« Dans ma chair » : Un bouquin de feue Katoucha Niane…

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1er février 2008 – 1er février 2018, il y a dix ans que la mannequin guinéenne de renom, Katoucha Niane disparaissait. A l’occasion de ce triste anniversaire, la rédaction de Guinéenews vous invite à revivre les moments vécus par celle qu’on surnommait ‘’La princesse peule’’, dans le livre titré ‘’Dans ma chair’’ co-écrit avec Sylvia Deutsch.

Volumineux de 325 pages, la fille de  l’historien Djibril Tamsir Niane y a raconté toutes les péripéties de sa vie. Elle a écrit sa tendre enfance où elle met en exergue, « l’horreur de l’excision » à son ascension sur les grandes scènes internationales de la mode.

« Une petite enfance heureuse en Guinée, des parents érudits, aimants. Mais à neuf ans, l’horreur de l’excision. Personne ne l’a prévenu de cette pratique barbare. Sujet tabou. Katoucha se mure dans le silence… Un an plus tard, sa famille est menacée de mort par le régime de Sékou Touré. Il faut s’enfuir, chacun de son côté pour ne pas éveiller l’attention. Expliquer ce projet aux enfants ? Trop dangereux. Katoucha se retrouve exilée au Mali, seule, sans comprendre, dans une  » concession  » où elle subira d’autres offenses. Là encore, tout le monde se tait. Elle aussi. Mais de ce mutisme va naître la révolte, avec pour seul espoir la fuite. Et cette enfant sauvage va devenir l’une des reines de Paris ! Egérie d’Yves Saint Laurent, mannequin favori des plus grands couturiers, elle promènera partout dans le monde ses allures de chat de tombeau, et aussi son goût de la fête, de ses éblouissements comme de ses excès. Pour oublier une blessure originelle, Katoucha s’est retournée dans son pays natal, pour se libérer enfin de son intime secret, afin de mieux se battre pour que les petites filles d’Afrique aient droit à leur féminité et au respect de leur dignité d’être humain. »

Tel est le résumé du bouquin qui retrace la vie de la plus célèbre des mannequins Guinéens avec des témoignages poignants sur la pratique de l’excision. Un ouvrage disponible en ligne et auprès de quelques librairies locales.

Elle est partie comme tant d’autres avec ses rêves. Malheureusement, dix ans après la mort de celle qui s’est affichée dans la lutte contre l’excision en créant en septembre 2007, une association dénommée Katoucha pour la lutte contre l’excision (KPLCE), la pratique perdure avec des victimes de trop ; et la Guinée, quant à elle, continue d’exceller en la matière !

Triste constat et bon repos continuel à l’âme de notre illustre disparue. Amen !