Elevage: la maladie qui est en train de ravager les volailles à Ditinn, est une peste aviaire (officiel)

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On en sait un peu plus sur la maladie qui est en train de décimer les volailles dans une ferme à Ditinn, une sous-préfecture de Dalaba.  En tout cas, une mission de la direction préfectorale de l’élevage de Dalaba dépêchée sur les lieux, atteste qu’il s’agit d’une peste aviaire encore appelée la maladie de Newcastle. Déjà en seulement 48 heures, elle a tué environ 852 volailles.

Sur place, la mission, composée du Directeur préfectoral de l’élevage, de son adjoint ainsi que de trois médecins  de l’Institut Supérieur des Sciences et de médecine vétérinaire de Dalaba, à travers un interrogatoire du propriétaire de la ferme et le diagnostic des symptômes, a ainsi situé l’origine de la maladie, a-t-on appris.

Selon ces spécialistes, la maladie se manifeste par une septicémie brutale avec une forte fièvre, perte d’appétit, forte soif, plumes hérissées, dos rond, troubles respiratoires et nerveux. Il n’y a pas de traitement, mais il existe des vaccins, nous précise-t-on.

Comment la maladie est survenue dans la ferme ?

«C’est suite à l’erreur du plan prophylactique délivré par mon fournisseur des poussins que cette maladie est apparue dans ma ferme. J’ai acheté mes poussins de l’espèce Hisex des poulettes à œufs produit par des chinois basés à Koba-Conakry. Sur le plan prophylactique, ils ont indiqué l’administration du vaccin Imopexe au 105ème jour. Normalement, le vaccin doit être administré au 55ème jour. Et au lieu d’une fois comme noté dans le plan, les poussins doivent être vaccinés deux fois », a expliqué Mamadou Samba Camara, le propriétaire de ladite ferme avicole.

En termes de perte, M. Camara récapitule : « j’ai perdu 850 volailles qui ont été achetés à 6500 gnf, l’unité. Leur transport jusqu’à Ditinn m’a couté 600 mille francs. J’ai dépensé pour les vaccins et les antibiotiques à 1 million 500 mille francs et 10 million 993 mille 750 francs pour leur alimentation. Le total de la perte s’élève à 32 millions 993 mille 750 francs », précise t-il.

La victime nous a confiés qu’il a joint Dr Boiro, le vendeur des poussins pour l’informer de la situation provoquée par suite d’une erreur sur le plan prophylactique. A l’en croire, il a reçu de ce dernier des mots de consolation avant de mettre cette perte pour le compte du destin. .

A rappeler que ce n’est pas la première décimation des volailles à Ditinn. En 2015, dans cette même localité, Hadja Fanta et Barry boulanger tous propriétaires de fermes, avaient été victimes de la situation fâcheuse.

  • CONDÉ ABOU

    Quel probleme de destin ou de hasard, y-a-t-il dans ce desastre ? C’est une très mauvaise nouvelle pour l’économie nationale.

    En l’absence d’une mobilisation nationale, pour ne pas dire Sous – régionale en urgence pour contenir cette peste aviaire, c’est tout le secteur de la volaille en Guinée, y compris beaucoup d’emplois qui risquent d’être détruits en un temps record.

    Les spécialistes disent que sa mortalité peut atteindre 100% et très vite. Selon eux, l’on doit absolument envisager la peste aviaire lorsque l’on constate les symptômes suivants chez la volaille:

    Beaucoup de pertes subites sans symptômes cliniques (supérieur à 15% d’un troupeau en un jour). Plumage hirsute, apathie, inappétence. Fièvre élevée, symptômes respiratoires (détresse respiratoire, éternuements, toux, écoulements oculaires et du bec), oedèmes à la tête, au cou, à la crête, aux barbillons et aux pattes ou cyanose de la crête et des barbillons peuvent apparaître.

    De même, des troubles de la posture anormale de la tête, une démarche non coordonnée et une diarrhée aqueuse muqueuse, de couleur verdâtre peuvent aussi survenir chez la volaille.
    On observe une chute de la ponte, les coquilles sont fines voire inexistantes.

    Vivement, une mobilisation nationale en urgence, pour sauver l’aviculture en Guinee, et les promoteurs du secteur privé qui ont dû mettre des sommes colossales dans le financement des investissements et des fonds de roulement dans un secteur à tres haut risque. Il y a danger pour le pays.