Dakar : vers un probable désengagement de la MINUSMA, le forum de paix et de sécurité ?

13 novembre 2017 17:17:50
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Les signes précurseurs qui veulent  donner raison à Donald Trump deviennent de plus en plus audibles. On parle actuellement du manque de carburant pour faire décoller les hélicoptères de la MINUSMA, un très mauvais signe pour Barkhane, pour le G-5 et surtout pour les forces individuelles des cinq pays.

 D’abord, on parle de manque de coordination et on ne dit pas que le trop plein de commandements peut en être la cause de ce manque ou de cette difficulté de coordination Les surfacturations présumées sur la formation du G-5 ont fait rebuter les donateurs, la collecte organisée à l’ONU n’a pas fait partie de l’ordre du jour, même dans les divers, et la réunion en marge de la conférence de l’ONU n’a pas été fructueuse. Sur une prévision de 420 millions d’euros, a-t-on engrangé le tiers pour démarrer ? Dans ces conditions, il faut craindre que cette force soit mort-née, et si, pour le bouquet final, il y a suspicions entre Barkhane et les forces maliennes et autres, c’est une cacophonie et une zizanie bénie pour les terroristes.

 Les durcissements politiques et le refus du dialogue au détriment de la paix, les soupçons de paiements des rançons, chacun en fait à sa tête, les Ghislaine Dupont et Claude Verlon en ont fait les frais, d’autres en feront encore et encore dans cette guerre. On dit que l’ordinateur de Gislaine avait été piraté, des données avaient disparu…

La confusion et la cacophonie sont de différentes et nombreuses origines. Tant de raisons ont donné raisons à Donald Trump ? Dans ce manque criant et criard, la France ne sachant où donner de la tête, va crier famine en Arabie Saoudite, mais est-elle prêteuse ?

Si tout le monde tient ferme le cordon de sa bourse pour que le Sahel devienne le terreau du terrorisme, les conséquences de demain seront générales et incommensurables, plus que le réchauffement climatique, qui va se faire sentir dès cet hiver et l’été prochain. Déjà, le froid a pointé le bout de son nez et les neiges vont aussi être précoces, signes évidents de ce dérèglement du climat.

L’Europe de l’est et l’Asie, qu’on entend peu, ne devraient pas se dissimuler dans cette lutte. Si la MINUSMA tombe en panne sèche au milieu du désert, la prolifération sera sans appel.

C’est dans cette atmosphère que le forum pour la paix et la sécurité s’est tenu à Dakar, la même rhétorique et le même problème de moyen revient sur la table. Comme si on courrait en rond à la recherche des moyens. Si rien n’a été obtenu à l‘ONU et la MINUSMA commence à tomber en panne sèche, les Africains ont décidé finalement de se prendre en charge, efficacement? On se le demande, puisque Macky Sall prône l’idée d’une intervention militaire musclée sur le terrain, sans lésiner, sans « faire la fine bouche », cela est adressé à la MINUSMA et à Barkhane, à croire que Macky Sall pense que les moyens de ces deux forces sont inépuisables, ensuite, aucune allusion n’est faite sur le quiproquo d’Abeïbara, une pomme de discorde ; la France, par la voix de la ministre de la Défense, ébouillantée vive par cette affaire, parle de coopération dans le domaine de la sécurité et met l’accent sur la sécurité intégrée, elle réitère et reprend le idées de Macron que la France n’abandonnera pas ses partenaires. IBK, lui, se propose et décide de chercher jusqu’à son dernier souffle les moyens pour défendre son pays, mais pas seul.  On voit bien que l’on va visiblement à hue et à dia et pas droit sur la cible principale. Vont-ils accorder leurs violons pour la déclaration finale ? Attendons de voir.

 

  • CONDÉ ABOU

    D’où viennent les informations sur la MINUSMA, et qu’est-ce que le Président Donald Trump a pris comme décision contre le fonctionnement et le financement des opérations de la MINUSMA ?

    Les USA n’ont aucun projet de blocage des budgets actuels de la MINUSMA, qui sont une affaire des Nations Unies. Cela n’est pas du tout à l’ordre du jour.

    Quant à mélanger les engagements des USA au titre des Nations Unies et dans le cadre de la MINUSMA, avec leurs engagements au titre du G5 Sahel, je ne vois pas en quoi, ce raisonnement aurait du sens.

    L’initiative du G5 Sahel n’est pas venue des USA, mais quand bien même, ils ont déjà donné 60 millions de Dollars au G5 Sahel. L’Union Européenne a donné combien jusqu’à présent ? Allez savoir.

    Que voulez-vous de plus et qu’est-ce que juridiquement, peut-on reprocher aux Américains dans ce projet de G5 Sahel ?

    Franchement, je ne comprends pas du tout, comment peut-on mélanger les problèmes de la force en création du G5 Sahel qui n’est pas du tout une initiative des Nations Unies, mais de la France, d’une part, et de l’autre, la MINUSMA qui est une question au coeur des opérations de maintien de la paix des Nations Unies dans le monde.

    Il n’existe aucun lien entre ces deux entités juridiques et militaires. Vous ne le verrez dans aucun texte des Nations Unies ou de la France, encore moins des pays Africains concernés.

    Quel est le budget de la MINUSMA ? Dans sa Résolution 2364 (2017) adoptée par le Conseil de Sécurité à sa 7991ème séance, le 29 juin 2017, le budget de la MINUSMA et les moyens mis en oeuvre sont entièrement couverts par les décisions ci-après:

    (1)Autorisation de déploiement et financement bouclé jusqu’au 30 juin 2018

    (2)Montant pour l’exercice fiscal (Juillet 2017- Juin 2018): 1,06 Milliard de Dollars US.

