Jérusalem capitale : à la recherche du temps perdu

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Donald Trump a donné le coup d’envoi dans la fourmilière. Se faisant plus bravache que tous ses prédécesseurs, qui ont pourtant engrangé chacun deux mandats sans vraiment oser franchir la ligne rouge depuis Bill Clinton jusqu’à Obama en passant par George Bush-fils, vue l’atmosphère explosive que cette reconnaissance entraînerait dans un contexte de colonisation forcenée, le président américain a donné le coup de tête tant redouté dans le guêpier.

Cela n’est pas fait pour déplaire au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Et pour cause, les deux se trouvent dans des situations à l’interne peu enviables : Trump est empêtré dans des combines à la noix avec Poutine, l’autre comparse qui a tiré les marrons du feu. Ce qui ne cesse d’intriguer, c’est que tous les « fusibles » autour de Trump ont craqué les uns après les autres, ce qui veut dire que la combine a vraiment existé, mais qu’elle n’a servi à rien, puisque Hillary l’avait distancé de plus de 2 millions de voix populaires et que les Grands Electeurs n’ont pas dû être influencés fondamentalement par les attaques cybernétiques russes, du moins, pour renverser la tendance en faveur de Trump.

Il est clair qu’il y avait eu collusion, mais que cette collusion ait servi à quelque chose pour influencer les résultats de l’élection passée, il faut que l’on nous fasse un dessin pour comprendre. Si les Républicains avaient pu présenter Bernie Sanders, Trump ne serait pas là à pomper l’air à ses détracteurs.

Assailli de toutes parts à la maison, il lui fallait créer un précédent de taille pour choquer, une diversion qui laisse quelques temps de rémission. On dirait la même chose de Benyamin Netanyahou, empêtré dans des affaires de corruption. Voilà nos deux compagnons en route. Trump a posé la première pierre. Le Premier ministre  israélien est à la recherche des soutiens. Il avait dit que beaucoup d’autres pays avaient donné leur accord de venir s’installer à Jérusalem mais sa tournée en Europe semble bredouille à sec, sans compter que la petite alliance flageolante qui unit Israël, l’Egypte, l’Arabie Saoudite et les satellites de celle-ci dans le Golfe est mise cruellement à l’épreuve.

Pour ce qui est prévisible, Israël a les pieds et les poings liés. Dans cette situation, il devra avaler toutes les avanies que le Hamas va lui faire subir, une étincelle de sa part risque d’embraser la région. Quant à l’alliance flageolante citée plus haut, elle volerait en éclat.

Dans cet isolement à deux quasi-hermétique, quel autre plus fidèle allié des USA déménagerait son ambassade à Jérusalem, la fourmilière?

Cependant, le Premier ministre israélien avait fait entendre qu’il est ouvert à toutes les négociations. Il n’y a aucun autre subterfuge que la solution à deux Etats, mais la colonisation ne s’arrête pas, quant au statut de Jérusalem, un vrai casse-tête spirituel. Face au jusqu’au-boutisme tranché de part et d’autre, à défaut d’être un autre Berlin moderne, une ville neutre mise sous tutelle internationale, où toutes les trois religions peuvent se côtoyer sans heurt.  Exemptes de politique, les religions trouveraient voies et moyens de s’écouter et de s’entendre. Mettre l’imam, le prêtre et le rabbin autour d’une table, serait plus profitable que les démarches diplomatiques.

A moins qu’une autre démarche soit plus spirituelle…