Exclusif : L’administration Trump confirme son opposition à un 3ème mandat en Guinée

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« Nous nous opposons à des révisions de constitution pour se maintenir au pouvoir… »

L’administration Trump n’est pas favorable à un 3ème mandat en Guinée, tout comme, partout ailleurs et n’encourage pas d’une modification de la constitution, à cet effet.

Elle considère que la modification de la Constitution a été, à la source de nombreux conflits, de par le passé.

Comme jusqu’à ce jour, l’intéressé lui-même, le président Alpha Condé, n’a pas  dit, si oui ou non, il comptait briguer un troisième mandat, alors c’est à une réponse ‘’ très prudente et très diplomatique ‘’, que  nous avons eu droit,  quand nous avons contacté, le bureau du Sous-secrétaire d’Etat américain, chargé des affaires Africaines,  par intérim, Donald  Y. Yamamoto.

Ce n’était pas la première fois que le gouvernement américain se prononçait sur le sujet.

L’on se rappelle, que l’ambassadeur des États Unis en Guinée, Dennis B. Hankins, – nommé par l’administration Démocrate, du président Barack Obama, avait été le premier à se déclarer contre une éventuelle révision de la Constitution, en la matière.

L’interview a été réalisée à la faveur de la rencontre à Washington entre le secrétaire d’État, Rex Tillerson et les ministres des affaires étrangères de 37 pays africains.

Qu’arrivera-t-il donc quand le président Alpha Condé qui teste le terrain actuellement, décidera de se porter candidat ?

En attendant d’avoir une réponse à cela, le bureau du secrétaire Don Yamamoto, a répondu, à certaines de nos questions. Lisez plutôt :

Guinéenews© : L’Afrique n’a pas du tout été une priorité pour cette nouvelle administration. Le président Trump a rencontré et parlé au téléphone à des dirigeants du monde entier à la Maison Blanche, à l’exception de quelques dirigeants africains, lors de l’Assemblée générale de l’ONU). Pendant ce temps, la Chine poursuit, son expansion et solidifie ses liens avec le continent ? Votre point de vue sur cela ?

L’Afrique est une priorité pour cette administration comme en témoigne la réunion du président (Trump) avec un groupe de dirigeants africains en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies et la réunion ministérielle du Secrétaire avec 37 pays africains et l’Union africaine, le 17 novembre. Nous prévoyons une visite de plusieurs dirigeants du Département d’Etat au cours des six prochains mois.

Guinéenews© : L’administration Trump réduit le financement de l’USAID et du Département d’Etat. Cela va-t-il affecter différentes initiatives ou programmes pour lutter contre l’épidémie Ebola ?

Nous continuons à soutenir le programme de sécurité sanitaire mondiale (Global Health Security) en utilisant les 72,5 millions de dollars restants des fonds «Ebola Supplemental» , de l’exercice fiscal 2015, ce qui va en ligne droite du programme de soutien pour la sécurité sanitaire mondiale, dans les programmes de développement, à partir des niveaux de 2016. Le solde restant du programme de riposte à l »épidémie du virus Ebola, constitue une source de financement appropriée pour les programmes dont l’objectif est de prévenir et de contenir les flambées futures de maladies existantes ou nouvelles.

La programmation de ces fonds , permettra au gouvernement américain, en partenariat avec d’autres nations, organisations internationales, et partenaires publics et privés, de prévenir les épidémies  prevenables , qui pourraient se propager aux États-Unis, détecter les menaces très tôt, et réagir rapidement et efficacement aux épidémies. afin de les empêcher de devenir des pandémies mondiales.

Le budget vise à accroître l’efficacité du programme et faire un effet de levier des ressources existantes. Le financement permettra de soutenir durablement la sécurité sanitaire mondiale et de mettre en place des systèmes nationaux pour prévenir, détecter et répondre aux menaces émergentes qui pèsent sur les populations américaines.

Guinéenews© : Soutenez-vous des changements dans la Constitution en Guinée pour permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat ?

Les États-Unis sont convaincus que des transitions pacifiques du pouvoir à la suite de véritables élections garantissant la libre expression de la volonté du peuple sont essentielles pour des démocraties fortes.

Les efforts déployés par les  présidents sortants, pour  se maintenir au pouvoir au-delà des limites légales, ne font qu’affaiblir les institutions démocratiques. Les pays d’Afrique, y compris la Guinée, ont établi des constitutions, qui créent des limites de mandats. Nous soutenons le respect de ces constitutions.

La position américaine est cohérente. Nous nous opposons à des changements de constitution, destinés à favoriser le leader politique en place. Cela a été notre position dans toute l’Afrique, y compris au Rwanda.

En Guinée spécifiquement, le président Condé a moins de deux ans dans son deuxième mandat quinquennal. Bien que certaines personnes liées à la présidence, aient parlé de la question, le président n’a jamais parlé d’un troisième mandat.

Interview réalisée par Mouctar Baldé membre du Foreign Press Association.