Guinée – Elections communales : J- 5. Le calme des rues dissipe les appréhensions

1

Côté circulation, la campagne électorale en cours nous aura, somme toute, étonnés. C’est le cas de le dire !

Lors des élections précédentes, la sécurité routière (police et gendarmerie) a toujours eu de gros soucis à se faire pour canaliser les cortèges et tempérer les ardeurs de nombreux militants lancés avec enthousiasme dans la campagne.

Les rues présentaient alors une physionomie indescriptible. Le bruit, ou pour tout dire, le vacarme était partout. Les processions remontaient le réseau routier dans tous les sens. Des gens étaient accrochés en grappes sur les véhicules, à même le toit, le capot, les portières, jusqu’au… coffre. Tous braillant et chantant à gorge déployée, convaincus de contribuer ainsi à la mobilisation du plus grand nombre d’électeurs possible.

Cette ambiance agi comme une décharge d’adrénaline sur les conducteurs qui sont surexcités et enclins à des comportements à risque. Ils font fi du code de la route et conduisent dangereusement. L’insécurité est totale. Elle le serait encore moins si les motocyclistes ne venaient pas noircir un peu plus le tableau.

Pour cette catégorie d’usagers, la situation est toute autre. Il s’agit surtout de jeunes gens au comportement de matamores pour qui la campagne électorale est l’occasion rêvée de prouver leur talent de motocycliste-acrobate. Avec eux, le spectacle est garanti, le danger aussi. Ils serpentent, slaloment, virevoltent, roulent moteur hurlant, debout, les bras écartés, l’échappement libre, le guidon en l’air. Ils sont deux, trois, voire quatre sur la moto. Une permissivité totale et obligée que personne ne contrarie. Pas le moindre holà !

Qui le pourrait d’ailleurs, dans un tel tumulte ?

Cet état de fait, générateur d’accidents était vécu avec anxiété avant toute élection, jusqu’à ces communales attendues le 4 février.

L’on est soulagé de constater aujourd’hui un réel changement. Depuis l’ouverture de la campagne, la réalité sur le terrain est toute autre, du moins jusqu’à maintenant.

Nos appréhensions, nourries de nombreux a priori, se sont estompées au fil des jours, laissant la place à une surprise agréable. Aucun cas d’accident n’a été enregistré. Et le plus inattendu est que nul incident majeur n’est venu perturber la circulation. Point d’encombrements ou d’embouteillages résultant d’un mouvement de foule, point de violence. Toutes choses auxquelles nous étions confrontés à chaque période électorale.

Pour expliquer ce calme inattendu, une certaine opinion laisse accroire l’idée d’enjeu électoral, d’engouement, de moyens de campagne ou de stratégie des partis en lice. Ces points de vue, s’ils sont à prendre en compte, n’occultent en rien la question qui vient à l’idée :

Serait-ce un signe de bonne santé de notre démocratie naissante ?

On est porté à le croire et c’est tant mieux !

Sans verser dans un optimisme béat, il y a lieu de s’en réjouir et remercier tous les acteurs qui participent à construire ce nouvel état d’esprit chez nos concitoyens.

Le rôle des partis politiques reste déterminant dans la gestion de tous ces événements. Sensibiliser les militants à l’effet de bien se comporter dans la circulation est aussi de leur responsabilité. Ils ont un devoir impérieux de se préoccuper en toutes circonstances des questions de sécurité routière.

Eviter les accidents, surtout en période électorale, augure d’urnes bien remplies, car au final, ne vote que celui qui est vivant et en bonne santé.

Autant agir dans ce sens, pour le meilleur des votes!