Guinée : Le PEDN de Lansana dénonce la « naïveté » de la CENI

06 décembre 2017 18:18:53
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La Commission électorale nationale indépendante (CENI) vient de fixer la caution de participation aux élections communales en vue. Ceci est de l’ordre de  huit millions de francs guinéens (8.000.000 GNF) pour les communes urbaines et trois millions de francs guinéens (3.000.000 GNF) pour les communes rurales.

Un acte qui souffre déjà d’une sérieuse attaque de la part du Parti de l’Espoir pour le Développement National de l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté. Par la voix de son responsable en charge de la communication, le PEDN s’insurge vigoureusement contre cette démarche de l’organe de gestion des élections.

« Le processus qui a conduit à la fixation de ces montants n’a pas respecté les dispositions légales en la matière. Donc, nous, au PEDN, nous estimons que ce sont des montants illégaux qui ont été fixés par la Ceni. Parce que les règles qui devraient conduire à leur fixation n’ont pas été respectées », dénonce François Faya Bourouno à l’entame de son speech.

Pour argumenter ses propos, l’orateur ressort la « naïveté » de l’instance électorale qui a fixé ces cautions. « Imaginez que la CENI nous dise que le critère choisi pour différencier les montants, c’est la zone urbaine et rurale. Mais, c’est naïf de sa part ! Comment peut-elle faire payer 3 millions à une circonscription qui a 33 jusqu’à 35 conseillers et faire payer 8 millions à une circonscription urbaine qui n’en compte que moins de 15. C’est naïf ! », insiste François Bourouno.

A en croire notre interlocuteur, la CENI, en fixant ces montants, n’a pas tenu compte des réalités même de ces élections. Autant dire que les commissaires électoraux n’ont pas compris eux-mêmes le sens de ces élections.

« Sinon, ils devraient fixer ces cautions en fonction du nombre de conseillers par circonscription, à partir du moment où le ministère de l’Administration du territoire a sorti un tableau qui indique la répartition des conseillers et même des membres des bureaux exécutifs par circonscription. Je prends l’exemple sur Guéckédou qui a 29 conseillers. C’est une commune urbaine. Vous avez une localité comme Sènko qui est une commune rurale avec 33 conseillers. Alors, si vous fixez 8 millions pour les communes urbaines et 3 millions pour les communes rurales, vous voyez l’écart que ça creuse. Alors que c’est le nombre de conseillers qui mesure le potentiel, c’est-à-dire le nombre de populations dans une localité », explique M. Bourouno.

« En somme, nous trouvons que cela est trop appauvrissement pour la population. Parce que vous avez des citoyens qui se battent pour la cause du développement de leur localité, si vous les assiégez financièrement parce qu’ils veulent être élus, vous voyez ce que ça fait », a-t-il conclu.