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Grande mosquée Fayçal : à qui le dernier mot, dans le déguerpissement des mendiants ?  

En général, pour tirer les leçons d’une activité menée ou d’une décision prise, il faut toujours un certain temps. Toutefois, il arrive aussi que dans certains cas, les choses se passent différemment et l’événement déclenché ne met pas longtemps à montrer ses effets. Lesquels, à leur tour, laissent entrevoir l’issue finale du processus engagé. Il en est ainsi du déguerpissement des mendiants devant la grande mosquée Fayçal. On se souvient que cette opération est intervenue lundi.

Ce jour dit, tôt le matin, la police a procédé à l’évacuation des mendiants qui avaient squatté les lieux, des années durant, avec toutes les conséquences que cette situation donnait à voir, en termes d’hygiène, de sécurité et d’image. Au lendemain de cette opération, nombreux ont été ceux qui se sont réjouis. Mais, en face, il y a aussi ceux qui n’ont pas apprécié. Parmi eux, on compte beaucoup de sceptiques qui distillent le doute dans les esprits. Pour eux, le squat des lieux est loin de finir. D’ailleurs, s’interrogent-ils, avec un sourire narquois, comment peut-on y mettre fin ? C’est alors qu’on cherche à leur apporter la réplique.  Mais, l’intention ne dure qu’un instant. Aussitôt intériorisée, elle s’estompe soudain et on se ravise. La situation qui prévaut sur le terrain est telle qu’on est, comme dans un réflexe, tenté d’adhérer à leur thèse. Cette dissonance entre mendiants et policiers ou si vous voulez, entre David et Goliath, n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Les mendiants sont comme le roseau de la fable. Ils plient sans rompre. La contrainte qu’on peut leur infliger a ses limites et ils le savent bien. Aussi, certains d’entre eux narguent-ils ceux qui veulent leur faire entendre raison ou leur font du chantage, convaincus qu’ils n’en tireront aucune conséquence, en raison de leur état spécifique. Qui pour les frapper, les garder à vue ou les mettre en prison ?

Ce matin, nous avons parcouru la zone pour les observer et les écouter. Cela a suffi pour nous convaincre qu’il faut encore du temps, de la persévérance et surtout de la fermeté, pour venir à bout de leur résistance passive. Ils mènent leur combat à l’usure. En s’abstenant de toute manifestation violente, il est vrai qu’ils sont incapables de pareil excès, ils font de la résistance larvée. En référence à la formule militaire, la plupart des déguerpis ont choisi la tactique dite ‘’utiliser le terrain’’ ou ‘’c’est le terrain qui commande’’. Pour les mendiants, il faut quitter sans s’éloigner. Ils agissent ainsi, en attendant le moment espéré de retour à leur ancienne place. Et pour beaucoup d’entre eux, cet espoir est permis. C’est ainsi qu’ils se sont éparpillés dans les alentours. Ils sont patients. Le temps joue en leur faveur. C’est pourquoi, ils procèdent par étapes, sans forcer la cadence.  Pour ce faire, ils vont d’abord revenir chaque vendredi devant la mosquée, jusqu’au moment où le ‘’feu de paille’’, bien connu chez nous, va faire son effet et faire fléchir les autorités.

Telle semble être la stratégie définie. En attendant, les mendiants sont éparpillés tout autour de la Grande mosquée. On les voit des deux côtés de l’autoroute, sous la passerelle, sur la route qui mène vers l’ancien abattoir de Coléah, et le long du Niger, de Domino à Lanséboundyi. De même, on indique qu’ils ont été aperçus en grand nombre, la nuit de laylatoul qadr, dans une mosquée à Coléah.

Pour tout dire, les mendiants sont à l’affût, attendant que s’accomplisse leur espoir hypothétique de reprendre leur ancienne place devant la mosquée. Les autorités se doivent d’en tenir compte, pour mieux anticiper et prévenir.

Dans leur grande majorité, les mendiants sont des personnes à mobilité réduite, dépendants d’autrui pour se déplacer et dans le pire des cas, même pour se nourrir. Pour autant, ils ne sont pas des personnes à prendre à la légère ou à rejeter. Loin de là !

Il s’agit d’un problème entier, connu de tous et dont la gestion appartient en premier, aux autorités. On attend d’en connaître la suite. Nous y reviendrons.

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