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Infrastructures & Transports : le ministre Yaya Sow parle (interview)

Dans un entretien accordé à un groupe de médias dont Guinéenews en marge de l’immersion gouvernementale à Kankan, le ministre des Infrastructures et des Transports, Yaya Sow est revenu sur les projets routiers mais aussi, il a touché quelques réalités du secteur des transports. Lisez !

Guinéenews : selon vous, quel est l’objectif de cette immersion gouvernementale ?

Yaya Sow ; c’est une immersion qui nous permet d’appréhender les réalités socioéconomiques des populations à la base.

Guinéenews : depuis la prise du pouvoir par le Conseil National pour le Rassemblement et le Développement (CNRD), comment se portes nos infrastructures routières et les transports ? 

Yaya Sow : il ne s’agit pas de nous jeter des fleurs, nous sommes en train de faire pour nous. Conakry-Kindia fait aujourd’hui 2 heures contre 6 heures de route avant. Conakry-Mamou qui faisait 10 à 12 heures de route est à 5 heures aujourd’hui. Le président Colonel Mamadi Doumbouya est en train de poser les fondements de lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Il cherche à rassembler tous les Guinéens autour d’un idéal en regardant dans la même direction. Il s’est attaqué à beaucoup de chantiers tout en les priorisant notamment les écoles, l’éducation, la santé, l’agriculture et les infrastructures. Le CNRD est arrivé au pouvoir dans un contexte de ressources rares d’où les caisses étaient vides. Il va falloir recréer les conditions d’une émergence financière de façon à trouver les ressources qu’il faut pour investir parce que, le développement, ce sont les investissements. 

Guinéenews : comme vous parlez d’investissements, peut-on avoir une idée sur l’évolution de la route Kankan-Kissidougou qui se trouve dans un état piteux ?

Yaya Sow : quand j’ai parlé de cela, il y avait des gens du régime déchu qui n’étaient pas contents. Aujourd’hui, j’insiste et je persiste que les fonds ont été décaissés et il n’y a pas eu de travail. Nous sommes en train de réhabiliter la route sur fonds propres. Effectivement, il y a eu de l’argent qui a été décaissé environ 60  millions d’euros pour faire la route Kankan-Kissidougou qui a disparu.

Guinéenews : il y a aussi l’axe Kankan-Kéréouné et la route Kankan-Mandiana. Qu’en dites-vous ?

Yaya Sow : l’axe Kankan-Mandiana a redémarré. Les travaux étaient bloqués à cause du non paiement de la mission de contrôle à hauteur de 450 mille dollars. Quand un Etat n’arrive pas à débloquer un montant de 450 mille dollars, c’est un Etat failli. Je le dis et j’assume. C’est grâce au Colonel Mamadi Doumbouya que nous avons réactivé le projet en mettant la pression sur l’entreprise adjutatrice contractante pour payer la mission de contrôle de façon à ce que les travaux reprennent. Les travaux ont repris et moi-même, je compte m’y rendre le mardi ou le mercredi prochain pour voir l’évolution des travaux. 

Guinéenews : Et pour l’axe Kerouané -Beyla  ?

Yaya Sow : parlons d’abord de Kankan-Kérouané que le régime défunt avait confié à une entreprise sud-africaine et nous avons trouvé les travaux bloqués à cause des impayés. Il y a eu des efforts financiers du côté du gouvernement. La route Kankan-Kérouané-Beyla figure dans un portefeuille de la Banque Mondiale (BM) que nous cherchons à réactiver. Nous sommes sur tous ces chantiers dans un contexte de ressources rares. La route consomme beaucoup d’argents, un kilomètre coûte entre 10 à 15 milliards de francs guinéens (…).

Guinéenews : aujourd’hui, la route Conakry-Kindia étant praticable, les usagers demandent une baisse du prix de transport. Quelle est votre réaction ?

Yaya Sow : la Guinée est un pays moins avancé. C’est-à-dire, un pays pauvre. Nous sommes mal placés sur tous les agrégats macroéconomiques. C’est un travail qu’il va falloir faire avec le syndicat des transporteurs de façon à ce qu’il accepte de baisser le coût du transport. Je prends bonne note et bien avant mon retour à Conakry, je vais voir avec mes collègues ce qu’on  peut faire à ce niveau. L’Etat n’administre pas les prix.

Guinéenews : est-ce que vous avez envisagé quelque chose pour les voiries urbaines de Kankan ?

 Yaya Sow : nous avons beaucoup de projets pour Kankan mais, nous invitons les populations guinéennes en général, il y a beaucoup d’incivisme. Plusieurs canaux d’évacuation d’eau sont bouchés avec les ordures. Même si on les débouche, ils vont encore les reboucher. C’est un constat général dans tout le pays. Nous allons travailler pour sensibiliser la population.

 Guinéenews : pour certains citoyens, le prix des permis de conduire biométriques est très élevé. Qu’en dites-vous  ?

 Yaya Sow : je suis d’accord. C’est un prix que nous avons trouvé que nous avons essayé de moduler en baissant le prix des examens médicaux. Nous avons vu que c’est très serré, ce que nous avons fait, c’est de casser le monopole de la société qui faisait l’examen médical. Nous avons autorisé toutes les cliniques à faire les examens médicaux. Si vous partez dans une clinique qui fait moins de 200 000 GNF, le bilan sanguin, le prix va se baisser de lui-même mécaniquement.

 Guinéenews : c’est le même constat au niveau des plaques d’immatriculation.

 Yaya Sow : on me dit que les plaques sont chères mais il faut reconnaître que le monsieur qui a le marché a fait de gros investissements. Quand j’ai demandé s’il y a une possibilité de baisser les prix, il a répondu qu’il n’a pas une économie d’échelle, c’est-à-dire, il n’y a pas suffisamment de personnes qui vont pour immatriculer leurs engins. S’il arrive à trouver un grand nombre, naturellement, il va baisser le prix…        

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Interview réalisée par Guineenews avec d’autres médias

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