Guinée Forestière : 2046 armes et munitions collectées, enregistrées et stockées

11 août 2017 13:13:57
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De janvier à juillet 2017, le projet CEDEAO-UE sur les armes légères en Guinée a permis de collecter, d’enregistrer et de stocker 2046 armes et munitions dans la région de la Guinée-Forestière. C’est du moins le résultat partiel de ce projet lancé en novembre 2015 en Guinée, et qui pourrait se poursuivre jusqu’à mi-2018.

 

Selon le Coordinateur du projet, monsieur Saikou Sow, ces armes ont été volontairement remises par les détenteurs contre des micros projets de développement communautaire. «On cherche les armes illégales, mais celui qui a son permis de port d’arme, peut librement rendre son arme s’il le veut. La personne peut le faire si elle réalise que la détention de cette arme représente un danger pour elle », a indiqué Saikou Sow.

Mais le projet ne se réalise pas sans difficulté. En raison des tensions communautaires dans la région, certains citoyens dans la région sont réticents à rendre leurs armes. Il y a aussi des détenteurs d’armes qui, au lieu des projets communautaires, posent comme condition le paiement d’une somme d’argent. Face à ces cas de réticence, c’est la sensibilisation sans relâche qui est recommandée.

Déjà, quelque 7324 personnes ont été touchées à travers des causeries éducatives et des portes à portes organisées par les points focaux du projet dans les sept préfectures de la région. Aussi, selon toujours Saikou Sow, 402 personnes ont été directement touchées à travers des sessions de dialogues communautaires organisées par l’équipe du projet dans les préfectures de la zone — N’Zérékoré, Lola, Yomou, Beyla, Macenta, Guéckedou et Kissidougou. Autres résultats : 193 personnes ont été formées sur les thèmes de consolidation de la paix, collecte et transport des armes et violences basées sur le genre ; trois bataillons d’infanterie ( Guéckedou, Macenta et Beyla ) et la portion centrale de la 4ème région militaire de N’Zérékoré ont été dotés de conteneurs sécurisés de stockages d’armes…

 Ces résultats présentés mercredi, au cours de la deuxième réunion technique du Comité technique du projet, ont été félicités par tous. Le général Bambo Fofana, président de la Commission nationale de lutte contre la prolifération et la circulation illicite des armes légères et de petit calibre (COMNAT-ALPC), s’est félicité de ces résultats. Il s’est aussi félicité des recommandations formulées lors de la réunion du comité technique pour une meilleure suite du projet.

L’Ambassadrice de la CEDEAO en Guinée, Liliane Alapini s’est également félicitée de ses premiers résultats. Elle a réitéré le soutien de l’organisation intergouvernementale ouest-africaine à ce projet « CEDEAO-UE sur les armes légères » qui touche également les trois autres pays de la Mano-river Union, deux pays du sahel (Mali et Niger) et le Nigéria.

 Comme l’Ambassadrice de la CEDEAO, les autres partenaires techniques et financiers, notamment l’Union européenne, le PNUD, l’Ambassade d’Allemagne, celle du Japon… ont exprimé leur satisfaction quant à la mise  en œuvre de ce projet qui vise à minimiser la circulation du nombre d’armes en circulation. Pour Lionel Laurens, directeur pays du PNUD, si on doit se féliciter de la mise en œuvre de ce projet en Guinée forestière, c’est parce que  « partout où règne la prolifération des armes légères, il est très difficile de démarrer le développement durable ».

Le projet CEDEAO-UE sur les armes légères vient lutter contre la prolifération et la circulation illicite des armes légères, une des conséquences des décennies de conflits armés dans la sous-région ouest-africaine. La Guinée n’a pas connu des guerres civiles comme ses voisins la Sierra Leone, le Libéria et la Côte d’Ivoire. Mais ces guerres dans les pays limitrophes couplées à l’incursion rebelle de 2001 et aux conflits électoraux ont favorisé entre autres, la circulation illicite des armes légères et les grands trafics. C’est surtout la région forestière, au sud du pays, qui a été touché par le phénomène. Mais à la réunion du Comité technique, des participants ont sollicité que le projet, après sa phase pilote, soit élargi aux autres régions du pays.

