Boycott du Gouvernement à la clôture de la SENACIP : trois arguments qui prêtent à sourire

14 novembre 2017 7:07:06
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Une semaine après la fin de la Semaine Nationale de la Citoyenneté et de la Paix (SENACIP), une polémique est ouverte autour de l’absence du Gouvernement à la cérémonie de clôture dans la salle de Congrès du Palais du Peuple. Dans la cité, trois arguments sont avancés mais ils prêtent à sourire.

Le Conseil Interministériel

Le premier argument, c’est de justifier l’absence du gouvernement par la tenue, au même moment, du Conseil Interministériel. Mais, si c’est cela l’excuse, celle-ci ne tiendrait pas la route pour trois raisons.

La première raison, c’est que l’année dernière, lors de la première édition, deux conseils interministériels avaient été reportés à juste titre, à cause du lancement et de la clôture de la SENACIP.

La deuxième, la SENACIP est une loi adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale au mois de Juillet 2016. Donc, c’est une loi bien au-dessus du Conseil Interministériel, estiment les juristes…

La troisième raison découle de la précédente. En effet, les dates de lancement et de clôture de la SENACIP sont prévues dans la loi. Donc, les dates sont légales et statutaires et s’imposent au gouvernement.

Au vu de ce qui précède donc, il est incompréhensible que le gouvernement reporte son conseil, lors de la première édition pour s’excuser, l’année suivante, au nom du même conseil. L’idéal aurait été, s’il y avait urgence, de couper la poire en deux : reporter le Conseil à 14h et participer à la clôture.

Cela est d’autant vrai que le président de la république, en instance de voyage, a interrompu ses activités pour faire acte de présence au palais du peuple. En pareilles cérémonies, il devait être accompagné par son gouvernement, ou au moins la moitié. Surtout que les diplomates étaient de la partie.

Pas au courant

Le deuxième argument, c’est d’affirmer que ni le premier ministre, ni le gouvernement n’était au courant. Si c’est cela aussi l’excuse, elle passerait mal au sein de l’opinion pour au moins quatre raisons.

– La première, c’est le premier ministre qui avait présidé la cérémonie d’ouverture de la SENACIP au palais du peuple. Ce jour-là, Mamadi Youla avait parlé d’un évènement devant se tenir en sept jours.

– La deuxième, quinze départements ministériels sont membres du comité national d’organisation de la SENACIP, y compris un conseiller du Premier ministre. Donc, impossible de ne pas être au courant.

– La troisième, un communiqué officiel avait été relayé, la veille par tous les médias, la RTG en tête.

– La dernière, c’est une question de bon sens. Simplement parce que cela paraît grave qu’un gouvernement puisse ne pas se souvenir d’une date de cérémonie légale, fixée par une loi qu’il a initiée. C’est comme s’il oubliait la fête de l’indépendance le 2 octobre, la fête de l’armée le 1er novembre… Une comparaison purement symbolique, et non une comparaison des évènements.

Débat déplacé

Le troisième et dernier argument, c’est cette tentative de vouloir déplacer le débat. Dans la cité, certains font des spéculations : le ministre de l’unité nationale s’est mis en colère, il ne le devrait pas. Il devait tenir un discours, il ne l’a pas fait. Il a fait une annonce, cela n’en valait pas, ainsi de suite.

Au vu de ce qui précède, une chose paraît évidente, tous ces arguments évoqués cherchent à justifier l’absence incompréhensible du gouvernement à un rendez-vous, qui s’impose à lui. C’est cela s’intéresser aux conséquences au lieu des causes. Et la cause, c’est l’absence du gouvernement à la clôture de la SENACIP.

Question donc : un ministre peut-il lire son discours après celui du président de la république ? A cette question, l’on pourrait tenter de répondre en disant qu’après le discours du chef de l’Etat, il n’est plus possible pour un ministre, fût-il le premier ministre, de faire un discours par la suite. Cela est d’autant vrai, qu’après le départ du président, il y avait un sentiment de fin de cérémonie dans la salle. Donc, aucune possibilité de lire un discours préparé.

Autres questions légitimes, comment un gouvernement a-t-il oublié manifestement de participer à une cérémonie prévue et imposée par une loi de la République ? Était-ce une intention de saboter ou un simple dysfonctionnement dans la coordination de l’action du gouvernement ? L’opinion, majoritairement indignée par l’absence du gouvernement semble-t-elle édifiée ?

Les prochains jours nous le diront