Guinée : L’AFD et l’UE présentent les résultats de préfaisabilité de 6 mini-barrages

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De par son important réseau hydrographique et sa pluviométrie abondante, la Guinée dispose d’un grand potentiel énergétique par rapport à ses voisins de la sous-région, avec des ressources hydroélectriques estimées à 6.000 mégawatts. L’exploitation de ce potentiel permettra de développer des pans importants de l’économie nationale en particulier le secteur minier et augmentera les possibilités pour le pays d’exporter son énergie.

Selon une étude récente initiée en de l’élaboration d’un prospectus d’investissement, 14% de la population aurait accès à l’électricité, mais seulement 2% environ en milieu rural. Préoccupé donc par cette situation, le gouvernement guinéen a identifié des sites de petits barrages dans les 4 régions naturelles du pays, dont la réalisation permettrait d’améliorer l’accès à l’électricité des acteurs économiques (industries légères, agroalimentaires, développement de métiers d’artisans, exploitation de ressources naturelles) et des populations des localités isolées.

Dans ce contexte, le ministère de l’Energie et de l’Hydraulique, par l’entremise de la direction nationale de l’Energie, a sollicité l’appui de l’Agence française de développement et de l’Union européenne pour le financement des études de faisabilité et de la construction de 4 mini-aménagements électriques situés chacun dans les 4 régions naturelles du pays. Ce sont : Foko, à Molota, dans Kindia pour la Basse Guinée, Bagata à Tougué pour la Moyenne Guinée, Tinkisso dans la préfecture de Dabola pour la Haute Guinée, et Lokoua à Macenta pour la Guinée Forestière. A ceux-là, s’ajoutent deux autres sites qui ont été identifiés par les experts, notamment Kambaly à Tougué et Palan à Macenta.

Ce mercredi 6 décembre, les résultats de ces études de faisabilité ont été présentés au ministre Cheick Taliby Sylla de l’Energie et de l’Hydraulique. C’était en présence de la directrice de l’Agence française de développement (AFD), Mme Patricia Aubras, du chef de la délégation de l’Union européenne (UE), Gerardus Gielen, ainsi que de plusieurs partenaires.

Ces études visent à consolider le périmètre technique, les enjeux et les impacts des projets ont été réalisés par une équipe d’experts de la Facilité Assistance Technique de l’Union européenne. Elles ont été menées sur 6 sites et ont déterminé leur potentiel et leurs coûts estimatifs.

Pour chaque site, il s’agit de la construction d’un barrage, d’une centrale de production hydroélectrique, des réseaux de moyenne et basse tensions pour l’électrification des localités avoisinantes, avec des puissances à installer estimées entre 5 et 20 MW par site.

Selon les porteurs du projet, ces études ont été menées dans le souci d’optimiser les sites et les réseaux tout en limitant les impacts sur les écosystèmes environnementaux et sociaux.

Saisies par le gouvernement, l’AFD et l’Union européenne ont marqué un accord de principe sur une enveloppe globale de l’ordre de 60 millions d’euros, soit 20 millions au titre de la facilité énergie de l’Union européenne et 40 millions de financement de l’AFD.

« Il va de soi que cette enveloppe n’est pas forcément suffisante pour financer la construction de 4 mini-barrages. Et dans le cadre des études que nous conduisons, nous avons un volet qui vise à travailler avec la Guinée, à l’aider à trouver d’autres bailleurs de fonds, à mobiliser d’autres financements pour qu’à termes, l’ensemble des projets puissent être mis en œuvre », a clarifié la directrice de l’AFD.

L’énergie est devenue le premier domaine de financement de l’Union européenne en Guinée. Ce, grâce aux concours de la Banque européenne d’investissement, du Fonds fudiciaire pour les infrastructures, du Plan européen d’investissement extérieur et de la Facilité d’assistance technique. Les financements en cours représentent 150 millions d’euros, et le portefeuille continue de s’agrandir, entre autres, à travers le projet de préfaisabilité de ces 6 sites de petite hydroélectricité destinés à l’électrification rurale.

Cet effort est en droite ligne avec la déclaration conjointe signée en juin 2017 entre les autorités guinéennes, l’Union européenne et la France, afin de renforcer la coopération en matière d’énergie.

Aux dires de l’ambassadeur du chef de la délégation de l’Union européenne, cet accord a pour objectif d’améliorer l’accès aux ressources d’énergie renouvelable, aussi dans les zones rurales où les besoins sont les plus grands.

« Il vise également à renforcer les liens politiques entre les engagements pris par la Guinée en matière de politique énergétique lors de la COP 21 et l’aide financière fournie par l’Union européenne et d’autres cosignataires bailleurs de fonds », a déclare M. Gielen.

Après ces études de préfaisabilité, place à présent aux études de faisabilité à l’issue desquelles l’opinion publique aura une notion plus précise sur le coût que nécessitent ces investissements. La prochaine étape donc est dédiée à ces études qui vont s’étendre sur une bonne partie de l’année 2018 en vue de pouvoir réaliser les études de faisabilité, et procéder à la mobilisation des financements. Les premiers travaux proprement dits du projet sont annoncés pour 2019.