CAN 2023 : pourquoi la Guinée ne pourrait pas être dessaisie de l’organisation

1

La question fait débat à Conakry. La CAF aurait, selon des rumeurs, l’intention de remettre en cause l’attribution de l’organisation de l’édition de 2023 à la Guinée, mais pour des raisons juridiques, administratives et structurelles, la nouvelle CAF devrait y réfléchir à deux fois avant de se prononcer sur la question. La Guinée aura le plein droit de revendiquer contre cette intention pour plusieurs raisons :

La Guinée est une nation de football, elle a un palmarès à défendre pour postuler largement à l’organisation de la CAN 2018, elle a accepté d’être coiffée par le Cameroun. La  déception était grande mais elle s’en était remise à l’autorité suprême de la CAF sans protester, alors que ceux qui étaient en lice ont eu déjà « leur » CAN.

Pour sa discipline caractérisée, pour son apport appréciable et honorable au football africain et la seule à n’avoir pas encore eu le privilège d‘organiser une CAN, la CAF lui a octroyé celle de 2023 en toute souveraineté et indépendance devant les autres fédérations membres, sans qu’aucune n’avait trouvé à redire. Donc, cela n’a pas été un fait de passe-droit réclamé et exigé à cor et à cri, cela n’est pas entaché d’irrégularités.

 En vertu de quoi encore la Guinée pourrait être dépossédée de cette CAN 2023 ?  Règlement de compte entre Issa Hayatou et Ahmad-Ahmad ?

On ne pourrait l’imaginer, puisque les coupes du monde 2018 et 2022 attribuée dans certaines conditions critiquables par Joseph Blatter ne peuvent pas être remises en cause par Infantino, parce que les nations bénéficiaires se sont déjà lancées dans des préparatifs qui ne coûtent pas rien, comment faire arrêter ces travaux déjà engagés sans penser aux intérêts financiers en jeu au détriment des nations concernées ? Le stade couvert et climatisé que le Qatar est en train de construire pourrait être remboursé entièrement ?

Mais encore, à supposer que la nouvelle FIFA comme la nouvelle CAF, perdait de vue cet aspect de la question, ce serait un précédent qui risquerait de se répéter à l’avenir pour empoisonner l’organisation du football dans le monde. Si à chaque changement, l’on s’aventurait à remettre en cause les actes et décisions de l’administration précédente, alors que la continuité doit être de règle, à quoi ressembleraient la FIFA et la CAF ? Qu’en diraient les sponsors ?

Pour toutes ces raisons, la CAF ne devrait pas tout remettre en cause pour frustrer ka Guinée, qui n’en est pour rien de ce qui s’est passé au sommet et qui a le plein droit d’organiser la CAN 2023. La CAF devrait confirmer cela au plus vite.  Un bras de fer ne servirait qu’à jeter le discrédit sur le continent.

Enfin, l’organisation de la CAN au mois de juillet fera fiasco. Si Ahmad-Ahmad ne le sait pas, il risque de se mouiller les cheveux quand il sera en Guinée pendant le mois de juillet…

Les Guinéens peuvent et doivent rester sereins.

Moïse Sidibé