Fraude électorale : Dalein met les magistrats à l’index et Me Sako réplique

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Les heurts survenus ce jeudi, aux  alentours du principal opposant guinéen situés à Dixinn, auraient provoqué une douzaine de blessés dans ses rangs, selon le décompte de l’UFDG. Interrogé par la presse à son domicile, Cellou Dalein Diallo ne mâche pas ses mots.

« C’est vers eux, qu’on va déposer les recours. Ils ont été utilisés pour changer les résultats issus des urnes. Peut-on leur faire confiance ? Objectivement, non. Nous avons, par exemple, fait la centralisation. A Matam, j’avoue que le RPG était légèrement en avance. L’UFDG, 14 023 voix. Et le RPG, 14 123 voix. C’est sur la base des PV. Mais ils ont décidé d’écarter 81 PV pour que l’UFDG tombe à 8 000 voix. Ça, c’est le jeu des magistrats, choisis pour présider les CACV. Il y a une magouille extraordinaire. Nous n’avons pas l’intention, ni la force d’imposer des résultats.

Nous n’avons pas appelé à la violence mais nous avons dit aux citoyens de défendre leur droit. Mais est-ce une raison pour envoyer une expédition pour attaquer ma résidence et me demander de quitter ici ? Cela est inacceptable et indécent. Je n’aime pas parler de cela. Je suis un républicain. Tous les guinéens sont égaux en droit et en devoir devant la loi. C’est honteux que la campagne se fasse ainsi. C’est le peuple, qui décide. Tu peux te présenter où tu veux. Si la majorité te choisit, tu dois diriger la nation, l’assemblée nationale. Il faut que le président de la république, qui est le garant de l’unité nationale, soit sévère vis-à-vis des gens qui tiennent des discours ethnicistes. Sinon, demain, les conséquences seront gravissimes…. Si nous avons choisi la démocratie, nous devons laisser les guinéens choisir librement leur dirigeant. On n’importe pas les candidats.

Il n’est pas du ressort des CACV d’annuler les suffrages. C’est une violation de la loi. La CENI a même invité les CACV à réintégrer les suffrages illégalement annulés, ils ont catégoriquement refusé. Le gouvernement a fait pression sur les CACV pour leur dire de diffuser les résultats sans tenir compte de la directive de la CENI. Sinon, face à cette question, la CENI a pris sa responsabilité en rédigeant un communiqué. C’est tout comme la directive limitation des procurations à cinq par bureau. Là aussi, ils ont systématiquement refusé. Dans quel pays sommes- nous ? ».

Dans un communiqué relayé par la cellule du gouvernement, le ministre de la justice a, quant à lui, a démenti toute ingérence des magistrats dans la centralisation des résultats. Ils ont fait plutôt preuve « d’impartialité et de neutralité ».

A en croire au ministre Cheick Sako, les magistrats n’ont fait qu’écarter quelques votes provisoirement qui seront soumis aux contentieux après la proclamation définitive  des résultats pour être tranchés par la voix légale, a-t-il encore martelé.

Tout auteur de violence post-électorale répondra devant la loi, a-t-il enfin menacé.