Guinée – Kidnapping d’un commercant : Journée sans commerce à Mamou

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Suite au kidnapping d’Elhadj Abdourahamane Bindy Diallo, ce samedi 9 décembre, les commerçants de la ville carrefour, pour manifester leur solidarité à la victime, ont fermé boutiques et magasins des différents marchés de Mamou. Cette décision a été l’initiative des vieux commerçants de Mamou à leur tête Elhadj Serendè Diallo.

Le grand marché était vide ce samedi. Les boutiques et magasins le long des principales rues sont restés fermés toute la journée. Mamou ressemblait à une ville morte.

Rencontré, l’initiateur est clair. « Je demande aux ravisseurs de libérer ce vieux de 80 ans afin qu’il rejoigne sa famille. C’est un homme social qui aime rendre service à ses parents. Il a construit des écoles et des mosquées. Je demande aux autorités de préserver la sécurité de leurs citoyens car les agressions sont fréquentes », lance Elhadj Alpha Ousmane Serendé Diallo.

Pour rappel, Elhadj Abdourahamane a été enlevé le mardi 5 décembre lorsqu’il se rendait à la mosquée pour la prière de l’aube. C’est le deuxième cas de kidnapping d’un natif de la région de Mamou en deux mois. En début octobre dernier, c’est Abdoulaye Djibril Barry, le fils de l’homme d’affaires Elhadj Guelguedji qui a été enlevé par des inconnus et libéré après une dizaine de jours de détention.

  • CONDÉ ABOU

    S’il n’y a pas une mobilisation citoyenne nationale et une réponse musclée de la Force publique et de la Justice dans ce pays, pour combattre ce phénomène calamiteux de l’enlèvement et de la séquestration des citoyens par les groupes de gangsters, ce sera le boulevard ouvert à la nigériannisation du crime en Guinée.

    Ce n’est ni une affaire de Partis politiques pour ou contre le pouvoir en place, ni une affaire d’hommes riches ou pas riches, c’est l’avenir des investissements et de la sécurité tout court dans le pays, qui est mis en danger.

    Et c’est de cette même façon que les groupes mafieux et terroristes en quete d’argent facile dans l’impunité, se sont donnés les moyens de ruiner leur propre pays au Nigeria, sous les regards impuissants de tout le monde.

    Sans une solution radicale voulue par l’ensemble de nos compatriotes et avec le même son de cloche à N’Zérékoré, Conakry, Kindia, Boké, Labé, Kankan, Faranah et Siguiri, l’avenir s’assombrira dangereusement pour le pays.

    Un crime comme celui-ci, il faut aller dans les feuilletons des films du Nigeria, pour en comprendre le danger et les conséquences pour la sécurité collective et individuelle. Le chacun pour soi devant une pareille situation, serait le meilleur service que le pays rendrait aux réseaux du crime organisé en Guinée.