Guinée : Grogne des femmes au marché central de Faranah

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Nombreuses femmes marchandes de Faranah sont descendues dans la rue ce matin pour protester contre la nouvelle décision de la chambre préfectorale de commerce, d’industrie et d’artisanat ainsi que l’administration du marché central et la mairie. Tel est le constat fait par la rédaction locale Guinéenews© sur place.

La dite décision consiste  à sécuriser à nouveau le marché central de Faranah par la confrérie des chasseurs. Une décision qui est allée au détriment de certaines marchandes dans la nuit de lundi à mardi. Aux environs de 21 heures, les chasseurs se sont installés dans le marché central et aux abords de l’hôpital régional. Après leur installation, ils ont procédé au dégagement des tables des femmes marchandes installées aux abords de l’hôpital et celles de la gare routière de Souleymaniyah dans le quartier Mosquée. Un déguerpissement qui a été très mal digéré par ces femmes marchandes. C’est pour quoi, très tôt ce matin lundi, elles se sont mobilisées dans la rue pour rencontrer le président de la chambre préfectorale de commerce, d’industrie et d’artisanat de Faranah. Dans leurs propos virulents, elles demandent le retour immédiat à leur place initiale et traitent les responsables de la mairie d’« irresponsables » tout en demandant aux chasseurs de retourner en brousse car le marché n’est pas un lieu de chasse.

Reste à savoir aujourd’hui qui a ordonné aux chasseurs de faire déguerpir ces tables ? Aucun responsable de la ville n’assume cette responsabilité. Les uns et les autres  rejettent la balle. Pourtant, les chasseurs ne sont pas venus d’eux-mêmes, affirment-ils. Selon nos informations, la sécurisation du marché par les chasseurs serait un consensus arrêté entre les femmes marchandes et le président de la chambre préfectorale de commerce, les administrateurs du marché et la mairie.

Bon nombre de femmes marchandes affirment avoir payé un montant de 15 000 GNF à cet effet. Force est de reconnaitre que nuitamment, le marché central de Faranah a connu plusieurs cas de vol dans ces derniers temps. Plusieurs boutiques ont été vandalisées. Face à cette insatisfaction collective des femmes, le président de la PCUD (plate-forme nationale des citoyens pour l’unité et le développement) et le président de la chambre préfectorale de commerce se sont mis devant ces femmes dans le marché pour calmer les esprits.

Pour sa part, le président de la chambre préfectorale de commerce, d’industrie et d’artisanat de Faranah, Kombon Camara, affirme n’avoir dit à personne de casser les tables et de limiter la sécurisation dans le marché central surtout se limiter aux abords de la nationale Faranah-Kissidougou.

De son côté, le président de la confrérie des chasseurs, Sifa Saly explique : « Le chasseur est en brousse. Il n’y a jamais eu un tel regroupement de chasseurs. Nous sommes venus sur invitation pour sécuriser les biens des commerçants. On n’est pas venu ici (marché central, ndlr) par ce qu’on est fou. Ce sont les administrateurs du marché qui nous ont dit d’élargir la sécurisation à la gare routière de Souleymaniyah dans le quartier Mosquée. Ils ont mis un guide à notre disposition pour délimiter les lieux à sécuriser. C’est ce guide qui nous a dit de dégager la nuit toutes les tables dans ces lieux. Il nous a indiqués aussi là où il faut mettre ces tables dégagées. Si on n’a pas été appelé, pour quoi venir ? Si le gouvernement nous dit de retourner, on va se retourner. On retourne pour qu’il y ait la paix à Faranah…»

Quant au président de la PCUD à Faranah, Saidou Marega, il a non seulement sensibilisé les femmes mais aussi les chasseurs. Grâce à son intervention que le calme est revenu dans la ville et les femmes se sont reinstallées à leur place initiale.

A noter que depuis que le président Alpha Condé a ordonné de passer le marché aux femmes après la reconstruction par son gouvernement, la gestion de cet édifice public fait couler beaucoup d’encres et salives partout dans la ville. Jusqu’ici, ce marché n’est pas bien occupé par les commerçants. Qu’est ce qui serait à l’origine de ce blocus ? Une question difficile à répondre. Les citoyens dénoncent entre autres, la distribution des boutiques et magasins aux autorités régionales, préfectorales, communales et responsables du parti RPG-rc-en-ciel qui sont loin d’être commerçants, a-t-on appris.