Kalifa Gassama Diaby depuis Paris : « J’aime mon pays, je crois en lui, je lui dois »

07 décembre 2017 11:11:32
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Au terme de la Semaine nationale de la Citoyenneté et de la Paix (SENACIP), le ministre de l’unité nationale et de la citoyenneté s’est envolé pour Paris. Après plusieurs tentatives infructueuses, Kalifa Gassama Diaby a finalement accepté de briser le silence. Au cours d’un entretien téléphonique avec votre quotidien Guinéenews©, il n’a pas répondu à toutes nos questions, certes, mais il promet une conférence de presse.

Guinéenews© : Depuis la fin de la SENACIP, l’opinion s’interroge et se demande où est passé le ministre de l’unité nationale. Certains disent que vous avez définitivement quitté la Guinée ? 

Kalifa Gassama Diaby : (Rire)….Je n’abandonnerai jamais la Guinée. C’est mon pays, notre pays, c’est mon peuple, notre peuple, c’est ma patrie, notre patrie, c’est ma nation, notre nation.

Guinéenews© : Alors, pourquoi votre absence au pays ? A quand peut-on espérer votre retour ?

Kalifa Gassama Diaby : La vérité, j’avais besoin de repos, de recul, de calme et de réflexion. Si Dieu le veut et s’il m’en prête vie, je serais bientôt à Conakry. Pour votre information, je ferai une conférence de presse à Conakry la semaine prochaine, pour expliquer à l’opinion mes décisions, mes choix, mes responsabilités, mes engagements et ma détermination pour mon pays, pour le peuple de Guinée.

Guinéenews© : Quelles seront les grandes annonces de cette conférence de presse ?

Kalifa Gassama Diaby : Parler de notre pays et de ses difficultés à aller de l’avant dans la paix et la fraternité en respectant les principes des droits humains, de l’État de droit, de la démocratie et de la lutte pour la justice sociale en faveur de tous les Guinéens et de toutes les Guinéennes.

Et quoiqu’il arrive ce combat, comme devoir patriotique pour ma patrie et pour l’ensemble du peuple uni de Guinée, ne s’arrêtera pas ! Jamais !

Guinéenews© : Après des semaines de repos, comment portez-vous aujourd’hui ? 

Kalifa Gassama Diaby : Je vais bien, je vous remercie. Je me porte comme un charme. Je loue la grâce divine. Je suis debout, déterminé et prêt au combat. Le combat pour la justice, pour la liberté et pour la paix, dans le cadre d’une nation unie et démocratique.

Guinéenews© : Monsieur le ministre, on vous disait aussi en colère ? 

Kalifa Gassama Diaby :  (Il rit…). Et alors ? C’est possible. La colère est humaine. Ce qu’il faut éviter, c’est la haine. Moi, je ne haïs jamais, cela demande trop d’énergies. Je préfère aimer c’est plus agréable. Je suis un homme entier, franc et direct. Je dis ce que je pense. C’est comme ça, je l’assume.

Guinéenews© : On vous connait fin médiateur mais aussi attaché à la liberté, notamment celle de la presse et des syndicats. Quel regard portez-vous sur les crises que le pays traverse ?

Kalifa Gassama Diaby : Je remercie ceux qui me portent cette confiance et j’espère être à la hauteur de cette confiance pour toujours, quoiqu’il arrive.

Par principe, je ne commente jamais l’actualité nationale lorsque je suis en dehors du pays. Je ne dérogerai donc pas à ce principe.

Toutefois, je vous confirme mon attachement profond au respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, desquels figurent en bonne place la liberté d’opinion, de leur expression, de leur diffusion ainsi que celle relative à la possibilité pour les citoyens et groupes de citoyens de défendre librement et dans le cadre légal, leurs droits et leurs libertés.

Ma conviction reste et restera toujours intacte, le respect des droits humains qui inclut la culture du dialogue et du respect, le souci de la justice, de la justice sociale, est une condition essentielle pour la préservation de la paix sociale et la garantie du bon fonctionnement de l’État et de la société.

