Éducation : Des écoles publiques en état de dégradation poussée, à Fraranah

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L’état de dégradation des infrastructures et mobiliers scolaires publics qu’abrite le centre ville de Faranah ne fait plus l’ombre d’aucun secret car il est manifestement visible et tangible, vu de tous. Les images des écoles publics de cette ville sont choquantes mais elles le sont encore davantage lorsqu’on les met en comparaison avec la photo de certaines écoles publics du pays. 

’il y a des écoles en Guinée dont l’effectif d’élèves dépasse tout entendement humain et les normes du système éducatif actuel, c’est bien évidemment celles de Faranah. Malgré les efforts fournis par certains partenaires à travers le projet d’éducation de base en réalisant des écoles dans les communautés profondes dans la préfecture, la commune urbaine de Faranah fait face aujourd’hui à une insuffisance totale d’infrastructures scolaires de qualité. Et la plupart de celles qui existent ont été réalisées depuis des temps immémoriaux et ne sont pas aussi équipées et sont dépassées par le temps avec un état de dégradation très poussée. A cela s’ajoute un déficit criard d’enseignants.

Dans ces mêmes établissements scolaires, élèves et enseignants bataillent contre la poussière et on y remarque l’absence d’une simple clôture. Les toitures de certains bâtiments ainsi que le plafond sont endommagés et parsemés de trous. Les traces de ruissellement de l’eau de pluie sur les murs sont encore visibles dans certaines classes. Les peintures écaillées, les murs partent en lambeaux. Dans la quasi-totalité des bâtiments visités par la rédaction locale de Guinéenews©, on a l’impression que depuis la création de ces établissements, aucun entretien n’a été fait. Les toilettes sont presqu’inexistantes, celles que nous avons trouvées sont des nids de maladies et impraticables. Les chaises et tables pour maîtres  sont aussi presqu’inexistantes dans certaines classes.

A noter également que partout où nous sommes passés, les murs des bâtiments sont défraichis et marqués de graffitis. La sécurité et les conditions de travail des enfants et des enseignants doivent nous interpeler, estiment les observateurs. « Il faudrait alors y remédier par ce que le nombre d’apprenants ne cesse d’accroître. La situation d’étude des enfants et des conditions de travail des maîtres est alarmante. Pourra-t-on apprendre dans de telles conditions ? », se demadent-ils.

Faut-il attendre l’Etat ? N’y a-t-il pas des cadres de cette ville, des entrepreneurs, des opérateurs économiques… ? Comment peut-on payer les frais d’APEAE (association des parents d’élèves) et continuer par étudier dans des salles de classes qui n’ont pas de garantie de sécurité et d’apprentissage ?

 » Ces conditions sont loin d’être assurées pour favoriser à la fois un travail décent pour les enseignants et un accès à une meilleure éducation. Conséquence, les élèves sont obligés de s’asseoir à 3 ou 4 par table-banc au lieu de 2 pour la qualité d’une bonne éducation. Les salles de classes sont insuffisantes pour accueillir l’ensemble des élèves. Pourtant, dans les discours, le tableau paraît rose et tout semble baigner pour la réalisation des objectifs de l’éducation pour tous « , fustige un citoyen de la ville.

Pour nous imprégner de cette triste réalité, nous avons sillonné quelques écoles. L’école primaire Almamy Samory Touré étant la toute première de la ville où la quasi-totalité des premiers cadres de cette ville ont été formés est la plus abandonnée.

Quant à au collège II, le bâtiment central de cette école est un ancien magasin transformé en école sans clôture où les bruits des familles riveraines, taxi-moto et piétons empêchent les enseignants et élèves à travailler.

Le collège Niger sans clôture qu’est le plus grand de la ville est exposé à toute insécurité et considéré par les citoyens comme la ligne rouge de la ville à cause des multiples violences organisées dans cette école.

Le plus grand lycée régional d’Application Gamal Abdel Nasser a même une difficulté d’accessibilité.

 » Si les enfants continuent de rester dans ces conditions d’apprentissage, c’est sûr que les investissements de l’Etat et des parents seront vains. Mieux vaut que ces parents trouvent des répétiteurs pour leurs enfants à la maison ou les élèves entre eux organisent des séances de révision les permettant de mériter les études… les promesses, difficilement vérifiables et quantifiables, n’engagent que ceux qui croient « , déplorent les observateurs.

Toutes nos tentatives d’interroger les chefs de service en charge de l’éducation, à Faranah, sont restées vaines.