Guinée: quand les grands échiquiers politiques se dégraissent…

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L’illusion a assez duré, l’heure des quatre vérités est venue. C’est désormais le chacun pour soi, tant pis pour les canards boiteux. La politique est une affaire d’intérêts égoïstes, elle est véhiculée par les dupes. Les amitiés politiques ne sont éternelles comme les amitiés fraternelles.

Les coalisés d’hier se retournent les uns contre les autres. Il y a risques d’embrasements sociaux, on souhaite mille fois se tromper, mais au vu des effervescences dans les différents états-majors, les services de sécurité devraient prendre dès maintenant les devants.

Si les partisans de l’une des deux grandes coalitions qui mutualisaient leurs forces et énergies pour invectiver l’autre coalition, se retrouvent face à face, rien ne garantit que cela se passerait moins violemment puisque les injures des proches sont plus piquantes et acerbes que celles de l’ennemi.

Les prochaines élections communales ressemblent à du quitte ou double pour les partis qui prétendent être d’envergure nationale. Rien de moins qu’une question de survie politique. On ne sait pas si le découpage administratif des communes est déjà fait pour définir une cartographie électorale sensiblement similaire pour toutes les communes de Guinée, mais on sait que Ratoma et Matoto restent immuables, à  moins de cinquante jours de la date fatidique.

Après ces élections, l’Administration du Territoire saura le nombre exact de partis politiques, les vrais et les partis qui ont fait ‘’ Le geais paré des plumes du paon’’.

Par allégorie : un paon muet s’est fait piquer ses plumes par un geais, qui paradait et frimait partout en clamant qu’il a un électorat. C’est ainsi qu’en 2010, deux grandes alliances s’étaient formées pour la première présidentielle pluraliste intégrale. Le RPG s’était si agrandi qu’il avait couvert la Guinée du nord au sud. Seulement, les hommes qui étaient venus gonfler son alliance arc-en-ciel étaient-ils des chefs des partis qui existaient réellement ou des partis ectoplasmiques animés par des diseurs de bonnes aventures ? Le RPG avait deux paniers; le panier de crabes était celui du gouvernement et le panier de l’Assemblée nationale. Le panier de crabes du gouvernement s’est vidé et « épuré » au fur et à mesure que l’on s’est rendu compte des « tonneaux vides ». Au parlement, son effectif reste presque intact.

En face, en est-il de même pour l’UFDG ? Rien n’est moins sûr. Les prochaines élections vont occasionner un autre amaigrissement dans ses rangs au niveau du parlement, du moment qu’elle a décidé d’aller à ces communales en solo. Elle estime avoir assez de geais parés de ses plumes dans ses rangs, qui croient plus en leur popularité qu’au bénéfice de la symbiose. Le temps et l’occasion sont donnés à chacun de s’exprimer et de prouver ses capacités de mobilisation.

 Et dans ces joutes électorales en vue, tous les coups seront permis, au propre comme au figuré.

  • CONDÉ ABOU

    Mon cher ami, Moise Sidibé, l’exemple Sud Africain devrait donner encore une fois, une belle leçon de democratie au continent, et particulièrement à la classe politique Guinéenne.

    L’information vient de tomber sur les desks: A Johannesburg, Cyril Ramaphosa vient de remporter il y a 30 minutes la course pour devenir le nouveau Président de l’ANC. Il devient le 14ème Président de l’ANC et qui portera les couleurs du Parti à la présidentielle de 2019 !

    David Mabuza a remporté la course pour être son adjoint. Nkosazana Dlamini-Zuma, en dépit du puissant soutien de son mari de Président sortant, Jacob Zuma, et d’un important réseau de lobbying est définitivement battu après un suspens qui aura duré dans la salle pendant plus de 48 heures pour pouvoir les départager, sans animosité, ni bagarre de partisans.

    Le vote vient de terminer au Congrès de l’ANC et de ses alliés de la COSATU et du Parti Communiste Sud Africain. C’est une leçon pour la classe politique Guinéenne, si elle veut accepter de grandir et de sortir ce pays des sentiers battus.

    Il faut rappeler que le vote devait avoir lieu le Samedi 16 Décembre dans l’après-midi, mais il a été reporté. Finalement, ce n’est que cette nuit vers minuit que les délégués ont commencé à voter.

    Pourquoi cela a-t-il pris autant de temps ? Parce que c’est une élection cruciale et donc il a fallu vérifier que les délégués envoyés par les différentes provinces – ils sont environ 5 000 – étaient bien mandatés pour voter.

    Il a fallu vérifier l’identité, l’accréditation de chacun et certains se sont d’ailleurs vu refuser leur accréditation car leur nomination était entachée d’irrégularités. Par exemple, certains délégués ont été élus sans la majorité ou alors sans le quorum suffisant, sont arrivés sur place et on les a exclus. Il y a apparemment quasiment 500 délégués sur les 5 200 au total qui n’ont pas pu voter pour cette raison. Donc, le processus a pris du retard.

    C’est une élection cruciale parce que l’ANC est aujourd’hui profondément divisée, entre deux clans : Cyril Ramaphosa d’un côté, et Nkosazana Dlamini Zuma de l’autre. Ils étaient restés au coude-à-coude jusqu’au bout.

    Comment les marchés financiers ont-ils réagi à la nouvelle de l’élection de Cyrill Ramaphosa ?
    La monnaie Sud Africaine, le Rand vient de se hisser à plus de 4%. Ce qui est une excellente nouvelle pour l’Economie Sud Africaine et pour les investisseurs.

    Le Rand a grimpé d’environ 12,60 Rands par rapport au Dollar Américain. Fin de la course à la Direction de l’ANC (Président et Vice Président) à la 54e Conférence nationale du Parti.