Hadj 2017 ou la « Mafia » des « Mollah » pour avoir l’argent d’Allah

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Le 24 juillet, le président Alpha Condé a nommé Elhadj Aly Jamal Bangoura à la tête du Secrétariat des Affaires Religieuses à la place d’Elhadj Abdoul Karim Dioubaté. Depuis, l’opinion se demande pourquoi ce changement à un mois du début du Hadj 2017.

Dans le souci d’aider à la manifestation de la vérité, votre quotidien en ligne, Guinéenews, fidèle à ses investigations, est en mesure d’écrire, aujourd’hui, pourquoi Elhadj Karim Dioubaté a été destitué de son poste après deux ans aux affaires.

Selon nos sources, cette destitution serait liée à deux causes. La première, c’est sans doute la mauvaise organisation de l’édition 2016 du Hadj et la seconde, c’est la gestion de la polémique née autour de la rénovation de la mosquée Fayçal de Conakry.

De la mauvaise organisation du Hadj 2016

Après deux ans d’absence aux lieux saints de l’Islam à cause de la fièvre Ebola, qui sévissait au pays, les Saoudiens autorisèrent les pèlerins guinéens à faire le Hadj en 2016.

Malheureusement, à la date indiquée, les organisateurs n’étaient pas fin prêts. Ils brillèrent, plutôt, par l’improvisation, l’incompétence et l’amateurisme. Que ce soit lors du choix de l’avionneur, ou pendant le transport des pèlerins ou durant les derniers préparatifs.

Pratiquement, dans toutes les étapes, le calvaire était le même pour les candidats. Eux, qui, avaient pourtant, déboursés 39,8 millions de francs pour espérer aller à la Mecque.

Les conséquences sont là. Tantôt, l’avion voyageait mi-rempli, tantôt, des pèlerins étaient abandonnés à Conakry. Et il fallait affréter un vol spécial pour transporter les restants. Tantôt enfin, certains rentraient au pays, au terme du Hadj, sans leurs bagages. Arrêtons-nous là.

Préparatifs chaotiques du Hadj 2017

En 2017 également, au lieu de tirer les leçons du passé, les organisateurs ont répété les mêmes erreurs. Pour éviter le fiasco dans les préparatifs du Hadj 2017, le Chef de l’Etat, excédé et fâché, aurait tapé du poing sur la table, lors d’un conseil des ministres.

Le premier problème signalé, c’est le cas des ministères d’appui au Hadj : la santé et la sécurité. A la veille du coup d’envoi des préparatifs, les vaccins étaient, par exemple, indisponibles. D’où la colère présidentielle. C’est la raison principale expliquant la bousculade des pèlerins survenue, ces derniers jours, au centre de Donka.

Mais comment en est-on arrivé là ? Dès avril 2017, le ministère de la santé a écrit au secrétariat général des affaires religieuses, où est domicilié le budget du Hadj, de libérer les fonds pour qu’il puisse commander les vaccins contre la méningite et la rougeole à temps. Mais son courrier est resté sans suite jusqu’à la veille du début du Hadj.

Conséquence, les pèlerins sont confrontés, le jour-j, à un problème : il n’y a pas de vaccin. Les autorités se bougent. Les commandes arrivent mais à compte-goutte. De bouche à oreille, les pèlerins débarquent à Donka, chacun veut se vacciner. C’est la bousculade.

Informé, le président Alpha Condé aurait piqué une colère noire. Mais d’explications en explications, l’on apprend également que le secrétariat général des affaires religieuses n’aurait pas entièrement payé au ministère de la santé les vaccins de l’année dernière, ni les primes de la mission médicale. Or, l’Etat avait payé tout le reliquat.

Mieux, pour le choix de l’avionneur, il a fallu encore le coup de main de l’ancien ministre, Dr Moustapha Koutoub Sanoh, qui a usé de ses relations en Turquie pour trouver un preneur moins cher. N’eût été lui, les pèlerins guinéens auraient payé plus cher.

De la rénovation de la mosquée Fayçal

Au problème du Hadj enfin, s’est ajoutée la polémique née autour du retard accusé dans la rénovation de la mosquée Fayçal. Lors de la conférence de presse du grand imam de la mosquée Fayçal, Elhadj Mamadou Saliou Camara, celui-ci avait à ses côtés, le secrétaire aux affaires religieuses d’alors, Elhadj Karim Dioubaté. Ce dernier n’a ni recadré l’imam, quand il a attaqué Dr Koutoub Sanoh.

Informé des accusations du grand Imam et de la réplique de Dr Koutoub Sanoh, le président Condé aurait appelé les deux protagonistes et Elhadj Karim Dioubaté, pour en savoir plus. Au fil des explications des uns et des autres, le président Condé se rendit compte que Dr Koutoub Sanoh n’y est pour rien. Mais dès cet instant, les jours d’Abdoul Karim Dioubaté étaient comptés jusqu’à son limogeage dans la soirée du 24 juillet.

Question donc pour un champion : pourquoi les préparatifs du Hadj vont de mal en pis chaque année en Guinée ? Réponse d’un fin connaisseur. « Le hadj est devenu une affaire de gros sous. Donc, les organisateurs n’ont pas intérêt à ce que les choses aillent dans l’ordre. Ils attendent que les choses se compliquent pour les remonter à la dernière minute. C’est dans cette sainte pagaille, qu’ils vont se beurrer et se remplir les poches ».

La semaine écoulée, votre quotidien électronique a vainement tenté d’avoir la réaction des autorités religieuses mais il s’est heurté au refus du directeur du pèlerinage. Celui-ci a promis un point de presse de son premier responsable. Depuis, rien.