Education : les échos de la grève des enseignants à l’intérieur du pays

14 février 2018 20:20:23
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Le système éducatif guinéen continue de payer le prix de la grève générale et illimitée déclenchée en début de semaine sur l’ensemble du territoire national par la branche dissidente du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (Slecg).

-Boké

En ce mercredi 14 février 2018, la situation reste identique à celle des deux premières journées dans la commune urbaine de Boké et environnants où les classes restent toujours fermées.

« A proprement parler, il n’ya pas eu de  cours ce mercredi dans les écoles à Bokė », témoigne le Directeur préfectoral intérimaire de l’Education, Ahmadou Soumah qui, toutefois, déclare avoir donné de fermes consignes aux directeurs sous-préfectoraux de l’Education (DSE) de continuer à sensibiliser les enseignants en vue de la reprise des cours.

-Kamsar

Pour le cas précis de la sous-préfecture de Kamsar, une source nous indique que les élèves de la banlieue menacent leurs camarades de la cité, qui seraient en train d’étudier dans la clandestinité dans certaines écoles privées établies de la place.

Aussi, au niveau des institutions d’enseignement technique et de formation professionnelle, le constat de notre correspondant révèle la même paralysie. Notamment  à  l’Ecole normale des instituteurs  (ENI), le Centre de formation professionnelle (Cfp) et l’Ecole des soins de santé communautaire.

-Kissidougou

Dans cette localité, la situation est pareille : le mot d’ordre de grève a été largement suivi contrairement aux deux précédentes journées de l’appel à la grève lancé lundi 12 février 2018 par le SLECG.

Une ‘‘réussite’’ qui est saluée à sa juste valeur par le secrétaire général du Syndicat local des enseignants, Alpha Oumar Barry.

-Kankan

Au même moment à Kankan, c’est le statuquo : les activités pédagogiques se déroulent dans tous les établissements scolaires publics sur et privés de la ville. Et tout se passe sans aucun incident.

-Fria

Le mot d’ordre reste largement suivi dans la cité d’alumine. Du lycée Cabral en passant par le lycée Tito, de même que les écoles élémentaires Katourou 2 et Gandhi qui constituent les plus grands établissements de la commune urbaine, élèves et enseignants ont déserté les écoles.

-Tougué

Là également, le mot d’ordre de grève est suivi à la lettre. Mais avant, la grève n’a été observée que partiellement les jours précédents. Ce, malgré l’invite des autorités éducatives à ne pas suivre le mouvement.

-Labé

C’est la même réalité à Labé où, en marge des manifestations enregistrées au premier jour, les écoles de la commune urbaine restent fermées depuis mardi jusqu’à ce jour. Et pour cause, Elèves et encadreurs ont préféré briller par leur absence notoire en attendant que la crise ne trouve son épilogue.

«La préfecture de Labé a largement observé le mot d’ordre de grève. Nous nous en félicitons et nous encourageons les enseignants et enseignantes à la poursuite de la grève jusqu’à la satisfaction de nos revendications légitime», en a appelé Alpha Mamadou Cellou Diallo,  secrétaire chargé à la communication du Slecg préfectoral de Labé.

Pour sa part, Mme Pierrette Toupou, inspectrice régionale de l’Education, a déploré le fait que les enfants soient des victimes des dommages collatéraux de ce mouvement de protestation. «Ils réclament bien sûr le droit des enseignants. Mais après tout, il y a aussi le droit des enfants qui est bafoué ; c’est-à-dire, le droit à l’éducation. Moi, je pense que les enfants ne doivent payer ce prix» déplore-t-elle.

-Kouroussa

A Kouroussa, ce mercredi 14 février 2018, le mot d’ordre de grève a été suivi.  A 8h 47 au lycée Amilcar Cabral et au collège Soundiata Keita, le correspondant local de Guineenews fait mention de l’absence du corps enseignant dans les salles de classe. Toutefois, des élèves étaient au rendez-vous et amassés dans la cour des différents établissements. Même constat au niveau des écoles élémentaires du Hamana. Toujours est-il que dans certains établissements privés, les cours se sont plus ou moins bien déroulés, notamment avec la présence de quelques professeur et enseignant.

-N’Zérékoré

A N’Zérékoré, comme les précédents jours, les classes sont encore restées fermées ce mercredi. Et les quelques enseignants approchés par nos soins ont déclaré ont déclaré qu’ils ne reprendront point les cours tant qu’il n’y a pas de consensus entre le gouvernement et le Syndicat censé défendre leur cause.

-Kérouané

A Kérouané aussi, les écoles publiques sont restées  toujours fermées malgré la négociation entamée dans la soirée du mardi par Bachir Diallo, le numéro 1 de l’Education scolaire avec les enseignants et professeurs grévistes  afin qu’ils puissent reprendre les cours après deux jours de perturbation. Une implication qui n’a pas  produit d’effet escompté au regard des multiples tentatives de menaces et d’intimidations.

Ce mercredi les écoles publiques n’ont enregistré la présence d’aucun enseignant, encore moins d’élèves. Cependant, certaines écoles privées ont ouvert leurs portes même sans grande affluence.

Les enseignants interrogés par notre correspondant ont réitéré leur engagement à poursuivre le combat jusqu’à la satisfaction des points énumérés dans la plateforme revendicative de leur structure originelle sous la conduite d’Aboubacar Soumah.

-Siguiri

A Siguiri, face au suivi du mot d’ordre de grève, le préfet de Siguiri a convoqué une réunion de circonstance à la faveur de laquelle il a convié tous les enseignants et responsables des écoles.

Pour la circonstance, Ibrahima Kalil Keita a plaidé les enseignants à rejoindre les classes ce jeudi.

«Ayez pitié des enfants, et nous vous plaidons de rejoindre les classes. Car, il y’a des parents qui paient la scolarité de leurs enfants. Et cette situation ne leur est pas favorable», a-t-il prêché.

Mais l’ancien vice-président de la Commission électorale nationale indépendante n’a-t-il pas prêché sur le désert ? La question mérite bien d’être posée, puisqu’à lire dans le visage des enseignants, rien n’augure une éventuelle décrispation de la situation sitôt.

-Lélouma 

A Lélouma, il ressort du tour effectué dans les écoles de notre reporter que la grève reste suivie au chef-lieu de la préfecture. Les concessions scolaires sont restées fermées. Dans la cité, les uns s’interrogent sur le sort des élèves cette année, alors que les autres se demandent à quand la fin de cet imbroglio entretenu par les pouvoirs publics, dit-on.