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Guinée : les investisseurs canadiens attirés par le potentiel du pays

Depuis quelques mois, des investisseurs canadiens explorent la Guinée en vue d’y investir. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils sont séduits par le potentiel du pays. Ce, en dépit d’un contexte politique a priori favorable à la méfiance. « Mes premières impressions confirment l’idée que j’avais de la Guinée. C’est un pays avec des jeunes engagés à contribuer au développement en Afrique à travers la nouvelle technologie  », a témoigné Youmani Jérôme Lankoandé, directeur de Yulcom Technologies, au cours d’un déjeuner de travail entre investisseurs canadiens, la Délégation générale du Québec à Dakar (qui couvre cinq pays d’Afrique de l’Ouest dont la Guinée) et Me Amadou Barry du cabinet d’affaires Thiam et Associés. « J’ai rencontré quelques jeunes dès mon arrivée. A les entendre, on se dit qu’on aura des changements dans les années à venir », a ajouté l’investisseur canadien d’origine burkinabé qui est à son premier séjour d’affaires en Guinée.

Le déjeuner de travail de ce jeudi 17 février a été organisé par la Délégation générale du gouvernement du  Québec à Dakar, qui œuvre inlassablement à attirer les investisseurs canadiens vers la Guinée.

La présence de ces investisseurs à Conakry, en ce mois de février, fait suite à une tournée du Délégué général Iya Touré, en Guinée, courant mai 2021. Lui-même d’origine guinéenne, Iya Touré a fait de la Guinée l’une des priorités de la Délégation générale du Québec depuis sa prise de fonctions il y a plus d’un an. « C’est un pays qui a un potentiel énorme. Les gens voient nos actions un peu partout dans la sous-région  et comme ils nous voient à l’œuvre ils s’intéressent à nous et à nos priorités. Dans ce sens-là, je peux dire que oui, la présence actuelle de ces investisseurs en Guinée fait partie du fruit de notre première visite ici », a-t-il dit au cours de ce déjeuner organisé dans un réceptif hôtelier de Conakry.

Qui de mieux que les Guinéens de la diaspora pour investir en Guinée ? Dans l’opération séduction des investisseurs canadiens qu’elle a lancée, la Délégation du Québec accorde une place de choix aux investisseurs d’origine guinéenne. « Dans chacun des pays où nous intervenons, nous tentons de rassurer la diaspora de ce pays et surtout nous l’incitons à être la locomotive de l’investissement canadien dans son pays », a expliqué monsieur Touré. Son approche : dire que l’Afrique est en changement et qu’il est temps d’y prendre sa place.  « Mon approche est de dire que l’Afrique est en changement et la Guinée est dans cette ligne du changement. On espère cette fois-ci que c’est pour de bon et qu’on va éviter de revenir en arrière. En tout cas, dans ce contexte, nous disons aux entreprises : ‘’ n’attendez pas que tout soit bien pour commencer à venir ; venez déjà préparer le terrain et soyez des parties prenantes du changement qui vont avoir lieu au pays », a dit Iya Touré.

Plus qu’un businessman

Partenaire et directeur général de TransNumerik, une entreprise québécoise qui œuvre dans les technologies de l’information, Mody-Oury Barry fait partie des guinéens de la diaspora qui cherchent à investir dans leur pays d’origine.  « On est présentement installé en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Ghana… Ce qui est très intéressant en venant explorer le terrain guinéen, c’est ce que je viens ici plus qu’en businessman. Je viens ici avec une volonté de rendre quelque chose à mon pays », a dit Mo – comme on l’appelle communément – qui espère trouver des opportunités d’emplois en Guinée. En tout cas, son ambition est de parvenir à installer TransNumerik en Guinée avec à la clef des emplois très bien rémunérés et l’opportunité pour la jeunesse guinéenne de travailler sur des projets internationaux. « J’ai la ferme volonté en tout cas de contribuer au développement économique et social qui s’inscrit dans la durée. Parce que quand on forme des jeunes, ils pourront à leur tour former d’autres jeunes et la digitalisation contribuera largement à la performance, à la productivité et à la réduction des coûts », a exprimé Mo.

Des entreprises qui s’en sortent plutôt bien

« Il est vrai que le contexte est particulier, mais il y a une volonté des entreprises canadiennes d’intervenir en Guinée. Et nous, en tant que Délégation, on les supporte, on les aide et on les met en relation avec des contacts comme Thiam et Associés pour leur faciliter l’installation iciOn tient à la Guinée parce qu’on sait qu’il y a beaucoup de potentiels ici », dira pour sa part Khady Seye, attachée aux Affaires économiques de la Délégation générale du Québec à Dakar. « On sait qu’il y a beaucoup de potentiel, je suis aujourd’hui là pour voir comment ça se passe dans l’optique d’appuyer les compagnies qui sont intéressées à venir faire des affaires ici », a ajouté Christian Azarien, conseiller commercial et délégué commercial principal de l’ambassade du Canada à Dakar.

Lui-même issu de la diaspora guinéenne au Canada, Me Amadou Barry, avocat au cabinet d’affaires Thiam et Associés, et par ailleurs inscrit au Barreau du Québec et au Barreau de Guinée, est celui qui accompagne la Délégation générale du Québec en Guinée. Pour lui, c’est un bon signe qu’il y ait de potentiels investisseurs canadiens en Guinée, quelques mois après la première visite officielle d’Iya Touré en Guinée. « Cela prouve que le pays a des atouts à faire valoir. C’est aussi la preuve que des entreprises québécoises et canadiennes ont un rôle à jouer ici », indique Me Barry, qui a indiqué que les entreprises canadiennes que le cabinet Thiam et Associés a déjà aidées à s’implanter en Guinée s’en sortent plutôt bien.

Les mines, les infrastructures, les énergies, l’agriculture… sont aux yeux de la Délégation des domaines prioritaires à défendre. Et ce jeudi, dès après le déjeuner de travail, Iya Touré et ses collègues ont été reçus à la Chambre des Mines de Guinée, eux qui travaillent sur un projet minier dans la zone bauxitique de Boké, à l’ouest de la Guinée.

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