Journée mondiale de l’écriture Braille : A la rencontre des pensionnaires du centre Sougué

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Le monde célèbre ce 4 janvier la journée mondiale de l’Alphabet Braille. En Guinée, cette journée n’a fait l’objet d’aucune célébration officielle. Toutefois Guinéenews a mis l’occasion à profit pour aller à la rencontre des encadreurs, enseignants et élèves du centre Sougué, une école des aveugles et malvoyants de Taouyah. Dans cet entretien, ils reviennent sur les conditions dans lesquelles les cours y sont dispensés. 

Depuis  2002, le centre Sougué apprend aux enfants aveugles et malvoyants à lire et à écrire. Sur place, une cinquantaine d’élèves  reçoivent des cours à travers l’alphabet braille. Dès le début, ils sont  soumis à un exercice pour rendre sensible les doigts en l’occurrence les deux indexes qui vont leur permettre d’identifier les chiffres et les lettres.

« Je veux être journaliste à la fin de mes études »

Idiatou Barry de la dizaine, fréquente la 6ème année dans ce centre. Son rêve,  devenir journaliste à la fin de ses études.  

«On apprend à lire et à écrire comme les autres avec les tablettes et les ponceaux. Mais ce n’est pas facile. Si tu ne t’efforce pas, tu ne pourras pas t’en sortir. Encore c’est l’esprit qui travaille et il faut beaucoup de courage. Depuis que je suis là, j’ai appris à lire, à écrire et à calculer. Maintenant, même si on me donne un discours en écriture braille, je peux lire. Je fais l’examen d’entrée en 7ème année cette année et à la fin de mes études, je souhaite être journaliste», a fait savoir la jeune élève.   

Comme dans les écoles classiques, les élèves du centre Sougué sont soumis à l’enseignement général. Ils affrontent donc les examens nationaux au même titre que les autres candidats.

Selon Bakary Sissoko, instituteur, qui a aussi appris à lire et à écrire dans ce centre, le résultat  est souvent satisfaisant.

«Nous nous servons des caractères de l’alphabet Braille pour apprendre à nos élèves à lire et à écrire. Nous faisons nos lectures par les doigts et nous reconnaissons les lettres par les doigts. Nous avons les mêmes programmes que les voyants et nous parvenons vraiment à le faire comprendre aux élèves. C’est pourquoi à chaque fois que nous présentons des candidats aux examens nationaux, nous avons cent pour cent d’admis », se félicite Bakary Sissoko.

« Comme vous le savez nous utilisons du matériel spécial pour l’apprentissage des enfants. Des tablettes, des cuba rittes des machines. Mais ce n’est pas facile de trouver le matériel dans la mesure où c’est du matériel qui provient essentiellement de l’extérieur et il est vendu en devise étrangère. L’autre difficulté est qu’à chaque fois que l’on donne aux enfants ils les font perdre. Nous demandons à toutes les bonnes volontés et à l’Etat de nous soutenir », lance Delphine Sénia Zoumanigui, la Directrice du centre  Sougué.

Du coté du ministère de l’Action Sociale et de la Promotion Féminine, aucune célébration officielle n’a eu lieu. Cependant, vu que les personnes malvoyantes ont besoin de soutien et d’attention, Mohamed Diaby, le  Directeur national adjoint de l’Action Sociale exprime sa solidarité à  l’endroit de cette couche sociale et invite les chefs de famille à plus de responsabilité.

«Nous leurs exprimons notre solidarité. On sait ce qu’ils vivent. Pour s’en convaincre, il suffit simplement de fermer les yeux, on saura ce que ces gens-là endurent. Ils n’ont pas besoin de notre charité. Ce qu’ils réclament, c’est leur droit. Donc, il faut d’abord assurer leur scolarisation. Car, ils sont aptes à apprendre » a-t-il souhaité.    

Malgré   ces discours et bonnes intentions affichés par les  autorités, le  constat révèle  qu’en Guinée, que les personnes porteuses de handicap  sont laissées pour compte. Une seule école  existe pour assurer   l’éducation    et la formation de ces derniers qui, pourtant, sollicitent plus pour leur insertion socioprofessionnelle. Pour rappel, la célébration de cette journée mondiale de l’alphabet braille se tient le 04 janvier de chaque année, date de la naissance de Louis Braille, l’inventeur de cette écriture.