Guinée : Fin d’une campagne électorale caporalisée à l’excès

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De mémoire, aucun Guinéen n’a jamais vu une campagne électorale au niveau communal caporaliser de cette façon arrogante et inconsidérée les quartiers et les chefs de ces circonscriptions qui sortiront par ricochet de ce scrutin hétéroclite, une invention digne de la combine du 12 octobre 2016 entre Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo.

Ce qu’il faut dire de cette élection, c’est que le mépris affiché pour les quartiers et les chefs de quartier est sans fard, et pour cause : Cette campagne alimentaire ne s’est peu préoccupée des confins des quartiers, mais elle s’est déroulée tapageusement sur les grands axes, dans la circulation, si fait que tous les candidats pour être chef de quartier ne sont pas connus des populations, qui vont choisir leur chef de quartier à l’aveugle en votant pour Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo, Sydia Touré et autres. Si un des leaders connu est coché et élu, ce sera de la commune au quartier. Est-ce une façon d’éliminer les candidats libres, qui n’ont pas les moyens de battre campagne dans tous les quartiers, on ne le dit pas car les « grands partis » aussi n’ont pas les moyens de tout faire dans les quartiers, à voir les habitués des campagnes politiques peu enthousiastes pour ces communales ?

Si les chefs de quartiers sont élus par procuration, il ne reste qu’à attendre leur représentativité aux yeux des populations à la base. S’ils ne répondent pas aux attentes des jeunes et de la majorité des gens du quartier, la collaboration dans les domaines de la sécurité, des malversations et de la salubrité seront compromis. Quand on sait que les vendeurs de drogues résident dans les secteurs des quartiers, les cliniques clandestines aussi.

Est-ce que les services de Tiégboro savent qu’il y a un cabinet dentaire qui se nomme « Cabinet dentaire Le Concasseur » et où il est situé ? Lui qui se plaint du manque de collaboration des quartiers, il aura du pain sur la planche, on n’a pas fini de l’entendre dans ce domaine, à moins qu’il prenne l’initiative de monter une cellule dans chaque quartier, cela lui permettra de raccourcir les choses. Les quartiers une fois structurés pourront faire beaucoup de choses, à condition de responsabiliser les nouveaux chefs et de veiller qu’ils s’investissent à fond pour avoir l’aval des populations à la base. Pour cette fois, le vin est tiré. Attendons de voir ce que cela va donner dans les années à venir.

La question qu’on se pose est de savoir si, en cas de défaillance d’un chef de quartier ou en cas de guéguerre au sein du bureau du quartier ou encore de plainte de la majorité des populations contre un chef de quartier, quelle autorité a le droit de le destituer et de le faire remplacer, par celui qui vient directement après lui suivant la liste du prorata ou suivant le bon vouloir du vainqueur de la commune ou cela relève du ministère de Bourama Condé ?

On s’attend à ce que les responsables des bureaux des différents quartiers, qui proviennent des différents partis politiques, se mettent les bâtons plein dans les roues, puisque tout est fonction de la proportionnelle ou du prorata. Cette cohabitation forcée ou par la force des choses, si elle ne crée pas des troubles partout, c’est que les Guinéens sont devenus matures. Personne ne demanderait mieux. Mais attendons de voir.