Conakry: la ‘’donneuse’’ de grossesse et Cie déférées au tribunal de Mafanco

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N’Na Fanta Camara, la fameuse ‘’donneuse’’ de grossesse aux femmes confrontées à l’infécondité à Conakry, a été déférée ce mercredi au tribunal de première instance de Mafanco en compagnie de son présumé complice. Elle est poursuivie pour ‘’empoisonnement’’ en vertu de l’article 266 du code pénal d’octobre 2016.

En attendant son jugement, ses nombreuses victimes vont subir des examens dans un hôpital de la place. Elles seraient au nombre de près de 600 femmes, selon leur avocat Me Sény Kamano, présent au tribunal ce mercredi lorsqu’on déférait les prévenus.

 Mardi, N’Na Fanta Camara a été présentée à la presse comme auteures de ballonnements de ventre de plusieurs femmes de Conakry. Selon le colonel Moussa Tiégboro Camara, Secrétaire général à la Présidence chargé des Services spéciaux, de la lutte contre la drogue et du crime organisé, N’Na Fanta Camara faisait croire à ces femmes qu’elles sont en grossesse après leur avoir fait boire des décoctions. Le hic, c’est que beaucoup de ces femmes sont avec de gros ventres depuis plus d’un an. Certaines femmes seraient mortes de ces fausses grossesses, alors que d’autres ont vu leur foyer brisé.

Face aux accusations, la présumée empoisonneuse a dit qu’elle traite des problèmes d’infertilité. «Mais, je leur ai dit que tout dépend de Dieu. Certaines (femmes) l’ont pris (la décoction, NDLR), mais elles ont eu leurs règles par la suite, et cela retarde leur grossesse. Dans ce cas, ce n’est pas moi, tout dépend de Dieu », s’est-elle justifiée. 

 Le colonel Tiégboro persiste pourtant que N’Na Fanta ne faisait que l’empoisonnement et de l’escroquerie. «On a déjà 150 femmes enregistrées qui sont supposées être enceintes. Mais l’échographie sur 47 femmes a prouvé qu’il n’y a absolument pas de grossesse », a indiqué  Moussa Tiégboro Camara. Pourtant, ces femmes étaient rassurées par un étudiant diplômé en médecine qui confirmait les grossesses dans sa clinique. Celui-ci a été déféré en compagnie de N’na Fanta pour ‘’complicité’’.