Conakry : A la gendarmerie de Dixinn, Aboubacar Soumah tire dans tous les sens

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Après deux journées d’audition par les Officiers de Police Judiciaire (OPJ) de la gendarmerie régionale de Dixinn, le syndicaliste Aboubacar Soumah du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) et cie, en compagnie de leur avocat, Me Salif Béavogui, ont déposé ce lundi 29 janvier leur règlement intérieur, qui va certainement édifié les OPJ dans leur enquête, a-t-on constaté sur place.

Au sortir des locaux de la gendarmerie, Aboubacar Soumah « réconforté » par ses camarades, a expliqué aux journalistes présents que ce document va permettre les OPJ de s’imprégner du fonctionnement d’une structure syndicale avant de lui confronter à l’équipe de Dr Souleymane Sy Savané.

« Nous sommes encore là aujourd’hui pour répondre à la convocation suite à une plainte qui a été déposée par l’ancien secrétaire général du SLECG, camarade Souleymane Sy Savané. Une convocation dont le motif a été l’effraction du secrétariat du SLECG par nous-mêmes et le vol des cartes de membres. Nous sommes aujourd’hui à notre troisième journée d’audition, la première journée, c’était mon audition, la seconde journée a été celle de mon adjoint et pour ce lundi, c’est le dépôt des documents régissant le fonctionnement de notre organisation syndicale, le SLECG. Nous avons laissé ces documents au niveau des Officiers de Police Judiciaire, ils vont les étudier et demain mardi à partir de 13 heures, ils pourront nous confrontéee au camp de Sy Savané ».

Poursuivant, le syndicaliste Aboubacar Soumah a dénoncé les manœuvres du ministre de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation, Ibrahima Kalil Konaté qui serait en train d’installer des structures parallèles du SLECG à l’intérieur du pays.

« Nous avons été informés que le ministre de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation, Ibrahima Kalil Konaté a envoyé des délégués dans toutes les préfectures pour installer des bureaux parallèles du SLECG. Ce n’est plus un syndicat libre de l’Education qui a envoyé ces délégations mais plutôt, un syndicat étatique de l’éducation. Et par conséquent, ces structures qui sont en train d’être mises en place, ne doivent plus répondre au nom du SLECG », a-t-il prévénu.

Récemment le Secrétaire général de l’Union Syndicale des Travailleurs de Guinée (USTG), Louis M’Bemba Soumah, après avoir radié Aboubacar Soumah du SLECG, lui qualifiait d’un « rebelle » avant d’interpeler le gouvernement à mettre ce dernier aux arrêts.

Du berger à la bergère, Aboubacar Soumah répond : « Louis M’Bemba Soumah me qualifie de rebelle, je ne le réponds plus. C’est un vieux et il semble qu’il est un débile mental puisqu’il ne sait plus réfléchir, sinon il ne se serait pas s’exprimé de la sorte et prendre des décisions à notre endroit. Il sait ce que nous avons fait ensemble, il connait ma probité morale et il ne peut pas nier non plus mon engagement. Alors, je suis étonné qu’aujourd’hui, qu’il agisse de la sorte en tenant des propos et aller jusqu’à dire que le gouvernement m’arrête, c’est le comble ».

Face aux menaces qui pèsent sur les enseignants congressistes, Aboubacar Soumah ne passe pas à côté. « Nous avons dit et nous réitérons, tout congressiste, puisque déjà, ils nous ont remontés l’information qu’à Boké, l’Inspection Régionale de l’Education (IRE) et la Direction Préfectorale de l’Education (DPE), se sont retrouvées et ils ont convoqué notre secrétaire général qui était venu participer au congrès national du SLECG. Ces autorités l’ont tendu la note d’explication pour qu’il dise pourquoi il est venu au congrès que j’ai organisé. Nous avons fait un communiqué à cet effet, informant l’opinion nationale et internationale, tout congressiste qui sera arbitrairement sanctionné par quelque responsable qu’il soit pour des raisons syndicales, nous allons déclencher une grève générale illimitée tant qu’il ne rejoindra pas son poste et nous demanderons immédiatement le départ du responsable qui aura pris la décision », a-t-il réitéré.

A la question d’un confrère si Aboubacar Soumah a le soutien du Bureau International du Travail (BIT), il répond : « Le Bureau International du Travail n’a pas besoin de nous soutenir, l’institution sait comment elle fonctionne. Il suffit que nous les écrivons, le BIT connait déjà l’existence du SLECG donc, le bureau qu’on vient de mettre en place, nous allons l’écrire à travers l’Inspection de l’Education (IE). Nous nous intéresserons directement à l’IE parce que nous sommes une organisation nationale ou une fédération et non une centrale syndicale. C’est pourquoi, notre intermédiaire directe est l’IE. Ce n’est pas une autorisation qu’on demande, d’ailleurs, on a besoin de personnes pour fonctionner, nous sommes une organisation professionnelle, on n’a besoin de l’aval de qui que ce soit pour fonctionner ».

Revenant sur son affiliation à l’USTG, M. Soumah est clair. « Nous sommes affiliés à l’Union Syndicale des Travailleurs de Guinée. D’ailleurs, le SLECG est un membre fondateur de l’USTG. Et c’est pourquoi, comme Louis M’Bemba Soumah nous voit venir, le congrès de l’USTG qui se tiendra en avril 2018, il est paniqué et il va jusqu’à demander le gouvernement de nous arrêter. Nous n’allons jamais nous dissocier de l’USTG, nous y resterons et nous participerons au congrès d’avril s’il plait à Dieu », a-t-il promis.