Coordination du fonds fiduciaire d’urgence : attention, le ver est dans le fruit

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En novembre 2015, l’Union Européenne (UE) a annoncé, lors du Sommet de La Valette à Malte, la création du Fonds Fiduciaire d’Urgence pour, dit-on, s’attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière et des déplacements forcés en Afrique.
Au total, 23 pays africains sont directement concernés par ce projet évalué à 1,88 milliards d’euros.
Il s’agit de la région du Sahel et du Lac Tchad, de la Corne de l’Afrique et de l’Afrique du Nord. La Guinée, autres pays éligibles, a bénéficié de 65 millions d’euros. Une aubaine bien accueillie en Guinée par les bénéficiaires, les jeunes donc.
Cependant, il y a grincement des dents depuis la nomination de la secrétaire générale du ministère du Commerce, Fanta Cissé, à la coordination générale du projet.
D’aucuns parlent de cumul de fonctions, d’autres de nomination par intrigues. Mais ce qui est évident, nombreux sont, aujourd’hui, les observateurs qui émettent des critiques.
Comment le ministère du commerce peut-il supplanter celui de la jeunesse pour s’approprier un projet touchant les jeunes ? Cette remarque est si pertinente, selon ces critiques, que lorsque des jeunes guinéens meurent en traversant la méditerranée, le ministère de la jeunesse est perçu comme le parfait bouc- émissaire.
Ensuite, si les efforts du gouvernement et des partenaires touchant les jeunes sont éparpillés, tantôt confiés au ministère de tutelle, tantôt gérés par un autre département, comment l’État pourrait-il régler définitivement la question de l’emploi- jeunes ?
Ce conflit de compétence, la coordinatrice générale, Fanta Cissé, le souligne à juste titre, mais sans le savoir, peut-être, dans l’interview qu’elle a accordée à Guineenews, en utilisant un « Nous », qui prêterait à confusion.
« Nous créons des opportunités d’emploi durable pour les jeunes. Car, nous souhaitons réinsérer les jeunes migrants de retour en Guinée pour pouvoir leur donner des opportunités d’emploi, les aider à créer leurs propres entreprises et aussi leur permettre de bénéficier de formation professionnelle et pratiques selon les besoins du marché suite à leur retour », a-t-elle glissé.
Question donc, quand vous pilotez un projet similaire, à quoi servirait le ministère de la jeunesse ?
Cette question mérite d’être posée puisque le président Alpha Condé aime souvent répéter cette phrase prononcée devant ses pairs africains à Johannesburg en Afrique du Sud : « la jeunesse est une chance pour l’Afrique, mais elle peut être aussi une bombe qui nous fera tous sauter. Alors, à nous de choisir ».

Question pour un champion : Alpha Conde qui a dédié son mandat aux jeunes et aux femmes, va-t-il accepter de créer un ministère dédié à la jeunesse sans lui donner les moyens de sa politique ?
Cela est d’autant vrai qu’avant ce fonds fiduciaire d’urgence de 65 millions d’euros, le ministère de la Jeunesse à conjointement concocté avec treize départements ministériels, le Plan National d’Insertion Socio- Économique des Jeunes, programme d’envergure, qui vise à créer environ 750 000 emplois d’ici 2020 pour plus de 130 millions de dollars.