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Chute d’Alpha Condé, sa démission: les confidences de  l’ex-ministre Cheick Sako

Plus de six mois après la chute du régime d’Alpha Condé, son ancien ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Me Cheick Sako, a enfin brisé le silence sur ces années de gestion. Pour lui, la chute du régime Condé était prévisible. Il l’a fait savoir jeudi dans l’émission « les Grandes Gueules » de nos confrères de la radio Espace Guinée.

« La chose était prévisible bien entendu. Vous savez, il y avait un problème de gouvernance chez nous. En Guinée, avant le régime d’Alpha Condé, il y avait un problème de gouvernance. Ensuite, après le mandat constitutionnel, on s’acheminait vers un troisième mandat en modifiant la constitution. Et voyez comment la modification de constitution s’est passée chez nous. Ils essaient de proposer une nouvelle constitution à la limite des Guinéens, il y a eu des pour et des contre et tout le monde s’est positionné. Mais ce qui est plus grave encore, c’est le trafic, la falsification qui s’est passée. C’est-à-dire que la constitution qui a été votée par le peuple, n’est pas celle qui a été promulguée par le président de la République. Donc, il y a tricherie. Les juristes appellent ça un texte apocryphe. C’est ce texte donc qui était en vigueur, qui a permis l’élection d’une nouvelle Assemblée Nationale, une Assemblée qui ne voulait rien dire à partir du moment où elle s’est fondée sur une constitution apocryphe. Donc, tout cela faisait que ce qui s’est passé le 05 septembre, était prévisible. Il fallait avoir une cécité politique pour ne pas le voir venir…

J’ai eu une discussion d’homme à homme avec le président Alpha Condé. Il n’y avait pas de témoin et je lui avais dit le fond de ma pensée. J’ai toujours été comme ça. C’est-à-dire moi, je dis les choses frontalement, honnêtement mais dans le respect. J’ai dit que c’est une mauvaise chose, un troisième mandat. J’ai dit que la nouvelle constitution ce n’est pas du tout une bonne chose. Donc, voyez-vous que je n’ai pas accepté qu’on me confie le pilotage de cette réforme puisque j’étais déjà opposé. C’est pourquoi j’ai demandé qu’il me remplace à mon poste avant ma démission. Donc, ça c’était bien avant plusieurs mois. Le président Alpha Condé, c’est un grand frère. Je continue à avoir du respect pour lui mais, son temps était passé bien entendu. Donc, il m’a envoyé l’Ambassadeur de Guinée à Paris, Amara Camara qui est venu me voir à Montpellier. Je l’ai reçu pendant deux heures et me demandait de revenir à Conakry reprendre mon poste. J’ai dit non monsieur l’Ambassadeur, ma décision est irrévocable. J’ai expliqué à l’Ambassadeur pourquoi j’avais démissionné », a confié Me. Cheick Sako qui a décidé de démissionner le 20 mai 2019.

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