en plus meurtrières et de plus en plus spectaculaires. Le gouvernement était de plus en plus désemparé pour trouver la bonne réplique pour lutter efficacement contre le terrorisme.

Ainsi l’insécurité s’est aggravée, le  président Kaboré a essayé à maintes reprises, mais en vain,  de mettre fin aux tueries. L’exaspération gagnait de plus en plus les populations. Ainsi Au mois de novembre l’opposition lui a donné un ultimatum d’un mois pour remédier à la situation. Quelques jours après, il y a eu 54 gendarmes tués par les terroristes. Donc tout ceci n’a contribué qu’à décourager l’armée. Même la dissolution du gouvernement n’a pas pu améliorer la situation. C’est sur ce fond de dérive sécuritaire, que l’armée a estimé que les autorités ne pouvaient plus répondre à la demande de sécurité du pays.

Le contexte Guinéen est   connu de tous.

Après ce rappel de la situation des trois pays , je dois avouer que la CEDEAO, est dans son rôle normal quand elle prend la décision de principe de suspendre tout pays qui enregistre un coup d’État.

Mais qu’est ce qu’il faut faire pour éviter les changements constitutionnels ? C’est là qu’il y a une faille dans l’arsenal juridique de la CEDEAO.

En effet, le protocole additionnel de la CEDEAO sur la bonne gouvernance qui date de 20 ans et qui avait été fait en son temps pour stopper les coups d’État est dépassé. Dans l’un de ses articles, il est dit qu’aucun chef d’Etat n’a le droit de procéder à un changement majeur de la constitution à moins de 6 mois des élections. Quand cela a été fait en janvier 2002, le président du Niger Tandja  qui avait transgressé cette disposition  a été sanctionné par la CEDEAO et un coup d’Etat l’a renversé par la suite.

Dans le cas de la Guinée, l’ancien président a fait changer la constitution avant les 6 mois de la fin de son mandat , en profitant de cette faille pour ne pas subir la réécriture de l’organisation sous régionale. Ainsi la cedeao n’avait aucun moyen juridique pour sanctionner immédiatement le changement constitutionnel ayant permis au Président Alpha Condé  de s’embarquer dans son troisième mandat.

Comme on le voit, il faut changer ces dispositions  pour s’adapter absolument au nouveau contexte et mieux répondre à la soif de démocratie des peuples de la sous région.

Dans ce cadre  j‘ai fait moi même  une proposition pouvant rappeler  les chefs d’Etats en exercice de se soustraire de leurs obligations constitutionnelles..  pour ce faire on pourrait créer un observatoire neutre qui doit statuer sur la situation de chaque pays et éditer   des mesures à prendre contre ceux qui s’écartent de la pratique démocratique. Sans une telle structure , il sera difficile pour des chefs d’Etats de décider facilement contre leurs pairs ; surtout   que les membres actuels de la commission, sont eux-mêmes élus par les chefs d’Etat.

Guineenews : Alors peut-on dire que vous êtes de ceux qui pensent que la CEDEAO se comporte comme un syndicat de chefs d’Etat ?   

Kabinè Komara : Non  je ne suis pas d’accord avec eux. Parce qu’ils oublient les autres rôles de cette institution. Il y  a  5 organisations sous régionales en Afrique : La CEDEAO, l’Union du Maghreb Arabe, etc. mais de tous celles-ci, c’est la CEDEAO qui a réalisé le plus grand nombre d’objectifs en termes d’intégration économique. Aujourd’hui avec le passeport CEDEAO, vous n’avez pas besoin de visas  pour voyager d’un pays à l’autre dans notre espace. Il y a plein d’organismes que ce soit pour l’eau, la santé, le réseau routier ou tout secteur, la cedeao à établi des structures efficaces de concertation et d’harmonisation.  Par exemple, dans le domaine de l’énergie électrique, la CEDEAO est en train de promouvoir l’interconnexion des réseaux pour favoriser les exportations de courant électrique des pays excédentaires vers les pays qui sont en déficit. Ainsi le Ghana , la Côte d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée sont en voie d’être interconnectés. C’est aussi la CEDEAO qui a sauvé la situation au Libéria avec l’ECOMOG à l’époque, en Sierra Léone, la Gambie et même la Guinée Bissau. Donc, Il ne faut pas se baser sur cette phase cruciale là qui prévaut dans les 3 pays (Guinée, Mali, Burkina) pour réduire à néant le rôle de la CEDEAO.

Ceci dit,  je comprends que cette situation est tellement criarde qu’on a comme l’impression que la CEDEAO, n’a pour rôle que de gérer des problèmes politiques.

Guineenews : Pour revenir en Guinée, vous êtes qualifié apr certains médias d’être celui là même qui murmure aux oreilles de l’actuel président de la transition le colonel Mamadi Doumbouya. Alors peut-on en déduire que vous entretenez de rapports privilégiés avec l’actuel homme fort du pays ?

Kabinè Komara :  A longueur de journée, je m’entends dire une telle affirmation.

