Justice : 30 ans de réclusion criminelle requis contre les agresseurs du journaliste d’Espace TV

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Lundi 8 janvier, un procureur du tribunal criminel de Dixinn a requis 30 ans de réclusion criminelle contre les nommés Mamadou Korka Diallo et Chérif Boiro – en fuite –, accusés de tentative d’assassinat du journaliste d’Espace FM et d’Espace TV, Moussa Moїse Sylla. Les deux accusés, également poursuivis pour vol à main armée et incendie volontaire, pourraient être situés sur leur sort ce mardi après les plaidoiries des avocats de la défense. Ce jour, reste également très attendu par Bangaly Camara et N’Fa Kaba poursuivis dans le même dossier pour des infractions moins graves. Le premier est poursuivi pour destruction et dégradation de biens privés, alors que le second est là pour recel. Contre eux, le substitut du procureur n’a requis qu’un an de prison et le paiement par chacun d’une amende de 300 000 francs guinéens.

Me Thierno Souleymane Baldé, l’avocat du journaliste d’Espace FM a plaidé pour une condamnation de Mamadou Korka Diallo à la peine maximale en vue de permettre à son client de dormir tranquillement chez lui. L’avocat craint des retrouvailles entre l’accusé et son co-accusé en fuite pour retenter leur coup sur son client.

L’avocat a aussi demandé le paiement de 10 millions de francs guinéens de dommages et intérêts. Mais ce qui le préoccupe surtout, c’est le fait qu’il n’a pas été associé à la phase d’instruction du dossier. Pourtant, il croit que Korka et Chérif n’ont été que des exécutants et que les commanditaires de l’attaque à main armée contre le journaliste existent. « On se pose la question de savoir pourquoi la phase préliminaire n’a pas démasqué les commanditaires », a dit l’avocat qui a donc souhaité que « ces commanditaires » soient identifiés.

En attendant les plaidoiries de ses avocats ce mardi, Korka Diallo a déjà exprimé son innocence dans cette affaire. Selon lui, il n’a jamais été dans la cour de Moussa Moїse Sylla et qu’il n’a jamais détenu le téléphone du journaliste. Pourtant, les enquêteurs de la DPJ (direction de la police judiciaire) l’auraient arrêté à travers l’IM du téléphone de Sylla. Mieux, Moussa Moїse a persisté : « Je le reconnais, il a eu du temps pour me donner des ordres…J’ai pu l’identifier à travers sa voix, ses lèvres et ses yeux. »

Le procès-verbal d’enquête préliminaire indique que Mamadou Korka Diallo et Chérif détenaient une grenade lors de leur arrestation. Ils ont lancé la grenade qui a blessé Korka Diallo, mais aussi certains agents de la DPJ. Moussa Moїse Sylla dit l’avoir reconnu sur son lit d’hôpital, quand il a été hospitalisé à la suite de ses blessures à l’hôpital Sino-guinéen. L’accusé, lui, a dit qu’il a été arrêté pendant qu’il était allé chercher son argent avec son ami Chérif, vers Cosa. « Quand Chérif a été arrêté, il a commencé à crier, c’est là que les gens sont sortis pour jeter des cailloux… Je n’ai jamais lancé de grenade », a-t-il dit.

En revanche, le procureur a réitéré que ce sont eux (Korka et Chérif) qui détenaient la grenade. En plus des personnes blessées, la grenade aurait également endommagé la voiture de l’enquêteur. Quelques jours après, Bangaly Camara est rentré dans la scène. Lui, il a arraché certaines pièces de la voiture dont le moteur qu’il a vendu N’Fa Camara. « C’est à cause de la connexité des faits qu’ils sont là. Sinon, eux (Bangaly et N’Fa), ne sont pas poursuivis des infractions criminelles », a précisé le procureur sur leur cas.

Revenant sur les faits, le procureur a indiqué que dans la soirée du 31 décembre 2015, Korka et deux autres personnes s’étaient introduites dans la cour de Moussa Moise Sylla. Quand celui-ci est rentré du travail, ils ont pointé l’arme sur lui pour lui dire de se coucher. Ils ont même tiré l’arme en sa direction, mais il ne sera pas atteint. Ils partiront néanmoins avec son téléphone, une tablette, un sac à dos contenant un ordinateur, un chéquier, une carte bancaire…