Interférence des administrateurs locaux dans les élections : Dr Faya menace

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Pour  la première participation du Bloc Libéral (BL) aux élections communales et communautaires en Guinée, son président, Dr Faya Millimono, dans un entretien accordé à Guinéenews, met en garde les administrateurs territoriaux dont il dénonce l’ingérence dans le processus électoral à l’intérieur du pays. Toutefois, il espère réaliser une belle performance à l’issue de ces élections locales.

«C’est pour la première fois que le BL participe aux élections communales. Et nous les prenons très au sérieux. Nous sommes en compétition, globalement dans 53 communes urbaines et rurales, selon trois situations différentes. La première, c’est toutes les communes dans lesquelles nous allons seuls, en tant que BL. La deuxième catégorie, ce sont les communes où nous allons en alliance avec d’autres partis politiques. A ce niveau, il y a deux situations : la situation où le BL est tête de liste de la coalition et la situation où il ne l’est pas. Là où nous sommes allés en coalition, le BL est tête de liste à Kissidougou, N’Zérékoré, Yomou, Kankan et Koundou, une commune rurale de Guéckédou. La dernière situation, c’est là où nous sommes allés en alliance avec d’autres entités dont nous ne sommes pas tête de liste. C’est le cas de Mamou avec une liste indépendante, Labé avec l’UFR et une liste indépendante. C’est le cas de Dabola avec le PEDN, de Kankan, avec l’UGDD, de Kérouané où nous sommes avec le PEDN et l’UFDG, de Lainé dans Lola où nous sommes avec l’UFR et Bossou où nous sommes avec l’UPG. Nous sommes également avec le PEDN à Macenta », a indiqué d’entrée le président du BL.

Comme stratégie adoptée sur le terrain, le BL a opté pour le porte à porte : « Je parlerai d’abord du BL en tant qu’entité. Depuis que les listes ont commencé à être validées, nous avons recommandé à toutes nos listes de commencer à faire le porte à porte. Une façon de faire une pré-campagne. Ce travail se fait au moment même où nous sommes en train de parler. Et nous avons un quartier général à partir de Conakry qui communique de façon régulière avec toutes nos listes sur le terrain ».

Des difficultés sur le terrain, Dr Faya dit les rencontrer tous les jours. « Le plus grand problème que nous avons avec les élections dans notre pays, c’est l’interférence des administrateurs territoriaux. On a l’impression que les Sous-préfets, les différents responsables administratifs considèrent que si le parti au pouvoir ne gagne pas dans leur localité, c’est de leur faute. C’est parce que le parti au pouvoir n’a pas de militants ou d’électeurs là-bas. Cela les pousse parfois à violer la loi. On a vu au moment de la présentation des candidatures, je vous donne le cas de Kobéla (Yomou) où le Sous-préfet à fait ingérence en demandant à la tête de liste du BL de démissionner d’abord de la fonction publique  pour être sur la liste du parti. C’est le cas de Guèasso (Lola) où on a interdit à tous les conseils de district de donner le certificat de résidence aux membres de la liste du BL. Les cas sont très nombreux. Tous les jours, on nous signale ce genre de cas », dénonce-t-il.

Et de poursuivre : « pour gérer cela, nous essayons d’abord d’obtenir le contact de la personne concernée. Nous essayons de lui dire clairement que c’est en violation de la loi et que désormais, nous l’avons à l’œil. Nous appelons le département dont il relève. On a plusieurs fois appelé le ministère de l’Administration du Territoire, il y a eu des endroits où la justice même nous a déniés. C’est le cas de Yomou où lorsqu’on a fait appel de la décision prise par la commission de validation des candidatures à Bèta, nous avons formulé la requête. Et le président de la justice de paix de Yomou avait refusé de prendre l’appel. Il a fallu l’intervention du département de la Justice pour qu’il prenne notre appel et qu’il traite le dossier. Donc, cela ne rassure pas quand un magistrat refuse déjà de prendre la plainte de quelqu’un. On ne lui dit pas de prendre une décision à notre faveur, mais si nous sentons que nos droits sont brimés, il n’y a que vers les tribunaux on va se tourner. S’ils refusent de prendre nos plaintes, quel est le recours qu’on peut avoir ? Donc ce que nous pouvons dire, c’est que ces difficultés, nous les avons gérées comme nous avons pu.»

Face à cette situation, le président du BL prévient : « il y a un message que nous avons à donner aux uns et aux autres, c’est que les élections locales ne sont pas des élections nationales. Dans ce pays, les élections locales ont été celles au cours desquelles, on a enregistré le plus de violences. Parce que les candidats et les électeurs vivent ensemble. Et donc, la charge émotionnelle est beaucoup plus grande et l’explosion est beaucoup plus facile. C’est pourquoi nous disons à tous ceux qui ont des représentants de l’administration à l’intérieur du pays, partout où nous allons sentir la fraude de la part de ces gens-là, nous disons clairement que nous ne laisserons pas faire. Nous agirons dans les limites de la loi, mais nous demeurerons intransigeants par rapport à tout cas. Et si nous faisons des recours, comme nous avons commencé à être victimes de déni de justice, nous allons utiliser tous les moyens légaux pour nous faire entendre. Parce que ce sont des élections où nous allons choisir les Guinéens d’en bas et c’est la Guinée d’en bas qui doit marcher pour que la Guinée d’en haut marche ».

Dr Faya croit cependant aux chances du BL : « Vous savez, le BL a toujours été regardé de haut, on a toujours dit, ils n’ont pas les moyens, mais je dis que les moyens ne déterminent les résultats aux élections. Sinon en 2015, logiquement nous devrions être les derniers, mais on a été quatrième. Encore cette fois, nous comptons sur le soutien de tout ce qui croit en nous. Nous allons faire la surprise d’avoir des maires dans des endroits où on ne nous attend pas. Il est clair que ces élections ne se termineront pas sans citer au tableau les Maires du BL et beaucoup de conseillers du BL. C’est ce qu’on peut vous promettre ».