Exclusion de Soumah et Cie du SLECG: réaction du député Deen Touré de l’UFR

23 janvier 2018 16:16:18
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Après Aboubacar Soumah du SLECG (syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée) et compagnie qui ont été déclarés ‘’exclus’’ du mouvement syndical, c’était au tour de Abdoulaye Portos Diallo, secrétaire administratif dudit syndicat de voir son salaire suspendu. Cette décision a suscité des réactions au niveau des acteurs sociopolitiques comme c’est le cas de Dr Deen Touré, président de l’alliance républicaine à l’Assemblée nationale qui a cru devoir s’exprimer sur ce sujet au micro de Guinéenews.

«Je vous informe que moi-même, j’ai été enseignant. J’ai été pendant dix ans professeur tutélaire de CERE en faculté de médecine de 1975-1987. Donc, je sais comment le système marche. A mon avis, pour qu’il y ait une grève dans le système éducatif, il faut une entente, il faut que la cause de la grève soit partagée. Sinon, on ne peut pas parler de grève. Autre chose, les responsables dans un syndicat de l’éducation sont élus, mais ce sont des gens qui ont déjà montré leur aptitude à travailler pour les autres, à faire un peu un don de soi. Et pour qu’en plus de cela, on puisse prendre son temps pour faire autre chose, il faut un sacrifice. Donc, il y a une façon d’arriver-là et  il y a une façon aussi d’être démis. Si on ne passe pas par ces méthodes, alors personne n’a le droit de démettre quelqu’un. S’agissant du communiqué lu par Louis M’Bemba Soumah, je ne sais pas si c’est cela respecte leur règlement intérieur, mais j’avoue que dans ma perception personnelle, je n’ai jamais vu Aboubacar Soumah, si n’est pas ses photos sur Internet, mais j’ai vu que le mouvement de grève qu’il a déclenchée a pu être suivi et l’a constaté physiquement. Si cela a pu se faire au tour d’une personne, à mon avis, il faut en ce moment considérer cette personne d’une certaine manière. Il faut privilégier le débat. Je disais récemment sur une radio que si on a sorti Mandela de prison, c’est parce qu’il était en prison déjà, mais son effet était senti dans la rue. Et Frédéric  Declerc s’est dit, s’il peut cela même étant en prison, il peut autre chose aussi. Puis il y a eu la négociation. Je pense qu’il faut privilégier la négociation. Il faut que l’autorité comprenne que c’est de cette manière qu’il faut procéder pour sortir de cette crise », a souhaité Dr Deen Touré.

Pour le député de l’Union des Forces Républicaines UFR, le président de la République qui a été enseignant pendant plusieurs années  saura prendre la mesure de cela pour le bien du pays. «En tout cas, personne n’a intérêt à déstabiliser la Guinée. Nous voulons tous construire ce pays », a-t-il souligné.

Concluant sur la l’exclusion du syndicaliste Aboubacar Soumah, la perception du président de l’alliance républicaines est claire : « ma perception de dire qu’Aboubacar Soumah est exclu, je ne sais pas ce que dit leur règlement intérieur, mais dans l’enseignement, tel que je l’ai pratiqué en tant qu’enseignant dans le temps, cela ne se passe pas de cette manière

Faut-il le rappeler, dans une déclaration rendue publique hier mercredi, les bureaux exécutifs nationaux de l’Union Syndicale des Travailleurs de Guinée (USTG) et du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée SLECG ont annoncé l’exclusion définitive d’Aboubacar Soumah et ses alliés de toute activité du SLECG.

Et depuis, rien ne va plus entre les bureaux exécutifs nationaux de l’USTG, la centrale-mère du SLECG et Aboubacar Soumah et Cie.  Ces derniers ne reconnaissent pas leur exclusion,  qu’ils considèrent comme nulle et non avenue.  Dans une déclaration faite récemment,  le meneur de la dernière grève des enseignants accuse les hauts responsables du SLECG d’être à la solde du gouvernement et d’agir à l’encontre de la volonté de la base. Une attitude face à laquelle il ne compte pas baisser les bras.