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Éditorial : Armée ou la fin de Mathusalem

Conscient sans doute du rôle néfaste joué ces dernières années par l’armée dans le dévoiement de notre démocratie, le président de la Transition voudrait remettre les choses à l’endroit. C’est dans cette optique que se situerait le processus de  dépyramidalisation entamé récemment, par le départ à la retraite d’une pléthore de généraux, et la lutte annoncée contre la sédentarisation au sein de la grande muette. Une cure merveilleuse susceptible de rendre à nos forces armées, leur lettre de noblesse.

Depuis le 05 septembre, le tombeur d’Alpha Condé ne cesse de surprendre agréablement les Guinéens, dont la majorité ne jure dorénavant que par lui.

En effet, de la libération des prisonniers politiques du régime déchu, au démantèlement des postes armés (PA), le long de l’axe le « Prince », à l’hommage rendu aux victimes des différents pouvoirs liberticides qui se sont succédé à la tête du pays depuis 1958, sans oublier la « réhabilitation » du juge Kéléfa Sall, le colonel Mamady Doumbouya a réussi les doigts dans le nez, à conquérir le cœur de l’opinion.

Les actes posés par le président de la Transition reflètent le bon sens d’un homme d’État. Ce qui n’a rien à voir avec les effets de manche d’un apprenti dictateur. Ne dit-on pas que « l’exemple parle mieux que les plus beaux discours ».

Fidèle à sa volonté de sortir des sentiers battus, le colonel Doumbouya, entend profiter de la transition pour réorganiser l’armée guinéenne. Histoire de la débarrasser de ses scories.

Cette réforme courageuse a débuté par la mise à la retraite d’une quarantaine de généraux, qui s’étaient fossilisés à leurs postes. Des officiers militaires hors sol, qui étaient intouchables sous le régime défunt.

Ce coup de pied dans la fourmilière a été suivi, de cette annonce faite ce samedi par le colonel devant un parterre d’officiers supérieurs, de respecter désormais à la lettre le règlement militaire.

Au palais Mohamed V, où avait lieu la rencontre, le président de la Transition a exhorté ces commandants, fraîchement nommés, à servir la nation avec abnégation.

Promettant au passage d’appliquer strictement le règlement militaire, en vue de mettre fin à la sédentarisation aux postes de commandement.

Trois ans maximum suffisent dorénavant à tout officier de commandement, à faire ses preuves, à la tête d’une unité donnée.

Le colonel n’a pas manqué d’avertir dans la foulée, qu’il ne ‘’sert plus à rien à un commandant d’unité ou à un quelconque responsable, de faire des sacrifices pour rester éternellement à son poste’’. Comme le voudrait le règlement en la matière.

Ainsi finit Mathusalem.

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