Guinée – Elections : Les communales en chiffres

03 février 2018 17:17:08
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Plus de dix ans après, les Guinéens vont choisir leurs conseillers communaux le 4 février 2018. Si les communales du 18 décembre 2005 n’avaient pas connu assez d’engouement, puisque tout le monde savait que c’est le PUP (parti de l’unite et du progrès) qui allait rafler la grande partie, celles de 2018 connaissent une participation record. Crédit photo : electionsguinee.org.

Guinéenews© s’est intéressé aux chiffres de ces élections, des circonscriptions électorales aux listes de candidature en passant par le budget jusqu’aux conseillers à élire.

Le 4 février, dans 24h exactement, 5.861.385 Guinéens (le nombre d’électeurs) seront aux urnes dans les 342 circonscriptions du pays pour élire pas moins de 7012 conseillers communaux. La ville de Conakry, elle seule, compte 2.412 candidats, selon les statistiques de la CENI publiée le 4 janvier 2018, pour 193 places disponibles. Sur les cinq communes, Matoto et Ratoma ayant plus de conseillers à élire (45 chacune), sont les plus convoitées par les partis politiques et les candidatures indépendantes. Ratoma, qui a connu la participation de 16 listes, enregistre 720 candidatures alors que Matoto, avec ses 17 listes, en a 765.

Concernant le nombre de conseillers à élire pour les 342 circonscriptions, il faut préciser que la commune qui a le plus grand nombre en a 45, alors que la borne inférieure est de 11 conseillers.

Puisqu’il y a 342 circonscriptions, il devrait y avoir 342 commissions administratives de centralisation des votes (CACV). Mais il n’y en que 238, car il n’y a qu’autant de magistrats disponibles sur le terrain. Il y a aussi 342 démembrements de la CENI. Ces démembrements sont appelés CECI (commission électorale communale indépendante), CEPI (commission électorale préfectorale indépendante) et CESPI (commission électorale sous-préfectorale indépendants), selon la zone. Les CECI, de Matoto et de Ratoma comptent 25 membres. Celles des trois autres communes de Conakry en comptent 15 chacune.

A l’intérieur du pays, les CEPI, comptent chacune 15 membres alors que les CESPI en comptent chacune 6.

Quant aux CACV, chacune doit comporter 5 membres. Un président, qui doit être forcément un magistrat, un vice-président, un rapporteur et deux assesseurs tirés au sort dans le lot des partis politiques ou listes indépendantes ayant des candidats dans la circonscription. Le pays étant en manque de magistrats, seulement 238 ont été déployés sur le terrain pour présider les CACV. Ce qui signifie qu’il y a des circonscriptions électorales qui vont avoir une CACV.

Il faut rappeler que pour ces élections, il y a eu 1.337 listes qui ont été enregistrées. Ce qui est une participation record. Il y a 5 circonscriptions ayant une seule liste, 74 circonscriptions ayant 2 listes, 93 circonscriptions ayant 3 listes et 170 circonscriptions ayant plus de 3 listes.

En ce qui concerne les catégories de listes, il y en a trois : 102 listes indépendantes, 1.127 listes présentées par partis politiques et 108 listes présentées par des coalitions des partis politiques.

Pour faire face à l’épineux problème de distribution des cartes d’électeurs, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a formé 2.764 commissions de distribution dont chacune est composée de 82 membres. Quant aux bureaux de vote, on en compte 15.776.

Elections locales, quel intérêt pour les femmes ?

Sur 30.003 candidats pour ces élections, on ne compte que 7.166 femmes, soit 23,88%. A Conakry, c’est encore pire pour les dames. A Ratoma et Matoto, sur les 760 et 765 candidats, respectivement, il n’y a que 207 femmes pour chacune des deux communes. A Ratoma, sur les 45 conseillers, l’UFDG n’a présenté que 14 femmes, alors que le RPG Arc-en-ciel en a présenté 15. À Matoto, chacune de ces formations politiques  a présenté 11 femmes sur 45. Pendant ce temps, la liste du PEDN de Lansana Kouyaté comporte 20 femmes pour Ratoma et 18 pour Matam, mais seulement 5 pour Matoto où le RDIG et l’UDG ont respectivement présenté 20 et 18 femmes.

A Matam et Dixinn, où il y aura 37 conseillers à élire, il y a eu 333 candidats chacune des communes dont 104 femmes pour Matam et 94 pour Dixinn. Le RPG-Arc-en-ciel a présenté 12 femmes à Dixinn et 13 à Matam, alors que l’UFDG n’en a présenté que, respectivement 7 et 9. A Dixinn, seul le parti socialiste (PS) a laissé 18 places sur 37 aux femmes.

Kaloum, la benjamine des communes de Conakry n’a que 29 conseillers à élire. Elle a enregistré 261 candidatures dont 72 femmes. Dans cette circonscription, le RPG Arc-en-ciel a pensé à 10 femmes alors que l’UFDG n’en a que 7.

Pour organiser des élections, il faut de l’argent. Et pour ces communales, il a fallu le décaissement de pas moins de 350 milliards GNF.