CHAN 2018 : battu par le Soudan, Lappé Bangoura répond aux mille critiques

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Le Championnat d’Afrique des nations (CHAN) continue au Maroc. Dans le cadre du deuxième match du groupe A, le Soudan a créé la surprise, ce samedi au stade Mohammed V de Casablanca, en dominant la Guinée (2-1), quatrième au CHAN 2016.

C’est pourtant le Syli, qui a dominé le premier quart d’heure. Mais il sera pris au dépourvu par un joli but des Soudanais, inscrit par Omer (19’). Les Crocodiles du Nil ont failli corser le score, avant d’aller la pause, quand ils ont trouvé la barre (40’).

Amadou Camara Sekou of Guinea shields ball from Omer Suliman Koko of Sudan during the 2018 Chan football game between Guinea and Sudan at Stade Mohammed V in Casablanca, Morocco on 14 January 2018 ©Gavin Barker/BackpagePix

Au retour des vestiaires, dans un stade Mohammed V de Casablanca, quasi vide, le Syli local a égalisé par son « Trézegoal », sur un joli coup de tête (55’). Mais ps pour longtemps. Puisque l’homme du match, Saifeldin Malik Bakhit, donnera l’avantage aux siens (75’). Le même qui a raté son penalty des minutes auparavant.

En conférence de presse d’après-match, le coach du Syli local, Kanfory Lappé Bangoura, dit ne pas regretter ses choix et croit toujours en ses chances de qualification.

Premier match, première défaite. Qu’est-ce qui n’a pas marché, coach Bangoura ?

Le contenu en tant que tel n’a pas été très mauvais. Sur le plan défensif, on n’a pas été très solides. Par contre, le Soudan a été réaliste sur le peu d’occasions que qu’il a eu. En plus, sur le plan offensif, malgré les occasions obtenues, on n’a pas été réalistes. Cependant, je pense que ce manque de réalisme et de solidité à la défense sont dus à une certaine expérience puisque nos deux joueurs axiaux sont à leur première expérience à ce niveau. Après, dans l’ensemble, disons que le Soudan a été très bien sur les contres et les balles aériennes. En voyant le match en tant que tel, l’entraineur l’a dit, je crois que le match nul serait équitable ou pourquoi pas nous. Même si dans l’ensemble, on n’a pas été réaliste et bon défensivement.

Votre arrière latéral droit n’a pas disputé plus de trente minutes depuis le début de la saison ? Regrettez-vous aujourd’hui votre choix sur le plan défensif ?

Jusque-là, je ne regrette pas mon choix parce que le latéral droit, Alseny Bangoura, m’a donné beaucoup de satisfaction. D’abord, pendant la qualification, il a été satisfaisant. Certes, aujourd’hui, il devait être doublé par Alseny Camara mais malheureusement, celui-ci n’est pas à 100%. Mais je pense qu’il n’a pas été sombre aujourd’hui. Au contraire, il a été bon. On a eu deux petits soucis sur l’axe.

Quelles chances avez-vous contre le Maroc ?

Je pense que nous sommes venus jouer au premier tour trois matches. Nous avons notre destin en main. Nous respecterons tous les adversaires. Mais je crois qu’un match ne ressemble pas à un autre. Si, réellement, nous avions pu réaliser toutes nos occasions, ce serait autre chose. Je pense que le Maroc, c’est le pays organisateur, mais nous prendrons toutes nos dispositions pour jouer, dans tous les cas, notre destin.

Votre discours inquiète. Comment un coach peut-il être satisfait, quand son équipe a perdu ? Votre défense manquait de rythme et votre milieu de percussion.

Ne transformez pas ici ce que je dis. Nulle part, je n’ai dit que je suis satisfait de notre défaite. Je parle de mes choix. Je ne les regrette pas. Et je persiste. Je pense que le contenu, en tant que tel, le groupe a répondu présent. Il y a eu des erreurs. Les buts que nous avons pris ne viennent pas de l’axe. Ne transformons pas ce que je dis. Nulle part, je n’ai dit que je suis satisfait de notre défaite. S’il vous plaît.

Qu’est-ce qui explique l’agressivité des deux équipes ?

Ces deux adversaires ne connaissent pas tellement. Ensuite, ce sont deux styles de jeu plus ou moins différents. Les soudanais jouent les contre. Et nous jouons, en attaque placée. A chaque fois qu’on a perdu le ballon, au niveau de la transition, on l’a toujours récupéré avec beaucoup d’agressivité. Dans la transition, on a empêché l’adversaire d’être agressif. On réussissait les passes dans les intervalles de jeu, dans les espaces. C’est ce qui explique cette agressivité. Il y avait moins de contact, certes, mais on réussissait à récupérer le ballon.

Comment comptez-vous corriger le réalisme devant les buts à deux jours de votre match contre le pays organisateur, qui aura le soutien de son public ?

On va continuer le travail mais le réalisme devant les buts ne dépend du public qui va remplir le stade. On va être patient, on va regarder la vidéo de ce match, chacun tirera la leçon de lui-même. Ensuite, on va travailler devant les buts, je n’ai eu que douze jours pour préparer ce tournoi mais retenez que sur le plan du jeu, l’équipe a progressé. Après, il y aura quelques réglages à faire.

Votre choix est contestable, non seulement pour le choix de votre liste mais pour ce match précis. Est-ce que vous mesurez la gravité de cette défaite ?

Je pense que le football a trois résultats : une victoire, un nul ou une défaite. Moi, je crois que c’est une déception mais je ne crois pas que la compétition s’arrête là. Le choix, je le signe et persiste, je crois que j’ai pu faire les meilleurs choix. Si on avait été réaliste, on n’aurait pas parlé comme ça aujourd’hui. Maintenant qu’on n’a pas été réaliste, peut-être on va parler de choix ou de ceci, de cela mais je ne regrette pas mon choix.

Amadou Tham Camara, Abdoulaye Bah, et Mohamed Moro Sacko depuis Casablanca