Faranah: flambée des prix des denrées de première nécessité

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C’est la première fois qu’à Faranah, le prix d’un kilogramme de riz atteint 7.000 FG ou 7.500 FG par endroits pendant la période propice de la récolte. Il n’y a pas un prix fixe de cet aliment de base des populations. Chaque vendeuse fixe son prix selon la qualité. Une situation qui met aujourd’hui les chefs de famille dans une situation plutôt inconfortable. Et l’on peut dire qu’il y a un réel risque de  famine dans les jours à venir dans la ville qui a vu naître le premier président de la Guinée indépendante. Ce qui, du coup, amène les citoyens à préparer la période de soudure, en gardant le riz dans les magasins. Pour beaucoup d’observateurs, le riz va disparaître dans quelques mois. La campagne agricole de 2017, on le sait, a été catastrophique dans la région de Faranah à cause notamment de l’arrêt brusque des pluies en plein hivernage.

Face à cette flambée les prix des denrées de première nécessité, de surcroît pendant la période de récolte, les populations de Faranah ne savent plus à quel saint se vouer. Le prix du riz et celui du fonio, leurs aliments de base, connaissent une montée vertigineuse. Sans oublier le poisson, le sucre, la farine et autres biens de grande consommation. Alors, qu’allons-nous faire du slogan si cher au gouvernement du Pr. Alpha Condé, ‘’Consommons guinéen ou consommons ce que nous produisons’’ ?  Pourquoi cette montée des prix ? Quelles sont les raisons de cette anarchie sur nos marchés ? Comment passer cette saison ? Comment feront ceux qui ont beaucoup d’enfants ? Que pouvons-nous acheter au marché pour que la famille mange bien et à suffisance ? Quelles sont les mesures prises par les autorités pour trouver une solution à ce problème ? Ce sont entre autres des questions que bon nombre de citoyens ne cessent se poser à longueur de journée. Mais des questions difficiles à répondre par le bas peuple.

Certaines femmes rencontrées au grand marché de Faranah ne cachent pas leurs préoccupations. C’est le cas de Fatoumata, une consommatrice du quartier Sirikoleny II, qui dit haut et fort que tout est cher au marché central, même les produits agricoles de chez nous. « 4 ou 5 piments pour 1000fg. On ne sait comment faire. L’argent que les maris donnent est insuffisant. Nous les femmes, on se bat comme des lionnes pour augmenter la dépense afin que nos enfants mangent. L’argent se gagne difficilement de nos jours. Je demande aux dirigeants de venir à notre secours en mettant de l’ordre dans la fixation des prix sur le marché », indique-t-elle.

Mariam, une autre consommatrice, abonde dans le même sens :  « le prix d’un kilogramme de fonio est passé de 6.500 FG à 8.000 FG ; l’arachide de 5.000 FG à 6.500 FG ». Il en est de même pour un bidon de 20 litres  d’huile d’arachide qui est passé de 220.000 FG à 235 000 FG. Un sac de sucre de 50kg se vend à 350.000 FG, 1kg de riz du pays non étuvé entre 5.000 FG et  7.500 FG par endroits, pour ne citer que ceux-là.

Quant à Aminata, elle est vendeuse ambulante de poissons frais. Elle explique : « nous ne sommes que de pauvres et simples vendeuses. Il y a une insuffisance de frigos (chambres froides) pour les femmes à Faranah. Les frigoristes nous taxent et nous aussi, nous sommes obligées de répercuter toutes nos charges sur le prix de vente. »

Très mecontents, certains citoyens ne veulent plus s’exprimer au micro pour la simple raison qu’ils font régulièrement des communications sur la cherté des prix mais aucune mesure n’est prise et rien ne change. Selon eux, ce n’est plus la peine de se fatiguer par une déclaration quelconque.

Il y en a qui vont jusqu’à regretter le régime révolutionnaire de Sékou Touré dont les décisions étaient respectées  à la lettre par tous les commerçants aux quatre coins du pays. Les produits agricoles étant devenus trop chers pour le commun des consommateurs, une implication conséquente des autorités serait vraiment salutaire.