Du livre à l’écran : Projection de l’adaptation littéraire de David Achkar

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Comme tous les mois, le Centre Culturel Franco-Guinéen (CCFG) en collaboration avec Guinée Solidarité Bordeaux procède à la projection d’un film dans le cadre de son concept nouveau ‘’Du livre à l’écran’’. S’inscrivant dans les activités de Conakry Capitale Mondiale du Livre, c’est le film ‘’Allah Tantou (à la grâce de Dieu)’’ du réalisateur David Achkar, qui était sous le feu des projecteurs, ce mardi 16 janvier 2018, a-t-on remarqué.

Il s’agit d’une adaptation du journal du père du réalisateur, détenu dans la prison du Camp Boiro sous le règne de Sékou Touré. Marof Achkar était un artiste des Ballets Africains avant d’être Ambassadeur à l’ONU. C’est au moment de devenir Haut Commissaire pour le sud-ouest africain en 1968, qu’il est rappelé par son gouvernement pour de nouvelles fonctions. Il sera arrêté à sa descente d’avion pour être conduit au camp Boiro où il n’en sortira pas vivant. En 1990, son fils David explore sa mémoire et revoit le passé de son père sous forme de documents photographiés et films tournés en format Super 8.

Un court métrage de 52 minutes qui revient sur l’ indépendance de la Guinée ainsi que la politique menée à l’époque, par le président guinéen Sékou Touré. Un très ‘’beau’’ film qui livre une réflexion aiguë et critique sur cette tragique histoire du Camp Boiro. Mamadou Lamine Bah, fondateur du journal satirique Le Lynx et Me Aminata Barry, notaire, tous deux, membres de l’Association des Victimes du Camp Boiro, ont également apporté leurs témoignages après la projection du film.

Pleurant leurs victimes qu’ils peinent -pour nombreux d’entre eux-, à retrouver les corps, ces témoins optent disent-ils, « pour la non-violence et mènent le combat par voie judiciaire ». ‘’Nous voulons bien sûr oublier et pardonner mais faudrait-il qu’on puisse savoir où sont nos corps ? On a le droit de connaitre la vérité », a laissé entendre Me Barry.

Dans la salle, plusieurs autres personnes ont témoigné dans le même sens. D’autres par contre, les plus jeunes, n’ayant point vécus cette époque, reste confus face aux multiples interprétations relayées dans les bouquins et qui ne sont forcément pas, parfois, les mêmes que celles entendues ce soir. Ne dit-on pas que ‘’Nul n’a le droit d’effacer une page de l’histoire d’un peuple, car un peuple sans histoire est un monde sans âme’’.