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Dalein sur le cas Alpha Condé: «Il faut le traiter comme un homme digne même s’il a été un dictateur»

Bloqué au pays après plus d’un an, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) est sorti de la Guinée pour participer en Belgique à une rencontre de l’Internationale Libérale à l’occasion du 175ème anniversaire du libéralisme belge. En marge de cette rencontre, Cellou Dalein Diallo a accordé une interview au correspondant de Guinéenews en Belgique pour parler de certains sujets d’actualité nationale.

Au cours de cet entretien, Cellou Dalein a affirmé qu’il est le premier bénéficiaire du coup d’Etat du 5 septembre qui a renversé le régime Alpha Condé : « […] Ça renforce ma croyance en Dieu. Je crois que c’est Dieu qui est venu au secours de la Guinée. Evidemment, l’UFDG et l’ANAD ont continué la lutte pour dénoncer et combattre la dictature. Mais sur cette chute du dictateur, il faut rendre grâce à Dieu qui nous a aidés à libérer le peuple de Guinée. Et moi je suis naturellement le premier bénéficiaire de ce coup de force, puisqu’immédiatement après, les nouvelles autorités ont décidé de libérer les détenus politiques dont 95% étaient de l’UFDG et de l’ANAD. Ils ont décidé aussi de restituer les locaux de l’UFDG qui étaient occupés par l’armée depuis le 18 octobre. Ils ont également restitué les droits et libertés de voyager à moi-même, à mon épouse et à tous mes collaborateurs qui étaient en liberté. Donc c’était un sentiment de satisfaction de voir finalement le triomphe du droit sur la force. Donc la première invitation, c’est celle des libéraux belges et j’en ai profité pour rencontrer les cadres et militants de l’UFDG qui m’ont chaleureusement accueilli et ont montré toute leur satisfaction de voir enfin leur président libre de tout mouvement. »

Interrogé sur une éventuelle libération d’Alpha Condé, le président de l’UFDG a estimé qu’il revient au CNRD d’en décider, mais il se dit réjoui du bon traitement accordé à Alpha Condé. Il espère quand même que la justice sera la boussole qui va orienter les Guinéens, comme l’avait promis le colonel Mamadi Doumbouya: « Je laisse le soin aux autorités qui ont dit qu’elles ne seront guidées que par la justice. Mais j’espère que les autorités feront le travail en tenant compte du droit et de la justice. Déjà je me réjouis de constater qu’Alpha Condé est bien traité, parce que je ne souhaite pas qu’il y ait de la vengeance. Ils savent qu’on ne peut pas traiter Alpha Condé comme il a traité d’autres Guinéens. Il faut le traiter comme un homme digne même s’il a été un dictateur qui a violé de manière récurrente les droits humains et les libertés fondamentales. »

Le samedi 23 octobre, le CNRD a envoyé une délégation pour rencontrer les familles des victimes à la mosquée turque de Koloma, dans la commune de Ratoma. Lors de cette rencontre, les émissaires du CNRD ont demandé pardon aux familles des victimes. Pour Cellou Dalein, avant le devoir de pardon qui doit venir des victimes, il faut d’abord la vérité, la justice et les garanties de non répétition : « La réconciliation suppose d’abord le droit à la vérité, le droit à la justice, le droit à la réparation et le devoir du pardon qui viendra en ce moment des victimes. C’est une responsabilité qui revient aux victimes que nous sommes tous de pardonner lorsque le droit sera dit, le droit à la vérité, le droit à la justice, le droit à la réparation et les garanties de non répétition des crimes. Ça, ce n’est pas incompatible. Au contraire, le pardon doit venir après le droit à la vérité. »

Une dépêche de Alhassane Bah en collaboration avec Bassamba Diallo depuis Bruxelles, en Belgique

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