    (3)Effectifs de la force sur place et autorisation actuelle: 15.209 membres du personnel en uniforme, dont 13.289 soldats et 1.920 Policiers.

    C’est en conformité donc au mandat et aux résultats attendus que le projet de budget de la MINUSMA pour l’exercice allant du 1er juillet 2017 au 30 juin 2018 a été établi, lequel fait état, selon une première estimation, à 1.077.552.000 Dollars US.

    Ce qui fait apparaître une augmentation de 144.141.000 Dollars US, soit 15,4 %, par rapport aux crédits ouverts pour l’exercice 2016-2017 qui s’élevait à 933.411.000 Dollars US. Cette augmentation concerne les rubriques suivantes :

    Militaires et personnel de police (82.792.300 Dollars US, soit 22,4 %) ; personnel civil (12 487 100 dollars, soit 8,8 %) ; dépenses opérationnelles (48 861 600 dollars, soit 11,6 %).

    Cependant, dans son rapport présenté au cours de cette session de la Cinquième Commission chargée des questions administratives et budgétaires, le Comité consultatif sur l’exécution du budget de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali a fait des recommandations qui aboutiraient à réduire de 16.684.100 Dollars US l’enveloppe demandée de 1.077.552.000 pour la MINUSMA pour l’exercice allant du 1er juillet 2017 au 30 Juin 2018.

    Le Comité estimant que dans la mesure où, au 28 février 2017, les coefficients délais de déploiement des contingents et des unités de police constituées se situaient respectivement à 18,5 % et à 36,9 %, les ressources nécessaires au remboursement mensuel au taux standard du coût des contingents doivent être corrigées.

    Il a rejeté ensuite la création de plusieurs postes et différentes réaffectations, tout en recommandant aussi de réduire de 20 % le montant des crédits demandés pour les voyages et de 10 % les crédits pour les systèmes de drones. Il recommande en outre de réduire de 1 million Dollars US, le montant des crédits demandés au titre des services d’information, d’impression et de reproduction.

    Ainsi, le Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires sur l’exécution du budget de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali, dans sa conclusion, recommande que l’Assemblée générale ouvre un crédit d’un montant de 1 060 867 900 dollars, si le Conseil de sécurité décide de proroger le mandat de la Mission au-delà du 30 Juin 2017.

    C’est ce budget qui a été approuvé pour l’exercice fiscal en cours (Juillet 2017 – Juin 2018) par l’Assemblée des Nations Unies, puisque le Conseil de Sécurité a effectivement prorogé le mandat de la MINUSMA.

    Le Conseil de sécurité a, prorogé le 29 Juin dernier, tout le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) jusqu’au 30 juin 2018 en renforçant ses capacités opérationnelles. Cette décision, adoptée à l’unanimité, intervient à la fin de la période intérimaire de deux ans prévue par l’Accord de paix et de réconciliation de 2015 au Mali.

    Le texte de la résolution 2364 (2017) ne modifie pas le plafond des troupes de la Mission qui a été augmenté pour la dernière fois dans sa résolution 2295 (2016). Il intègre toutefois certaines des recommandations formulées par le Secrétaire général dans son dernier Rapport sur le Mali.

    Ce texte confirme l’engagement résolu du Conseil et son unité aux côtés du Mali en soutien du pays et de la MINUSMA, a résumé le représentant de la France dont le soutien est visé précisément par le texte. Son homologue du Mali s’est lui aussi félicité que les capacités opérationnelles de la Mission soient renforcées.

    Il est précisé dans le texte que le soutien aux Forces de défense et de sécurité maliennes continuera à inclure les opérations coordonnées, l’appui opérationnel et logistique, le renforcement du partage d’information, l’évacuation médicale, le transport et la planification, dans les limites des ressources existantes, sans préjudice des principes de base du maintien de la paix.

    L’appui fourni à des forces de sécurité autres que celles de l’ONU, dont les Forces de défense et de sécurité maliennes, doit être strictement conforme à la Politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme en cas d’appui de l’ONU à des forces de sécurité non Onusiennes, précise le texte.

    La résolution contient un paragraphe qui vise spécifiquement les forces françaises pour les autoriser à user de tous moyens nécessaires, dans la limite de leurs capacités et de leurs zones de déploiement, jusqu’à la fin du mandat confié à la MINUSMA, pour intervenir à l’appui d’éléments de la Mission en cas de menace grave et imminente, à la demande du Secrétaire général.

    Par ailleurs, la problématique hommes-femmes doit être considérée comme « une question transversale touchant tous les aspects du mandat de la Mission ». De même pour la protection des enfants: la MINUSMA doit aider les autorités maliennes à veiller à ce que cette question soit prise en compte, notamment dans le cadre des opérations de désarmement, de démobilisation et de réintégration et dans la réforme du secteur de la sécurité.

    Tout en saluant les progrès récemment accomplis dans la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation de 2015 au Mali, le Conseil de Securité, dans sa résolution, exhorte le Gouvernement Malien et les groupes armés des coalitions Plateforme et Coordination à maintenir un dialogue constructif, avec la volonté politique ferme et sincère d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali. La population du pays doit en effet pouvoir bénéficier concrètement des avantages de la paix.

    Voilà ce que l’on sait des détails du budget et des engagements au titre du mandat de la MINUSMA, et que vous pouvez faire vérifier auprès de toutes les sources officielles des Nations Unies. Bonne soirée chez vous.