Lors de la cérémonie de lancement, le Secrétaire général du ministère de la Défense Nationale, le général de corps d’armées, Aboubacar Sidiki Camara, ‘’Idi Amin’’ a émis le même souhait de voir le projet élargi aux autres régions. La raison invoquée, la recrudescence des groupes armés terroristes au Mali, le passé de la Casamance ( Sénégal)…

  • CONDÉ ABOU

    Bon courage à vous parce qu’il s’agit de toutes façons, d’une bonne cause pour la paix civile dans le pays.

    Mais qu’est-ce qui prouve qu’une bonne partie de ces armes ne viennent pas des pays limitrophes sortis de la guerre civile, Liberia, Sierra Leone, et Côte D’Ivoire particulièrement ?

    Il y a un an, selon l’AFP, un Rapport des Nations Unies avait accusé un ancien chef de la rébellion Ivoirienne d’avoir fait entrer, en 2010-2011, 300 tonnes d’armes dans le pays. Quelle a été la suite de ce Rapport des Nations Unies ?

    Qui a oublié la toute dernière découverte pendant la récente mutinerie en Côte D’Ivoire, d’un dépôt d’armes lourdes, d’obus et de munitions à Bouaké chez un des proches de l’une des premières personnalités de la Côte D’ivoire ? Et qu’est-ce qui en a résulté ?

    Qui sait la quantité d’armes qui viennent des garnisons militaires Libyennes pillées par les groupes Jihadistes pour aller au Nord Mali et dans tout le reste du No man’s land Sahélien ?

    Comment du Nord Nigeria, Boko Haram continue-t-il de s’approvisionner massivement en armes et munitions ? Qui fournit les armes et munitions aux mouvements rebelles dans l’espace CEDEAO ?

    Qui n’a pas suivi ce matin par la Presse Camerounaise et Nigérianne, la tension entre les Nations Unies et l’Armée Nigérianne suite au raid de la nuit dernière (à 2 heures du matin en heures locales) contre un camp des Nations Unies à Maiduguri, où d’après les informations de l’Armée Nigérianne, se cacherait le plus grand criminel du pays, le terroriste Abubakar Shekau, chef de Boko Haram ?

    La CEDEAO ne le sait-elle pas ? Je crains fort que nous ne soyons dans un tonneau des Danaides pour cette histoire de la circulation des armes légères en Guinée, à un moment où les pays de la CEDEAO sont soumis aux contraintes de la libre circulation des personnes et des biens dans tout l’espace Sous régional.
    Y-a-t-il une cohérence entre ces 2 politiques de la CEDEAO (ouverture de toutes les frontières et contrôle de la circulation des armes et munitions) ? Je n’en sais rien du tout.

    Bon courage à vous, mais je ne vois pas du tout comment faire du résultat en Guinée, alors que les armes et munitions continuent d’arriver dans la Sous région et qu’elles ne coûtent même plus cher sur les marchés.

    Elles ne coûtent presque plus rien du tout par rapport aux années 80 et 90, si vous consultez les prix sur internet. Et tout le monde sait, y compris au niveau de la CEDEAO, ce qui se passe dans les réseaux obscurs du commerce illicite de ces armes en Afrique de l’Ouest.

    Si les Nations Unies et la CEDEAO ne s’attaquent pas à la source du problème, en demandant au Conseil de Sécurité un durcissement des sanctions contre tous les pays qui vendent les armes aux groupes terroristes, dans le cadre du renforcement de la Législation internationale, tout en fournissant plus de soutien financier et d’appui aux Services de l’Intelligence des pays comme la Guinée et ses voisins sortis de la guerre civile, je doute fort que l’on arrive à quoi que ce soit d’efficace pour arrêter un si grand phénomène désastreux pour la paix civile et qui continue de fonctionner grâce aux réseaux internationaux obscurs qui en profitent.

    De mon point de vue, le sujet est beaucoup plus compliqué à partir même du niveau Sous régional, qu’il ne parait aujourd’hui en Guinee Forestière.