Conakry : Une mission de la CPI met en garde sur les violences postélectorales

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A Conakry pour faire le point sur l’évolution du dossier du 28 septembre, une délégation du bureau du procureur de la CPI (Cour pénale internationale) a coïncidé à une situation « assez » tendue dans certains quartiers de la capitale guinéenne. L’adverbe est employé par le chef de la délégation, Emeric Roger, qui a déploré des morts et des « accidents particulièrement dramatiques ». Crédit photo : Cellule de comnunication du gouvernement.

« C’est une situation que nous suivons très attentivement et nous allons continuer à suivre dans le développement dans les jours et les semaines qui viennent », a indiqué Emeric Roger, qui a tenu à préciser que leur visite n’était pas calculée en fonction des élections communales. « Il est absolument indispensable que chacun fasse preuve de retenue et garde bien à l’esprit que le bureau du procureur (Fatou Bensouda) garde un oeil sur tout ce qui se passe. Parce que les violences électorales ou postélectorales, nous l’avons vu dans d’autres pays, peuvent conduire à des conséquences vraiment dramatiques », a-t-il averti.

Les violences électorales suite au scrutin du 04 février dernier ont déjà fait 7 morts à Conakry et à l’intérieur du pays, mais aussi de nombreux dégâts matériels. Emeric Roger prévient que ces violences électorales peuvent aboutir à des crimes de masses ou à d’autres situations devant amener des gens à rendre des comptes devant les juridictions nationales ou internationales. « Il faut donc absolument garder son calme et régler tous les différents par les voies pacifiques et légales », a-t-il conseillé.

Sur le dossier du 28 septembre qui l’a fait venir en Guinée, la délégation de la CPI s’est félicitée des « avancées significatives » enregistrées. « Un certain nombre de protagonistes vont être renvoyés devant le tribunal criminel. Nous sommes donc venus pour prendre acte de ce développement et discuter avec les autorités guinéennes des préparations nécessaires à l’organisation d’un procès dans les bonnes conditions et dans un délai raisonnable », a indiqué le chef de la délégation.

Emeric Roger a surtout félicité le travail « remarquable » du pool de juges d’instruction.

Pour sa part, le ministre de la Justice, Me Cheik Sako, a réaffirmé à la délégation la volonté de son gouvernement à lutter contre l’impunité sur toutes ses formes. « Là, il faut qu’on soit assez clair là-dessus : il y a clairement une volonté politique de lutter contre l’impunité dans l’affaire du 28 septembre et au-delà », a dit Me Cheik Sako.

Il faut signaler que dans le cadre de son examen préliminaire sur le dossier du massacre de plus de 150 Guinéens en septembre 2009, au stade du 28 septembre de Conakry, la CPI a effectué au moins 14 visites à Conakry. La justice guinéenne qui a annoncé en novembre 2017 la fin de l’instruction du dossier, attend de l’Etat les moyens logistiques et financiers pour déclencher la phase de jugement.