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Interdiction des manifs politiques : silence, l’ONG ‘’Destin en main’’ donne sa position

Expliquer une décision de restrictions des libertés n’est pas aisé pour un militant des droits de l’homme. Néanmoins, lors d’une conférence de presse animée à Conakry, sur « le monitoring de la situation des droits de l’homme dans l’espace civique en Guinée », le directeur exécutif de l’ONG « DESTIN EN MAIN» et le consultant du projet concerné s’y sont essayés  ce jeudi 18 mai à Conakry.

Les conférenciers se sont prononcés sur les droits de l’homme sous Alpha Condé avec une petite brèche sur le pouvoir militaire actuel. A propos du Comité National du Rassemblent pour le Développement (CNRD), la réaction des conférenciers a été sollicitée sur la dernière décision de la junte, interdisant les manifestations politiques en Guinée…

Dans ses propos, le directeur exécutif de ‘’Destin en Main’’, par ailleurs membre du CNA a déclaré : « lorsqu’on travaille dans le secteur de défense des droits de l’homme, et qu’il y a une forme de violation des droits humains, on est obligé de dire le droit ». Une parenthèse vite refermée, même s’il précise que c’est « malgré qu’on se trouve dans une situation exceptionnelle. »

En tout cas, en poursuivant ses explications, l’ancien activiste devenu acteur de développement laisse entendre que « du moment où on se dit que l’Etat a le devoir de respecter les droits des citoyens, le même droit nous donne l’obligation de respecter certaines mesures. »

Avant d’ajouter : « lorsqu’on se retrouve dans une situation exceptionnelle, c’est des mesures exceptionnelles qui s’appliquent ». Surtout, rappelle-t-il, « lorsque des initiatives comme ça sont justifiées parce que nous savons, éventuellement, à chaque fois qu’il y a manifestations, il y a eu des violences qui ont conduit quelques fois à des casses, à des morts d’homme, à des cas de blessures… A leur arrivée, ils ont libéré tous ceux qu’on pouvait être qualifiés de prisonniers politiques et ils annoncent clairement leur volonté d’unir les Guinéens ou d’aller vers un Etat beaucoup plus responsable, il est important que lorsque de telles questions se posent, qu’on se donne le temps d’approfondir la réflexion… »

De l’activiste à l’acteur de développement

Poursuivant, le conférencier a affirmé : « ce qui est beaucoup plus important, c’est de rapprocher les parties pour qu’on parte vers une concertation, un dialogue pour comprendre… parce que nous n’avons pas intérêt à nous retrouver dans la rue pour que les gens soient blessés ou tués ou que des biens soient cassés… Nous sommes tous fils de la Guinée. Et lorsqu’un problème se pose, pour moi, il est important que nous dialoguions parce que quel que soit ce qu’on fera dans la rue, j’ai été un activiste, je suis un acteur de développement, j’ai été arrêté, emprisonné, je connais c’est quoi la manifestation. Je ne parle pas en mon nom personnel, je parle au nom d’une institution. Si nous voulons corriger, parce que de part et d’autres, lorsqu’on organise des manifestations, il y a des responsabilités qui sont situées, mais dans notre pays, depuis l’avènement d’Alpha Condé jusqu’à nos jours, lorsqu’il qu’il y a manifestation, jamais les responsabilités n’ont été situées et des responsables punis. Et de poser la question de savoir si nous voulons retomber dans la même situation. Nous nous situons aujourd’hui, dans un cadre de plaidoyer, de négociations et de rapprochement des différents acteurs en vue d’une compréhension pour ne pas qu’on parte au clash. C’est cela, notre rôle aujourd’hui.  Ce n’est pas de dire qui a raison ou tort… Surtout, comme le disent les tenants du pouvoir : la Guinée a besoin d’être construite. Avec toutes les ressources dont nous disposons, qu’on sorte de toutes ces oppositions que nous sommes en train de nous faire. Nous devons assoir un soubassement solide pour bâtir un Etat normal, pour que les uns et les autres puissent bénéficier des richesses dont nous disposons… »

A sa suite, l’autre conférencier renchérit en ces termes : « des solutions intelligentes aux problèmes guinéens.» Mais à la différence de son prédécesseur, Boussouriou Diallo, bien que timoré, ne jette pas son manteau de droits de l’homme.  « Le CNRD, c’est des militaires (mais) ils doivent comprendre que le ton martial ne marche pas à tout moment. Il faut baisser la tension », conseille-t-il. Avant d’inviter les politiques qui veulent manifester à comprendre qu’ils ont en face des gens qui n’ont pas la culture du dialogue, parce que dans l’armée, les méthodes ne sont pas les mêmes que dans la vie civile ». Sauf que, pour lui, «la peur légitime » qu’aurait le CNRD face aux manifestations, cela ne doit pas entraver l’exercice d’un droit civique. »

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