Ballon d’or africain 2017 : les dés sont pipés dans l’ordre du tiercé

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Déjà des contestations sur les nominés finalistes :

Si tout le monde voit midi à sa porte, la CAF voit midi en Europe. Il faudrait définir clairement ce que veut signifier « meilleur joueur africain » : le meilleur Africain opérant en Europe ou le meilleur Africain sur les terrains d’Afrique ou enfin le meilleur sur les deux tableaux ?

La CAF n’est pas l’ennemi des observateurs sportifs, mais qui aime bien châtie bien. L’équipe des Bantama le saura.

Dans le cas des Ballons d’or, l’irrationalité a, de tous temps, pris le dessus sur l’évidence et ce n’est pas en Afrique, seulement. Un exemple pour illustrer la magouille : en 2002, alors que quelques-uns voyaient le Ballon d’or aller soit à Thierry Henry, l’artiste ou à Roberto Carlos, le bombardier, c’est à Ronaldo qu’il était allé. Par dépit, on a titré « Le Ballon doré de Ronaldo ». Cela avait fait bondir Pathé Diallo, « Brésilien » dans l’âme. On n’arrive pas à ne pas parler de Pathé, quand il s’agit de football. On lui pense une ataraxie, là-bas. En attendant, nous, on continue de fumer.

Ensuite en 1999, quand il s’était agi de voter pour le meilleur footballeur du siècle, les Allemands comme les Lothar Matthäus avaient voté pour Beckenbauer, les Brésiliens étaient pour Pélé, les Français pour Platini et d’autres pour Maradona. Là encore, Pathé était Pélé et nous Maradona. En plus, Roberto Baggio et Zinedine Zidane s’étaient joints pour grandir les suffrages de Maradona. Mais que des artistes comme Baggio et Zidane voient en Maradona le meilleur, ils ont des raisons. Au-delà des trophées et des buts marqués  à une certaine époque révolue, le mordant, la consistance, la technique, la force du jeu de Maradona ne se comparent à nul autre, mais ceux qui avaient la responsabilité de juger avaient tranché

Actuellement, les Sénégalais voient Sadio Manè, les Gabonais voient Obameyang, les Camerounais Vincent Aboubacar et beaucoup voient  Mohamed Salah. On a même entendu les Guinéens s’enthousiasmer pour Naby Deco Kéita.

C’est vrai que le dernier choix des trois nominés laisse à dire et à redire. Obameyang a été éliminé en phases de poule, Sadio Manè en quart, il ne reste donc que les deux finalistes Mohamed Salah et Vincent Aboubacar, le premier à fait illusion pendant une moitié du match, le second a eu la victoire. A partir de là, sur quels paramètres s’est-on basé pour écarter le Camerounais en faveur du Gabonais et du Sénégalais, si ce ne sont leurs performances en Europe ? Ils ont marqué des tas de buts pour des noix, puisqu’ils n’ont pas été couronnés pour cela et ils n’ont pas fait assez lors de la CAN. Meilleur buteur d’Allemagne ou d’Angleterre, c’est loin, c’est celui qui aura fait plus en Afrique qui devait compter. Dans ce cas, certains auditeurs de RFI ont vu comme d’autres. Par ordre entre Salah et Aboubacar, il y a à couper la poire, mais Sadio Manè devait être sur le podium et pas Obameyang.

Quant à couper la poire entre Salah et Aboubacar, on sait que le vainqueur est par définition le plus fort et le meilleur, mais on a vu des boxeurs se faire démolir pendant dix rounds, mais celui qui lui cognait dessus comme sur un sac s’est fait cueillir par un seul coup KO, et ça s’arrête là.

Dans le cas de Salah et d’Aboubacar, le premier a été constant tout le long de la dernière CAN, n’a-t-il pas plus marqué de buts que le Camerounais ? Et puis, son jeu est plus chatoyé et plus complet au milieu du terrain. Il joue, fait jouer et fait marquer, autant de registres qu’Aboubacar ne remplit pas forcément. Mais bon, il ne sera pas là pour contester à Mohamed Salah ce trophée. Sadio Manè ne le peut pas, encore moins Obameyang. Le ballon d’or, s’il était décerné à Mohamed Salah, pas beaucoup ne le contesteront plus longtemps, c’est dans l’ordre du tiercé qui sera l’objet de polémiques.