Habitat: sit-in des déguerpis de la SONAPI devant la gendarmerie de Coléah

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L’association des victimes de la démolition des bâtiments du secteur Trafine, dans le quartier Samatran-Plateau, commune de Dubréka, a organisé  dans la matinée de ce mardi 9 décembre un sit-in devant la gendarmerie spéciale près le ministère de la Ville et de l’Aménagement, sise à Coléah, a constaté sur place Guinéenews.  Ces manifestants dénoncent l’arrestation jugée ‘’illégale’’ de deux de leurs responsables.

Les faits remontent à 2015 avec la démolition de 275 bâtiments dans le secteur de Trafine par la Société Nationale de la promotion immobilière (SONAPI). Depuis cette action publique, les victimes se sont constituées en association. Une façon, selon les responsables de l’association, de mener une lutte commune pour être rétablie dans leurs droits.

Le 6 décembre avant même la tenue de leur réunion hebdomadaire, une équipe de gendarmes a arrêté deux de leurs responsables. Une situation qui a poussé les autres membres à prendre d’assaut la gendarmerie spéciale près le ministère de l’Habitat ce mardi pour exprimer leurs frustrations.

«Dans les coulisses, on nous dit que c’est Me. Alfred Mathos qui s’est plaint qu’il a mis des piquets pour délimiter son domaine et que quelqu’un les aurait arrachés. Si c’est cette information se vérifiait, on va appeler Me Mathos et on va discuter avec lui pour pouvoir tout comprendre. Mais jusqu’à présent, on n’a pas pu  voir Me. Mathos. Pendant ce temps, nos deux camarades arrêtés, sont détenus», a expliqué Mamadou Sadibou Diallo.

En 2016, la SONAPI a été assignée en justice par l’association. Mais jusque-là, le dossier traine au tribunal de première instance de Kindia, précise notre interlocuteur qui ne cache pas sa déception : « le dossier a été orienté par le juge de Dubréka vers le Procureur de Kindia pour ses observations. Mais depuis, rien n’est fait et ce n’est pas normal. »

Les victimes ne désarment pas, elles comptent aller jusqu’au bout de leur revendication et demandent que justice soit faite dans ce dossier.

«Premièrement, notre zone n’est pas un domaine de l’État. Deuxièmement, ils sont venus démolir les bâtiments sans préavis et ensuite, ils se permettent d’arrêter nos membres sans motif valable. Vraiment, on en a marre », a dénoncé le porte-parole de l’association qui appelle les autorités à prendre leurs responsabilités.