Une vérité s’impose et il faudra l’accepter : L’État doit toujours être en position et en situation de garantir, de favoriser et de promouvoir les droits et libertés. De cela, dépendent sa légitimité, sa crédibilité et son efficacité.

Partant de cette idée, l’exécutif ne peut restreindre les libertés fondamentales, car cela enlèverait aux libertés et droits fondamentaux toute leur essentialité, cela revient aux institutions judiciaires.

Guinéenews© : Certains disent aussi que dans le gouvernement, votre position compte beaucoup pour le président, surtout sur les questions de liberté, de justice et de paix sociale. Alors est-ce qu’on peut considérer que si vous étiez là, on aurait pu éviter ces crises successives et certaines positions incompréhensives du gouvernement ? 

Kalifa Gassama Diaby : Je n’en sais absolument rien. Difficile à dire, je n’en sais rien. Peu importe, ce qui compte c’est de trouver une issue positive à cette crise et permettre aux enfants d’aller à l’école, en finir avec toute cette violence et tension, permettre aux familles et au pays de retrouver la sérénité et le calme.

Je le dis très modestement, tout le monde connaît mes convictions et positions sur des sujets de liberté, de justice et de paix.

C’est comme ça, cela n’a pas changé et cela ne changera pas, quoiqu’il arrive.

Je crois au dialogue, je crois que dialoguer n’est jamais une faiblesse. Je crois à l’inutilité des rapports de défiance, car même quand on gagne…on y perd. Je crois à la nécessité d’une justice effective dans notre pays. Je crois à l’impératif de justice sociale dans notre pays.

Effectivement, je dois à la vérité de dire qu’assez souvent, lorsque j’y suis associé, mes positions sur ces sujets comptent aux yeux du président de la République. Il prend au sérieux mes positions. Ça c’est une vérité, quand j’y suis associé…..

Bien sûr cela n’implique pas qu’on soit toujours en accord sur les options. Après tout, tous les hauts cadres qui entourent le chef de l’État sont aussi des conseillers chacun à sa manière. Mais cela suppose que chacun fasse son travail en son âme et conscience, avec le souci et de la légalité et de l’éthique politique.

En définitive, il revient souverainement à lui, de trancher entre les différentes options techniques et politiques qui lui sont proposées.

Les seules limites qui s’imposent à tous, ce sont les lois de la République.

Guinéenews© : Votre dernier mot monsieur le ministre ? 

Kalifa Gassama Diaby : Je crois en ce peuple, le peuple de Guinée. Je crois en son avenir. J’aime ce peuple et toujours fier de le servir avec honneur et dignité.

Notre pays a une jeunesse de plus en plus émancipée, responsable et consciente des défis auxquels nous faisons face.

Je l’invite cette brave jeunesse à moins de passions, à résister aux tentations mercantiles et aux enfermements identitaires.

Il y a aussi des hommes et des femmes déterminés à changer ce pays, dans la justice et la fraternité.

C’est le combat de toute une vie.

C’est le combat de tout Guinéen, au-delà de la politique, de l’ethnie et de la religion.

La vérité finira toujours par triompher. Je le crois, profondément !

Comme le disait l’autre « La vérité frappe l’esprit comme un trait de lumière ».

J’aime mon pays, je crois en mon pays et je dois à ce pays.

Propos téléphoniques recueillis par Abdoulaye Bah pour Guinéenews©.

  • Younoussa TOUNKARA

    Quelle sagesse et quelle attention! Nous jeunes de Guinée regardons tous nos cadres et connaissons qui fait quoi. Au moins tu nous a apporté une lumière éternelle et tu nous prouve toujours, par tes manière de faire, que le guinéens peuvent espérer voir un jour leur pays changé.
    Quoi qu’il arrive, nous sommes tous à tes côtés et nous serons là. Oui nous serons là. Ne t’inquiète même pas nous serons là. Avec toi il n’y aura pas de guinéens « lamda »