Grève des enseignants : au lycée Donka, c’est « la peur » qui cause la paralysie

14 février 2018 18:18:11
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A Conakry, capitale guinéenne, la grève des enseignants menée par le syndicaliste ‘’dissident’’ Aboubacar Soumah continue de paralyser les écoles. A quelques mètres du siège du SLECG (Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée), le complexe scolaire public –  lycée et collège Donka –  l’effet Soumah est bien visible. Aucun élève dans l’immeuble qui abrite le collège.

En face, l’immeuble du lycée est quasi vide. Sur les 710 lycéens de l’établissement public – l’un des plus importants de la capitale –, seule une quarantaine est dispersée entre les salles de classe. Faute d’enseignants, certains élèves sont aussitôt repartis (on suppose chez eux). D’autres sont venus un peu plus tard, vers 11 heures, mais sans tenue. En fait, ils n’étaient pas certains qu’il y aurait cours, comme hier et avant-hier. Les enseignants, près de la moitié ne s’est pas rendue à l’école ce mercredi (7 sur 16).

Pour le proviseur, Mme Sangaré Mamadya Camara, la statistique d’aujourd’hui explique « la peur » des enseignants et élèves.

En justifiant le vide par la peur, Mme Sangaré Mamadya Camara n’admet pas l’effet Soumah. « Je ne suis pas syndicaliste, je n’ai rien à voir avec ce qui se passe entre eux… Je sais que les gens ne sont pas venus par peur d’être attaqués par les autres. Pourtant, chacun a la liberté d’adhérer ou non à un syndicat », estime le proviseur.

Même si elle dit ne pas être syndicaliste et qu’elle ne s’intéresse pas à tout ce qui se passe entre les deux groupes opposés du SLECG, le proviseur du lycée Donka appelle Aboubacar Soumah et sa suite à privilégier le dialogue et la paix.