 Je ne connaissais pas le Colonel Doumbouya avant le coup d’Etat du 5 septembre qui est intervenu pendant que j’étais à Dubaï. A mon retour au pays j’ai fait la connaissance des nouvelles autorités pendant que la CEDEAO et le reste de la communauté internationale s’apprêtaient à suspendre le pays et même prendre des sanctions. En patriote  qui a eu à gérer une telle situation , il était normal que, comme d’autres compatriotes très expérimentés de l’intérieur comme de l’extérieur,  je partage avec les nouvelles autorités ma modeste expérience pour manager ce délicat passage d’un régime à un autre, sans compromettre les acquis positifs de l’ancien régime et esquisser de nouveaux acquis pour répondre aux immenses espoirs soulevés par ce changement.

Mon objectif était de faire en sorte  que   les sanctions n’étranglent pas notre pays et causent des souffrances supplémentaires à  nos pauvres populations qui se débattent déjà dans d’énormes difficultés, puisque j’en ai été confronté à une telle situation moi-même en tant que premier ministre de la transition au moment du CNDD. Ce sont ces moments que beaucoup de gens ont assimilé à  un rôle majeur qui n’est qu’ordinaire. Donc c’est  devoir que j’ai effectué et que je m’impose au profit de mon pays, qu’on me le demande ou pas. Ceux qui me connaissent savent que même du temps d’Alpha, je me donnais le même devoir de soumettre des propositions d’effluents naturels au Chef de l’État lui-même et à certains de membres du gouvernement, ceci de manière désintéressée et sans chercher un quelconque profit en retour.

A la différence de beaucoup de guinéens, je ne m’assoie pas pour qu’on m’appelle. Je suis conscient que cela ne convient pas à beaucoup de gens qui croient qu’en donnant des idées de manière neutre, que vous avez un objectif particulier.

Je dois avouer avec plaisir que beaucoup d’autres compatriotes font pareil. C’est le lieu de les féliciter et de les encourager à persévérer. Parmi eux il y des femmes et des hommes respectés à  travers le monde. de grands professeurs d’universités  prestigieuses.

Vous comprendrez que j’ai été surpris d’apprendre par voie de presse que c’est moi qui murmure aux oreilles du de la junte, comme si tous ces dignes  fils et filles de notre pays étaient . De plus je dois ajouter que j’ai découvert avec respect que beaucoup des officiers supérieure de notre armée ont fait de respectables études supérieure en droit, en économies,  en stratégie ou dans de grandes universités étrangères. Eux les ressources humaines locales et étrangères qu’ils ont pu réunir sont à créditer des importantes initiatives que nous apprenons tous les jours. Rendons donc à César ce qui est à César. Ayons l’honnêteté intellectuelle de ne pas s’attribuer les mérites des actes posés par d’autres. C’est ainsi que, comme tout le monde, j’ai appris la publication de la Charte de la Transition, les textes de création de la Crief . J’ai aussi applaudi quand, j’ai suivi depuis l’étranger, le travail appréciable du Premier ministre présentant la feuille de route et les actions prioritaires de la Transition. Par ces différents actes et par d’autres que nous apprenons tous les jours , j’ai su davantage que les nouvelles autorités disposent de ressources humaines appréciables , capables de concevoir et d’engager des réformes majeures.

Mais quand j’ai lu les articles, j’ai compris le caractère tendancieux de ceux qui les ont écrits qui pensaient au fait que j’étais intéressé par le poste de premier ministre à l’époque.  Le but était de me présenter comme une personne prétentieuse et semer de la méfiance entre moi et les nouvelles autorités. Malgré ces manœuvres je reste déterminé à apporter à  mon pays toute opportunité qu’il me sera donné de saisir , surtout à partir de l’international, que ce soit en matière de bonnes pratiques ou d’opportunités d’investissement ou encore de personnes de bonne volonté pouvant aider le pays. Ceci est ma nature. Je n’ai donc aucun rôle de conseiller officiel ou occulte auprès du Président ou des membres de la junte ni aucune autre influence.

Guineenews : Pour terminer ce long entretien avec vous monsieur le Premier ministre, dites nous ce que vous pensez de l’exil récemment octroyé pour des raisons de santé, à l’ancien président Alpha Condé par la junte qui l’a renversé?   

Kabinè Komara : Je ne pense pas qu’il sagesse d’un exil., mais plutôt d’une opportunité offerte à l’ancien Président de partir se soigner à l’étranger

Non seulement je salue mais je respecte cette décision. Alpha Condé a été le président de la république durant 11 ans, rien que pour cela, il mérite de la considération. Ensuite humainement, quelqu’un de son âge qui est malade a droit à se soigner. Donc que la junte ait trouvé utile de le laisser partir se soigner, est un acte hautement  humanitaire que je salue.  Que ce soit un prisonnier politique ou un prisonnier de droit commun, s’il est malade et qu’il a une option de se faire soigner, il faut la lui accorder. A plus forte raison quelqu’un de cette dimension, qui, à un moment donné, a rendu de grands services à ce pays.

Guineenews : Merci M. le ministre d’avoir répondu à nos questions.

Kabinè Komara : C’est moi qui vous remercie.

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