Guinée : Crise syndicale, le gouvernement s’interfère

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Que vaut véritablement la constitution guinéenne ?  Toutes les conventions sociales sont en train d’être violées quand elles n’arrangent pas les gouvernants qui naviguent à vue pour mettre les religieux dans leurs petits souliers et en porte-à-faux. C’était prévisible que tous les acteurs et protagonistes de cette affaire imbriquée vont se mettre la corde au cou. Les syndicalistes rétors, les religieux, le gouvernement et les organisations satellites. Ce qu’il faut savoir, c’est que pour les Aboubacar Soumah et autres, reculer signifie la mort subite, mieux vaut tomber en héros qu’en lâches, les enseignants aussi savent de quel côté leur pain est beurré, peut-on les amadouer ? Voilà l’équation, vouloir croiser le fer avec des personnes arrivées à cette extrémité est un manque de vision et encore plus suicidaire. La tentative de laisser pourrir et d’étouffer la situation ne sera pas productive.

Aux moments chauds de la grève, l’on a essayé de monter des cliques et des claques pour discréditer le mouvement de grève. Les centrales syndicales, l’APAE (association des parents d’élèves), un groupe de jeunes élèves et d’autres avaient accès aux médias d’Etat pour renverser la tendance, l’on a essayé de tirer sur les cordes sensibles comme le viol de cette fille, sur celui qui a perdu un œil, hélas, rien n’y a fait, bien au contraire, cela n’a fait que jeter de l’huile sur le feu de la grève. Les enseignants ont vu d’autres instrumentalisations politiques communistes sous le premier régime, ils en sont blasés ; et comme on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps, les marins d’eau douce qui veulent refaire le jeu obsolète pour intimider les requins font fausse route et risquent de faire une autre marche-arrière plus cinglante.

En voulant éviter de faire perdre la face aux têtes mal assurées sur des épaules, ce sont eux qui en pâtiront prochainement. Ceux qu’ils prennent pour interlocuteurs n’ont plus de base, ce sont des généraux sans troupes.

Pour l’apaisement, pour ramener le calme, le gouvernement n’a plus le choix que d’organiser en toute transparence un congrès de l’USTG et du SLECG et laisser libre cour aux syndicalistes. A l’issue duquel congrès électif, il saura qui sera son interlocuteur. Dans la situation actuelle, il est juge et partie en prenant parti pour un camp contre l’autre, un arbitre-joueur.  Le résultat est faux. On se doute de la motivation qui peut être la sienne : Les finances sont moroses et les impératives sont nombreuses. Etre en conclave et expliquer la situation aux syndicalistes, cela pourrait trouver une issue que de faire un tour de force mal luné. Cette politique de l’autruche n’a jamais payé en démocratie. Après les tentatives de piétiner la liberté de la presse, c’est au tour de la liberté syndicale et de grève des travailleurs qui est à l’épreuve sur fond de menace.

Les organisations syndicales internationales et les partenaires sociaux auxquels le gouvernement s’est adressé doivent donner leur avis sur cet imbroglio qui  ne baisse point en tension. Le moins qu’on puisse dire, l’affaire tombe au plus mauvais moment avec ces élections communales en eau dormante.