Exclusif : les secrets de la visite de Faure Eyadema à Conakry et de Tibou Kamara à Lomé

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On en sait un peu pourquoi le président Togolais, Faure Gnassingbé Eyadema, effectue une visite officielle à Conakry. Selon une source bien informée, l’hôte du président Alpha Condé serait en Guinée pour se pencher ensemble sur la crise politique qui prévaut en Guinée Bissau depuis Août 2015.

La raison est toute simple. C’est que l’un intervient en sa qualité de médiateur dans la crise politique en Guinée Bissau, alors que l’autre, c’est en sa qualité du président en exercice de la CEDEAO. C’est, justement, la raison de la présence de leur homologue Bissau-Guinéen, José Mario Vaz, à Conakry.

Pour rappel, la Guinée-Bissau traverse une crise politique majeure, depuis le limogeage en août 2015 par le président Vaz de son Premier ministre, Domingos Simoes Pereira, nommé en juin 2014.

Lors du précédent sommet de l’Union Africaine (UA) à Addis-Abeba, la CEDEAO avait, fermement, donné à Bissau, jusqu’au 31 janvier, pour nommer un Premier ministre consensuel. Accusé de lenteur, le président Vas a finalement cédé, en nommant mardi soir un nouveau Premier ministre, Augusto Antonio Artur Da Silva. Celui-ci se chargera d’organiser des élections législatives très bientôt.

Outre cette crise, il n’est pas exclu que le président Condé ait des discussions avec son hôte Togolais, ne serait-ce qu’à titre privé, pour parler de la situation politique qui prévaut à Lomé. C’est dans ce cadre d’ailleurs, que le ministre ghanéen de la sécurité nationale, Kan- Dapaah, et le conseiller personnel du chef de l’Etat guinéen, Tibou Kamara, ont effectué une visite à Lomé le 31 janvier.

Au cours de ce voyage, ces deux personnalités, mandatées par leur président respectif, ont eu des consultations avec le gouvernement et la coalition des 14 partis du Togo. Pour Tibou Kamara, c’est sa deuxième fois de passer à Lomé. En novembre également, il avait été mandaté par le président Alpha Condé de se rendre à Lomé pour engager des discussions entre le pourvoir et son opposition.

La bonne nouvelle, cette fois-ci, c’est que dans un communiqué de presse, pouvoir et opposition ont finalement accepté de se retrouver autour d’une table, le 15 février à Lomé, pour évacuer leur différend.

Le pouvoir a déjà satisfait certains préalables. Mais les plus sensibles sont inscrits au menu du dialogue.

Depuis août 2015, à l’appel d’une coalition de quatorze partis d’opposition, les Togolais multiplient les manifestations de rue, à Lomé comme dans les grandes villes, pour réclamer la limitation du nombre du mandat présidentiel à deux sans effet rétroactif et le départ de Faure Gnassingbe du pouvoir.

Mais grâce aux bons offices de Conakry et d’Accra, la crise Togolaise pourrait arriver à son terme. Tant les consultations menées par les émissaires des médiateurs guinéens et ghanéens semblent fructueuses.

D’après les deux délégués des médiateurs guinéens et ghanéens, les principaux protagonistes de la crise togolaise se sont convenus de mettre les manifestations de rue en veilleuse, durant tout le dialogue.