Education : Les échecs dans les réformes dont personne ne parle

0

Pour adopter une réforme dans un système éducatif, si médiocre qu’il soit, il ne faut jamais confondre vitesse et précipitation.  Tel n’est pas le cas en Guinée. Les réformes se font au pifomètre de celui qui fait une trouvaille. Pour indication, on ne se contente de révéler que deux exemples :

Pour introduire et enseigner les langues nationales, l’on était allé vite en besogne en  1969-70. Cela pouvait aller encore, puisque la prédisposition naturelle dans les langes de lait existait chez les élèves pour suppléer les insuffisances des enseignants improvisés qui  n’avaient aucune expérience dans la spécialité. Maîtres et grands élèves des lycées et collèges se complétaient, c’était le rendez-vous du donner et du recevoir.

Actuellement, ce qui ne marche pas du tout, c’est l’introduction à l’emporte-pièce de l’anglais à tous les niveaux et les enseignants improvisés chargés d’enseigner la langue de Shakespeare n’ont aucune base et n’ont eu aucune formation adéquate. En tout cas, dans les salles de classe des écoles publiques et privées, c’est la catastrophe, hormis les écoles sérieuses et elles sont comptées sur les doigts d’une main.

L’on s’est contenté de recruter des imposteurs venant de la Sierra Leone ou du Libéria pour peu qu’ils arrivent à mystifier les recruteurs des écoles en besoin mais qui ne veulent pas débourser pour se payer les services d’un auditeur pour un test même sommaire. La rumeur dit que même les professeurs de français dans les lycées et collèges se feraient rectifier par leurs élèves, en classe, c’est le comble de la médiocrité.

L’on a parlé de tout sauf de ce que l’enseignement de l’anglais a donné comme résultat depuis son introduction dans le programme d’enseignement. Y a-t-il eu évaluation dans ce domaine dans les petites classes où les élèves rient de certains phonèmes et de leurs orthographes. L’enseignement de l’anglais a fait perdre à beaucoup d’enfants la distinction du « S » et du double « S » dans un mot français, ils lisent désormais casse pour case.

L’autre réforme de taille est cette régionalisation des résultats des examens. Pour faire des économies, la commission nationale d’examen s’est démultipliée. L’inconvénient majeur est que les résultats ne peuvent être homologués à juste valeur. Et pour cause, même si les corrigés-types étaient identiques, les résultats pourraient être différents selon le niveau intrinsèque des correcteurs dont beaucoup n’ont suivi aucun cours d’évaluation ou de notation. Ce que les autorités ignorent éperdument, ne sont pas correcteurs tous les enseignants, même ceux qui enseignent dans les classes d’examen, à fortiori ceux qui, pour des raisons de récompense, les services ont désignés par affinité ou par intéressement pour partager la prime de correction. Les chefs services examens des DPE et DCE sont en grande partie des responsables. Cette pratique a existé et existe de plus belle de nos jours.

Existe-t-il un service d’inspection et d’évaluation des enseignants ? La question mérite d’être posée puisqu’un enfant mal formé devient forcément un médecin mal formé… et ainsi de suite dans tous les domaines.  Servir la Guinée commence par l’Education, à moins de tromper les Guinéens….