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Guinée : enfin un état des lieux général pour une véritable renaissance diplomatique

Si le retour diplomatique de la Guinée sur la scène internationale est déclaré et revendiqué à souhait depuis l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir en décembre 2010, il faut noter que dans les faits, c’est maintenant que l’on aperçoit concrètement les signaux d’un travail sérieux pointés à l’horizon en vue de parvenir à des résultats résilients dans le secteur. En tout cas, c’est ce qu’annonce le compte rendu du conseil des ministres d’hier 22 juillet dont un pan important a été consacré au ministère des Affaires Etrangères et à la relance de la diplomatie du pays.

Pour rappel, selon le document sanctionnant la réunion hebdomadaire de l’exécutif guinéen, tout est parti du Conseil des Ministres du 13 décembre 2018. A l’occasion, « une Commission interministérielle avait été mise en place pour réfléchir sur « la pertinence de l’affiliation de notre pays aux différentes institutions et de définir de nouveaux critères d’adhésion aux organisations internationales », informe le document. Rappelant que « l’objectif étant de rationaliser les affiliations et gérer de manière plus efficiente les ressources allouées à cet effet ».

C’est donc « en application de cette décision, que le Premier Ministre a adressé une lettre circulaire à tous les Ministres pour les inviter à fournir les informations pertinentes sur chacune des organisations et institutions internationales auxquelles leurs Départements sont affiliés », indique le conseil des ministres. Avec des précisions sur « l’importance de l’Organisation ou l’Institution d’affiliation, la présence ou non de cadres guinéens en son sein, le montant des contributions annuelles ainsi que des arriérés dus ».

Etat des lieux du secteur

Dans une communication faite ce jeudi à cet effet, le ministre des affaires étrangères a posé un diagnostic sans précédent de la diplomatie guinéenne dont le fonctionnement n’était visiblement pas mieux que n’importe quel autre domaine de la vie nationale. Avec « le montant consolidé des contributions annuelles non payées à date qui s’élève à 8 896 737 USD et celui des arriérés à 30 495 684 USD », informe le compte-rendu du conseil des ministres. Du moins selon «la situation des paiements effectués au titre des contributions internationales de 2011 à 2020 » faite par le ministre du budget à la demande son collègue des Affaires Etrangères.

Ce qui permet au département en charge des questions diplomatiques d’identifier à ce jour «260 Organisations et Institutions internationales … au titre de l’affiliation de la République de Guinée ». Et de constater que « pour la majorité de ces affiliations, les instruments juridiques ne sont pas disponibles. »

Dans son diagnostic, Dr Ibrahima Khalil Kaba révèle également une sorte de chevauchement des départements ministériels dans leurs adhésions aux institutions. Pour preuve, indique-t-il, « douze Organisations internationales ont plusieurs ministères tutelles à la fois, tandis qu’une trentaine pour lesquelles des cotisations ont été payées n’ont pas de tutelle précise. » Pendant ce temps, toujours selon le compte-rendu du conseil des ministres, « quatre Départements ministériels ont indiqué n’être affiliés à aucune Organisation ou Institution internationale », à savoir les Ministères des Hydrocarbures, de Citoyenneté, de l’Enseignement technique et des Affaires religieuses.

Dans cette contradiction pour ne pas dire confusion, à lire le document, « des demandes de paiement de cotisations ont été faites en faveur d’organisations pour lesquelles aucune information n’est disponible quant aux formalités d’adhésion ». Pire, « des Départements ministériels ont fait des demandes de paiement de cotisations pour des Organisations qu’ils n’ont pas mentionnées sur la liste des Organisations sous leur tutelle. »

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Solutions et perspectives

Face cette situation, lit-on dans le compte-rendu, «se fondant sur ces constats et pour poursuivre le processus, le ministre sollicite des départements ministériels la revue des tableaux fournis en vue… de « confirmer leur tutelle sur les organisations identifiées », « procéder aux corrections nécessaires (oubli, omissions et autres) », et « identifier les organisations sans tutelle précise qui relèvent de leur compétence ».

Au terme de ce processus, « le ministre se propose de soumettre des critères de rationalisation des affiliations », suggérant par ailleurs «que toute nouvelle adhésion à une Organisation internationale soit subordonnée à l’avis préalable du Conseil des Ministres », informe le compte-rendu.

Des propositions qui semblent déjà avoir l’adhésion du gouvernement. En tout cas selon notre compréhension des observations dont il a été question dans les débats qui ont porté sur «la nécessité d’adhérer aux organisations et institutions en fonction de leur pertinence pour notre pays »,  « la Mise en place d’un mécanisme de suivi des contributions » et «la nécessité de favoriser la tenue en Guinée des réunions statutaires des organisations et institutions auxquelles notre pays est affilié ». Sans oublier  «la nécessité de combler le vide juridique concernant l’adhésion des Institutions constitutionnelles de notre pays dans les Organisations Internationales».

Ce n’est pas tout car «le conseil a (certes) félicité le Ministre pour le travail accompli permettant d’avoir à terme, une situation claire et précise de l’appartenance de notre pays aux organisations et institutions internationales ainsi que les propositions de solutions envisagées ». Mais il «a également demandé aux ministres d’examiner et de compléter le cas échéant, les documents soumis par le Ministre des AE, de préciser les tutelles desdites institutions ainsi que leur avis quant à la pertinence d’en rester membre ». Et «de mettre l’occasion à profit pour reconstituer les instruments juridiques d’adhésion ».

Dans le même registre, «le Conseil a ensuite demandé au ministère des AE et à celui du Budget d’envisager de loger les budgets des Organisations au niveau de leurs départements de tutelle technique afin d’en assurer un suivi plus adéquat. Concernant, les organisations à caractère transversal, les budgets resteront logés au niveau du Ministère des AE ».

Un processus méthodique et objectif qui, s’il allait bout et se pérennisait, pourrait aboutir au vrai retour de la Guinée sur la scène internationale !

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