Force G-5 du Sahel : quid de la quête des fonds à l’ONU ?

29 septembre 2017 15:15:47
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On se demandera toujours si les dirigeants africains sont assez lucides pour entrés dans l’histoire. Parce qu’ils en font un peu trop très gauchement par manque de vision, par aveuglement, dirait-on, même le second cas est pire que le premier.

Faisant la sourde oreille et l’aveugle, ignorant éperdument les avertissements de Donald Trump, complètement recroquevillé et renfermé sur son caractère primitif de « picsou » vis-à-vis de toutes les organisations internationales qui ne vivent et ne fonctionnent que par les contributions de l’ONU dont les USA sont les plus grands contributeurs comme l’OTAN , faisant fi de l’urgence de la situation internationale explosive qui préoccupe le président américain et les autres pour leur propre sécurité et auto-défense, les trois mousquetaires, qui sont quatre, les chefs d’Etat du Mali, du Niger, de la Mauritanie et du Burkina sont allés faire la manche à l’ONU.

Le cinquième, se sachant dans le collimateur de Donald Trump pour son manque de collaboration dans la lutte contre le terrorisme, n’avait pas fait le déplacement pour essuyer les invectives de Trump et pour faire faire chou blanc aux quatre autres.

Ce qu’il faut en outre dire dans cette affaire, c’est que rien n’était favorable pour une levée de fonds en faveur de cette armée du G-5 du Sahel. D’abord, les Américains et les Britanniques pensent que c’est une affaire qui concerne strictement la France : en dépit de la MINUSMA qui est la Mission des Nations-Unies pour le Mali, il y a Barkhane qui est une force française. Pourquoi vouloir en rajouter une autre force, quand la coordination défectueuse et aussi la rivalité des commandements entre la MINUSMA et Barkhane les exposent aux djihadistes.

Les 420 millions d’euros nécessaires ne sont que pour mettre sur pied cette force, qu’en sera-t-il de l’opérationnalisation et de l’entretien dans le long terme ? Et si la France, la « marraine » ne met que 8 millions sur la table et que chacun des concernés ne met que 10 millions et l’UE ne met que 80 millions, (c’est ça ?), le manque à gagner est énorme.

Mais monter une armée de défense commune à cinq pays du Sahel sur une base aussi aléatoire et hasardeuse, sur la mendicité et demander ou exiger une ou deux places au Conseil de Sécurité de l’ONU. Il faut ne jamais vouloir entrer dans l’histoire pour se le targuer. Les autres pouvaient le faire, mais c’est au tour ingrat de Alpha Condé de le faire pour que ses partisans sans visions applaudissent à tout rompre de cette bévue historique. Le jour où l’Afrique sortirait de toutes les dépendances, elle aurait sa légitimité d’avoir sa place au Conseil de Sécurité, pas quand elle tend la manche même pour organiser des élections. Comment pourrait-elle être impartiale et neutre, si elle mange dans le râtelier de ceux qui la financent ? Comment l’Afrique pourrait siéger tranquillement au Conseil de Sécurité, si dans tous ses arrières il y a troubles et génocides ?

La délégation de charité qui est allée tendre la sébile à la sortie de l’ONU est restée muette sur les millions qui ont été engrangés, à moins que ce ne soit que des choux blancs.

Si cela n’est pas connu de tout le monde, il pourrait y avoir bisbille à ce sujet, puisque Idriss Deby qui a tout mis dans la MINUSMA, est fauché comme Job et Diogène réunis, il n’avait pas fait le déplacement à l’ONU par manque de transport, c’est en tout cas ce qu’il a fait entendre à Emmanuel Macron, selon nos chers amis de RFI.

Et comme les terroristes ont appris que la délégation du G-5 reviendra bredouille de New York, ils ont fait des attaques préventives et anticipées loin de la MINUSMA et de Barkhane. Les services de sécurité des pays n’y ont vu que du feu…

Sans le financement escompté, le compte de la force du G-5 s’en ira à la mer, comme le conte de Bouki ?